Ricochets poétiques à Paris

   au 24 novembre 2016

sur le thème des couleurs

 

       Un jeudi aux Ricochets poétiques, formidablement animés par le triumvirat Maggie De Coster – Nicole Durand - Jean-François Blavin - j’ai lu un poème de Marc Hernu qu’il avait écrit à Lisbonne quelques minutes auparavant sur le thème par la magie de la communication moderne, mais là il est à Paris et dans son lit avec 39,7 de fièvre ! Ici j’ai remplacé quelques mots par 7 couleurs en tentant de conserver le rythme. Laurent Desvoux-D’Yrek du Verbe Poaimer

     PS Après des propositions de changements par rapport au choix des couleurs ou leur emplacement dans les vers, Marc me dit que nous sommes désormais cosignataires du poème colorisé.

 

      « Lis la manœuvre ou autre poème marin » (alexandrin de prose

que m’a envoyé M.H. en texto d’avant séance poétique)

 

La manœuvre, poème de Marc Hernu, colorisé par Laurent 3D53

 C’est un grand bateau bleu impatient de la mer.

Ceux qui restent à terre seront sans doute amers

D’avoir été ailleurs quand s’agite le port

Car le bon matelot, non jamais ne s’endort.

Tout le monde sur le pont, l’équipage à pied d’œuvre

Mauve c’est un grand jour quand arrive la manœuvre

Le capitaine veille du haut de son château

Tel un roi arc-en-ciel rêvant d’un monde nouveau.

Dix amarres se détendent et le bateau s’arrache

Attiré par le large il brise ses attaches

Tel un monstre marin, orgueil rougeaud dehors

Il redevient modeste quand s’éloigne le port.

Unique et circulaire, enfin la mer partout

Est un tapis émeraude tout autour de nous.

La vapeur est à fond, notre vitesse sans gloire

Quand toucher l’horizon est un but illusoire.

Nous sommes entourés par les poissons violets

D’autres nous font de l'œil ou fuient le dos luisant

Puis soudain à bâbord le roux vert d’un requin

Et qui sait à la proue le ballet des dauphins.

 

  La manœuvre, poème de Marc Hernu, « l’original »

 C’est un très grand bateau impatient de la mer.

Ceux qui restent à terre seront sans doute amers

D’avoir été ailleurs quand s’agite le port

Car le bon matelot, non jamais ne s’endort.

Tout le monde sur le pont, l’équipage à pied d’œuvre

Toujours c’est un grand jour quand arrive la manœuvre

Le capitaine veille du haut de son château

Tel un roi conquérant rêvant d’un monde nouveau.

Dix amarres se détendent et le bateau s’arrache

Attiré par le large il brise ses attaches

Tel un monstre marin, tout orgueil dehors

Il redevient modeste quand s’éloigne le port.

Unique et circulaire, enfin la mer partout

Est un tapis houleux tout autour de nous.

La vapeur est à fond, notre vitesse sans gloire

Quand toucher l’horizon est un but illusoire.

Nous sommes entourés par les poissons volants

D’autres nous font de l'œil ou fuient le dos luisant

Puis soudain à bâbord l’aileron d’un requin

Et qui sait à la proue le ballet des dauphins.

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Si je suis l’homme bleu, je suis le paysage vert

Si j’attrape un soleil d’or je crois saisir un arc-en-ciel d’étoiles

Si je mets ma main dans l’eau verte, mon visage entre dans l’air mauve

Si je deviens l’argent d’un goéland, mon regard se fait miroir de vos feuilles et de vos roses

    Début d’un seizain en cours par Laurent Desvoux-D’Yrek à Paris au 24 novembre 2016.

*

Il y a un impromptu qui attendait son heure

(alexandrin de prose, de Marielle, la poète maire de Montmartre,

en présentation d’un de ses textes écrits sur place au 24 novembre 2016.)

 

      Lectures de poèmes de seizains au Marché de Noël

le dimanche 4 décembre à 16 heures !