Un film pépite de poésie et de cinéma !

          LA FORET DE QUINCONCES

     "Bonjour les deux frères lettrés ! Pour la "Fête du cinéma", un avis à la radio nous a décidés de retourner au cinéma (après des mois !) et nous avons vu le film La Forêt de quinconces de Grégoire Leprince-Ringuet, d'un romantisme poétique très habité, avec des passages en vers d'une belle intensité aux moments décisifs, des alexandrins tantôt d'une grande pureté classique et efficace, tantôt d'une modernité blessée, caustique, effrénée.

     Ce film mêle des inspirations raciniennes (la passion), cornéliennes (le dilemme), baudelairiennes (la souffrance), shakespeariennes (un personnage en nouvelle Ophélie), opératiques (l’envoûtement d’une Carmen), cinéphiles (le rôle du Destin sous les traits d’un clochard, rapprochant les mains dans le métro parisien joué par Jean Vilar dans Les portes de la nuit, scénario et dialogues du poète Jacques Prévert).

     Les acteurs ont un jeu incarné, la parole poétique et le corps et la gestuelle comme danses amoureuses ou mortelles - avec en plus du trio de jeunes acteurs, Pauline Caupenne, Amandine Truffy et Grégoire incarnant un Paul partagé et un sociétaire de la Comédie française épatant, Thierry Hancisse, nouveau vagabond-Destin.

     Personnellement la forme des quinconces, en figure obsédante des chemins dans la forêt, organisée et en même temps renvoyant à un affolement de perspectives, m'a renvoyé au jeu des quatre coins de mon enfance que j'explore dans mes Ailes des Châteaux. Ce n'est pas qu'un premier film prometteur, ce film m'a marqué et fait partie de loin en loin de ces pépites qui me redonnent foi dans une course vers le cinéma ! Bises à vous deux et bonnes vacances, propices aux découvertes."

     Laurent Desvoux-D'Yrek    

     Texte x361 le 7 juillet 2016, peaufiné le 10, puis le 18.