PRIX DU VERBE POAIMER 2017

1ere ANNEE INTERNATIONALE DES ESTRAMBOTS

 

      L’estrambot ? étrange sonnet de 17 vers - 17 comme l’année de notre invitation à leur écriture et de leur écriture - un tercet s’ajoutant aux deux quatrains et aux deux tercets traditionnellement dévolus à cette forme du sonnet que la Renaissance a fait voyager dans toute l’Europe avant de gagner d’autres rivages encore.

     Ci-après vous trouverez le palmarès des six prix 2017 que notre Association du Verbe Poaimer a organisés cette année, le prix Annie et François Dyrek des fables en F, le prix Bernard Chasse des estrambots sur les lieux et sur les ponts, le prix Charly Mathekis des poèmes exclamatifs et/ou interrogatifs, le prix Jean-Pierre Palissier des poèmes humoristiques ou cocasses, le prix Patrick Raveau des poèmes sur les noms des roses vocaliques, le prix Ella et Rouben Melik du meilleur ensemble francophone d’estrambots.

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     Nous remercions la Roseraie des Cultures de nous avoir accueillis dans son Salon du Livre et des Arts, tous les poètes et les familles des poètes qui ont financé un prix, la Maison des Associations Culturelles et le Service de la Vie associative de L’Haÿ-les-Roses pour leur aide prenant plusieurs formes, la photographe Maya Angelsen qui a offert, pour la deuxième année de rang, une magnifique photographie en noir et blanc de grand format avec son cadre et son certificat d’authenticité (Site « L’instant éphémère »), le restaurant de la Roseraie de L’Haÿ-les-Roses « Le Pavillon Normand » qui offre une table de quatre couverts à l’un de nos gagnants, tous les poètes participant avec des poèmes créés, inédits et que nous allons publier notamment dans la revue Jeux d’Epreuves et dans de futures anthologies. Maya a de plus avec beaucoup d’allant animé notre proposition « Photo-tableau : mon vers, ma phrase » avec son atelier photographique installé dans la grande salle des auteurs au Salon du Livre et des auteurs de L’Haÿ-les-Roses pour sa neuvième édition. Le Verbe Poaimer a offert chaque photo réalisée par la photographe artiste – mettant en valeur des livres présents sur le Salon par un extrait choisi et par les auteurs gantés et chapeautés tenant le tableau élégamment et son message écrit à la craie. Beaucoup d’auteurs sont venus sur notre stand – et quelques visiteurs lecteurs aussi ! – et les poètes se sont relayés le weekend pour assurer une présence et des dédicaces pour le flambeau de la poésie.

     Parmi nos autres événements vient la publication d’un livre annuel, prise en charge cette année par les éditions Unicités, avec une préface attendue d’Alain Borer, poète, prosateur et président créateur du Printemps des Poètes.

  Notre prochain livre Des Chiffons de Javel aux ardents poétiques portera sur les Printemps des Poètes depuis l’an 2000 et une école de Paris. Il sera présenté notamment à la Bibliothèque George Sand à L’Haÿ-les-Roses un samedi de mars 2018.

     Avant même, le dimanche 3 décembre, nous nous retrouverons avant 16h30 sur la scène du chapiteau du Marché de Noël de L’Haÿ-les-Roses, pour dire des poèmes de Noël, avec le musicien accordéoniste Victor Korsakov et le chanteur compositeur Philippe Daverat – ou dans l’assistance pour écouter ou prendre photos et vidéos. Un des plus beaux marchés de Noël d’Île-de-France, qu’on se le dise, créé par une Alsacienne et qui aura commencé dès le vendredi.

    Nous allons poursuivre jusqu’en 2024, l’année des JO à Paris !, le chemin d’associer le nombre de vers de nos poèmes et l’année d’écriture, cela a commencé l’an 2014 avec L’année internationale du sonnet, 2017, ce fut la première année internationale de l’estrambot, voire estrange !, issu de nos traditions poétiques, que nous aimons retrouver, revigorer ou renouveler, 2018 sera la deuxième année internationale de l’estrambot ! Et sera aussi l’année de la Poursuite du Bateau-Ville ! car nous allons lancer une grande recherche autour de la drôle de maquette géante du Bateau-Ville sise à l’Auditorium Dispan de Floran à L’Haÿ-les-Roses et sur l’identité de son créateur - et un appel à nouveaux textes, poèmes et proses sur le Bateau-Ville !

      Texte de Laurent Desvoux-D’Yrek du Verbe Poaimer en novembre 2017.

 

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PRIX ANNIE ET FRANCOIS DYREK 2017

MEILLEURE FABLE EN F

 

PODIUM

 1ers ex aequo :

La Fauvette et le Frelon  par Jean Fauré                     

Le Foutraque et le Finaud par Dominique Zédet                       

 3e Écriffine et LéléphFan par Clara Delange                         

 

La Fourmi et le Fourbi par Gérard Bouvier 4e

Le Farfadet et la Fée folletteparFrédéric Martinet 5e

Imparfait, Futur et Présent par André Marty 6e

Falbala sans ses fers par Jean-Marc Chanel 7e

Fruit de la réconciliation par Charly Mathékis 8e

Le Fourmilier et une Fourmi par Laurent Zimmern 9e

L’Imparfait et le Futur par Corentin Fernagut 10e

 

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1er prix Annie et François Dyrek 2017.

 

     La Fauvette et le Frelon

La fauvette est insectivore…
Le frelon ne le sait que trop !
Dès qu’il la voit dans ses rétros,
Il file tel un météore.
Mais parfois, avec de la chance,
Le passereau peut l’attraper.
« Laissez-moi, laissez-moi en paix !
Crie l’insecte en toute innocence.
– Ah non ! Dit l’oiseau, c’est trop fort.
Vous êtes un tueur d’abeilles.
Aujourd’hui je rends la pareille :
Vos actions méritent la mort… »

C’est ainsi que le droit s’impose
En servant de mauvaises causes.
La justice tourne à la frime
Quand les bourreaux et les victimes
Sont coupables des mêmes crimes…

     Jean FAURÉ

 

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2e prix Annie et François Dyrek 2017.

 

     Le Foutraque et le Finaud

Dans les bas-fonds de la ferme du haut,

Flâne sur un air de fausset,

Un porc foutraque se targuant en faux

De figurer tout en finesse.

Mais une flopée de poules pouffe dans son dos,

Lui qui flemmarde dans la fange

Est plus insignifiant qu’un fagot.

Outre sa famille et quelques fidèles,

Le file toujours un rat finaud,

Fidèle laquais du gras mammifère.

Quand un jour, facétieux, il fit fi de ce fardeau :

Fatigué d'être derrière, il feinta

Et finit par passer devant ce fol gros.   

Froissé, le porc offensé par cet affront se figea dans sa fosse,

Vociférant sur ce fourbe rat qui défiait son ego,

Alors que fascinée, la foule accourut

Pour féliciter le petit gris finaud,

Qui devint le préféré du fermage.

Un fort peut faillir en son fief s’il est sot

Quand arrive à ses fins un faible futé.

 

     Dominique ZÉDET

 

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3e prix Annie et François Dyrek 2017.

 

     Écriffine et LéléphFan

Dans un village de Gaulois, vivait Écriffine une poétesse rêveuse

Elle écrivait des mots très fins à la plume de libellule

Elle voulait créer atelier et ouvrit une boutique « Mots voyageurs »

Les jours passaient et repassaient, mais aucun Gaulois n’y entrait

La vitrine se remplissait de mots jolis, de mots écrits

Car chaque mot est un voyage dans un pays fablueux

Par un matin frais et joyeux, LéléFan poussa la porte

« Je suis bien lourd et maladroit je voudrais jouer avec des mots,

Ortograffe n’est pas mon ami, cependant je ne suis pas sot

J’aimerais des mots précieux, gros, joyeux, musiciens, colorés

des mots à apprivoiser, des mots à faire rêver »

Écriffine ouvrit une valise, y glissa : Délicatesse, énorme, rigolo, clarinette, orange,  

et philosophie, un pinceau-fée d’escargot, et referma la valise

Et voici que l’on entendit un joyeux bazar, un concerto en brouhaha

clarinettrange, déligolo, philonette, golosophie et délirior

en sortirent tout ébouristoufflés, mais très joyeux.

 

Moralité : point n’est besoin d’être savant pour jouer avec les mots

 

     Clara DELANGE

 

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PRIX CHARLY MATHEKIS DU VERBE POAIMER 2017

 

     PRIX CHARLY MATHEKIS 2017

ESTRAMBOTS EXCLAMATIFS OU INTERROGATIFS

 

Jury :  Charly Mathekis de RDC et Clara Pag de France, deux poètes sur la Terre

 

Podium :

1) « Les Africains » par Elizabeth de Courtivron

2) « Les roses de sel jamais ne se fanent ! » et « Le vent, feuillette un conte d’enfant » par Nadia Esteba

3) « Faire ce qu’il faut… » par Andrée Glasson

 

4) Soif à Paname par Julia Lindholm 

5e ex aequo) Bateau de nuit par Colette Fournier

Le vent m’a parlé par Patient Katembo Vayikondera

Terre ô Terre  par André Marty

Qui suis-je ?  par Mathias Moronvalle

9e ex aequo) Le miracle de la poésie par Patient Katembo Vayikondera

Lucy ou Eve ? et Questions ? par Jean Fauré

 

11e ex aequo) A rêver sur l’estran par Béatrice Albertat

12) Hymne à la vie, bonjour ivresse par Dominique Zédet

Ça alors par Julia Lindholm 

13) Vous pleurez ? par Clara Delange

14) Le serial Rimeur... par Sharon Deslignères        

 

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1er prix Charly Mathekis 2017.

 


     Les Africains

Entendez-vous fuser leurs rires en clairons,

Qui savent nous surprendre en passant dans la foule,

Nous détendre en osmose à leur air qui défoule,

Étoile de l'espoir, lorsque nous chavirons ?

 

Par l'éclat du sourire, attirés, nous irons

Nous attardant sans but, vers ce que le pas foule.

Au rythme du roulis qui assaille et refoule,

L'âme se met d'aplomb. Puis nous nous retirons.

 

Leurs belles et graves voix prennent jusqu'aux entrailles !

Leur entrain colossal égaierait  … des murailles :

- Sans moral aujourd’hui  ??? … ça ira mieux demain !

 

Voilà que chaque jour deviendrait une fête !

A leur joie en cascade, aux signes de la main,

Entrons dans cette danse évinçant la défaite !

 

- Qui veut, Monsieur-dame une fleur de jasmin ?

Laissons-nous entraîner, soumettre au diapason.

Grâce à ces jolis-cœurs, ré-ouvrons l’horizon !

 

     Elizabeth de COURTIVRON A Paris le 30.03.2017.

 

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2e prix Charly Mathekis 2017.

 

     Les roses de sel jamais ne se fanent !

Mon enfance rêveuse a vécu sans entrave

Dans un  village bleu, à l’immense horizon

Abreuvé de soleil, finissant en chanson

Et le ciel quelquefois, y prenait un air grave.

 

Les barques m’ont bercée, sirènes à l’étrave

Elfes, génies de l’eau ; d’or était le poisson.

Dans cette garrigue, où le thym sentait bon

Rois de la liberté, les hommes étaient braves.

 

Je dessine parfois; le cœur part en balade

Il survole la mer, en Gitan ou Nomade.

Tel un vieux  troubadour, qui veut charmer l’aurore

 

Je ne peux oublier, un dard est dans mon cœur

Je m’inspire sans fin, du sel blanc, de sa fleur ;

Brûlant de l’intérieur, un  amour me dévore.

 

Combien de temps encore, pourrai-je faire part

Des vignes généreuses, des contes du rempart ?

Au bon gré du soleil, leur beauté nous honore.

 

(PS : Je reviendrai là-bas, où m’attendent les miens

Les visions de ces lieux, ressuscitent les liens

La voix des êtres aimés, dans le vent que j’adore.)

     Nadia ESTEBA

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3e prix Charly Mathekis 2017.

     Faire ce qu’il faut...

Savoir baisser les yeux / Sur l’enfant assoupi / Et l'embrasser du regard / Savoir lever la tête / Vers le ciel couvert d'étoiles / Et s'émerveiller / Savoir accepter refuser / Sans dire mot / Et faire ce qu'il faut / Savoir apprendre et  comprendre / Être à l'écoute / De ceux qui nous entourent / Savoir souffrir en silence / Lorsque le coeur est meurtri / Et garder son  âme en éveil / Enfin savoir faire ce qu'il faut  / Quand il faut !

  Andrée GLASSON

 

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PRIX BERNARD CHASSE 2017

LIEUX, PONTS POEMES EN 17 VERS

 

     Juré : le poète Bernard Chasse de L’Haÿ-les-Roses dont Le Verbe Poaimer publie de nombreux poèmes dans les anthologies successives et annuelles. Son œuvre immense de poèmes et de romans comme de dessins et de peintures est l’objet d’un fonds à la bibliothèque George Sand et d’une association ad hoc Les Amis de Bernard Chasse, animée par Philippe Daverat.

 

Partie Lieux divers

     1er) « Afrique » de Marc Hernu

     2) « Paris, je sais » par André Marty

     3) « Le Puech » par Gérard Bouvier

 

4e ex aequo Le Volcan dans la Fournaise par Jean-Marc Chanel, Retour à Mersch par Georgette Chevallier, Le Pont du Gard par Hervé Donjon, « Simples amours premières » et « Couleur de renaissance » par Nadia Esteba, Au bord du Nil par Jean Fauré, Au pied de la grande Muraille par Georges Friendenkraft, Safari dans le 16e  par Julia Lindholm, « Nos anciens » et « La tolérance » par Michel Paquet, Plages d’hier et d’aujourd’hui par Dominique Zédet

 

1er prix Bernard Chasse LIEUX DU MONDE 2017.

 

     Afrique

Mon Afrique c’était, il y a trois jours encore,

Comme un embrasement, un contact sonore,

Point de lion point de gnou mais des voitures puantes

Et les hordes de zems dans une ville démente.

 

Mon Afrique c’est le goût resté puissant en bouche

Des épices, des sauces : l’attiéké, l’akassa

Et les fruits que l’on mange au milieu des palabres.

C’est la guerre sans pitié aux moustiques teigneux.

 

Mon Afrique c’est si beau. L’Atlantique agité

Et les files de pêcheurs qui s’effritent en riant

Ravaudent les filets et se fondent à la vague.

 

Mon Afrique c’est encore le gamin affamé

Qui s’enfuit en courant emportant les arêtes

Et les os de poulets laissés dans les assiettes.

 

Mon Afrique c’est la bande des enfants qui m’attendent

Et happent comme des trésors les cahiers, les ballons

Que j’apporte pour eux. Trop payé de leurs rires.

 

     Marc HERNU

 

Marc nous informe qu'il donnera l'argent de son prix pour aider les enfants du Bénin, ici photographiés en mars par lui-même.

EnfantsBenin

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     Paris, je sais

Paris, je sais ton élégance,

Ton art de vivre, tes parfums,

Ta fierté d’être cette France

Qui sous ton aile ne fait qu’un.

Paris, si forte, si fragile

Et que guette la déraison,

Tu nous donnes tous les frissons

Et nous nous faisons de la bile.

Paris, tu es trop boulimique

A vouloir tout t’approprier :

Les honneurs de la République

Et l’estime du monde entier.

Mais nous t’aimons tant que tu dures

Et tiens le cap sans dériver,

Qu’avec courage, tu assures

Notre gloire et notre fierté !

Et nous tiendrons tant que tu dures.

 

      André MARTY

 

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     Le Puech

Le Puech, c’était l’odeur des vaches

La saveur du lait chaud juste sortant d’un pis

Le meuglement d’un veau lassé d’être à l’attache

Le sexe d’un taureau, et fripé, et flapi

 

C’était tôt le matin, la soupe de légumes

Versée dans l’écuelle sur du pain gris tranché

Tandis que réchauffait sous la cendre des grumes

Quelque douceur cachée

 

C’était, suspendues au plafond,

Des torsades de mouches ailes et pattes engluées

Sans qu’en souffrissent leurs nuées

 

C’était dans la cour un chaudron

Dont rien ne rassasiait la falstaffienne panse

Où mitonnait le « boire » des cochons

 

Le Puech, c’était des milliers d’autres providences

Qu’un estrambot seul, ne peut restituer l’émotion

Tant ils sont généreux les souvenirs d’enfance

 

     Gérard BOUVIER

 

 

Partie Les ponts

1er : Une Laisse poétique sur les ponts de Marc Hernu

2e « Pont Mirabeau » en calligramme par Michèle Bourguétou

 

3e ex aequo « Seine de vie » par Clara Delange, « Nos temps sont menacés », « J’ai cru voir un signe », « Sillage de nostalgie, par Nadia Esteba, « Langue de terre » » » par Colette Fournier, « Sous le Pont Mirabeau » et « Emmène-moi sur le pont » par Patient Katembo Vayikondera, « Sur les ponts de paris une belle escapade » par Béatrix Labonde-Desolneux, « Petits ponts Parisiens » par Julia Lindholm

 

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1er prix Bernard Chasse PONTS DU MONDE 2017.

 

2e poème de la laisse poétique

Celui-là qu’est-ce qu’on va en faire ?

Car dame Seine ayant la flemme

De varier son itinéraire

Sur moi retombent tous les problèmes.

 

Ou s’il avait changé de place

Et que dessous coule le Rhône

Ou le Rhin ou même la Garonne

Là je pourrais sauver la face.

 

Mais non poète, rien n’a changé

Et le terrain est bien miné

Depuis ton joli boniment.

 

De tes amours on s’en souvient

Qui coulaient là obstinément

Tes joies tes peines et le tintouin.

 

Tout est dit maintenant c’est trop

Rien ne vient ni rime ni mot

Pour parler du pont Mirabeau.

 

     Marc HERNU

 

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***Le pont Mirabeau***

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                               ***                                                                          *     PARIS     *

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 ****Sur le pont Mirabeau, joli pont Mirabeau****Sous le pont Mirabeau, joli pont Mirabeau****

Sous une bienveillante clémence de juillet ***********Dans le crachin d'un soir gris, tout s'enfuit.

Les amours sont sincères dans l'azur du                                  La Seine sombre, transie, emporte sans

Ciel. Les rêves s'imprègnent d’Éros                                                      Bruit les adieux des amoureux figés.  

Encor et encor sans aucune gêne.                                                                              Point de vainqueur ni de vaincu.    

Paradis dans les doux regards                                                                              La flamme s'est vite éteinte,

Bercés par  un  firmament                                                                                                          L'amertume se noie dans

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    Complice, discret.                                                                                                                  Une eau sombre

     Un vent souffle,                                                                                                                      Et boueuse. Une                                                                                                                                                                        

     Un désir infuse                                                                                                                          Histoire diluée

     Les corps et la                                                                                                                                Dans le passé.

     Nuit les marie                                                                                                                                          Ne reste que d'

     Avec belle vue                                                                                                                              Evanescents

     Sur le pont !!                                                                                                                                     Souvenirs !!!                                                                                                                                                                                                 

     Michèle BOURGUÉTOU

 

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PRIX JEAN-PIERRE PALISSIER 2017, POEMES HUMOUR ET COCASSERIE

 

Décerné par la famille du poète val-de-marnais disparu l’été 2015.

Après une sélection de dix poèmes remis à la veuve de Jean-Pierre, à Julie et Alexandre, leurs enfants.

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        Grâce au concours de la famille du poète, Le Verbe Poaimer a organisé un prix éponyme qui figure dans le palmarès des concours du Verbe Poaimer. L’attribution de ce prix est considérée au Verbe Poaimer comme une marque de distinction qui honore la famille et le cercle de nos ami-e-s poètes, qu’il appelait affectueusement  « Le club ».

Brigitte MOYON-DYREK, secrétaire du Verbe Poaimer, éditorialiste de « Jeux d’Epreuves ».

 

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                    PRIX JEAN-PIERRE PALISSIER 2017, Humour et cocasserie

 

1) « Complainte » par Clara Delange

2) « Plaie d’argent » par Nadia Esteba

3) « Travail » par Serge Carbonnel

 

4) Bestiaire, Georgette Chevallier 5) Poésie drôle, Frédéric Martinet 6) La fragrance de la loi, Julia Lindholm 6e ex aequo) Mérinos, Gérard Bouvier 8) Emploi abusif, Chevallier 9) Ophelia, Lindholm 10) Histoire d’eau, Dominique Zédet 11) Autoportrait, Jean-Marc Chanel 11e ex aequo) Enferme, Lindholm 11e ex aequo)   1+1 égalent, Katembo Vayikondera 14) Il pleut, Fournier 15) Mal cyber, de Courtivron 16) Vague à l’âme, Fauré 17) Quelle offrande, Katembo Vayikondera 18) Les petits chiens, Marty 19) Étrange estrambot, Fauré 20) Rêve éveillé, Lindholm

 

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   1er prix Humour Cocasserie JPP 2017.

 

     La con-plainte de l’élastique

 

C’en est fini des jours heureux Tu m’as quitté, abandonné

Les jours et les nuits se ressemblent, c’en est fini de l’insouciance

Le soleil brille mais je me glace La pluie ruisselle et je me noie

Je suis comme un vieil élastique usé, usé tu m’as lâché

Je suis trop vieux, j’sers plus à rien, j'ai le caleçon au bas des pieds

Les désirs m’ont abandonné  Je n’ai plus le goût du sucré

Je suis trop lâche et trop amer Mes journées ressemblent au désert

J’en appelle à la grande faucheuse Qu’elle vienne me cueillir en sommeil

Mes nuits m’ennuient elles sont sans fin Le repos m'a abandonné

Je suis trop lâche pour continuer Et bien trop lâche pour arrêter

C’en est fini de s’amuser Les rires des enfants me transpercent

Tu m’as lâché, j’peux plus chanter même la musique me fait pleurer

À quoi bon regarder les fleurs Leur parfum me fait éternuer

J'ai le moral dans les chaussettes usées, usées, j’tiens plus à rien

J’voudrais me pendre ou bien sauter, m’tirer une balle ou bien m’noyer

J’erre dans les rues comme dans ma vie Je suis trop lâche pour exister

Je suis comme un vieil élastique j'sers plus à rien, alors j’me tais !

 

     Clara DELANGE

     Estrambot pour une plainte, élégia, élégie quand tu nous tiens, 17 vers, 16 pieds pour un vers, ne sombrez pas dans la tristesse, la plainte est con, et pour rire ajoutez donc un pied de verre, un petit « Si », un petit « Oui », un petit « Non », ou un petit « Rien »à chaque bout de la ligne et vous aurez un étrange estrambot 17 vers et 17 pieds

 

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2e prix Humour Cocasserie JPP 2017.

  Plaie d’argent foi immortelle

J’abandonnais au vent, les vergers, les mailheuls *

Les pampres raffinés, au cœur de  la tourmente;

Les soucis des emprunts, ce temps qui désenchante,

Les nouvelles du monde, sans balayer mon seuil.

 

Sous l’arbre enchanté, chêne ou tilleul

A cause des oiseaux, de leurs lignes traçantes

De l’Automne froissé et des feuilles dansantes

Je regardais le ciel, qui se mettait en deuil.

   

Souvent avec humour on peut jouer un rôle

En se gaussant de tout,  la vie serait plus drôle. 

Comme à la cour des Rois, écris avec esprit.

 

C’est une palombe bleue, aimant les galéjades

Poursuivie d’un chasseur avare de  rigolades

Qui me tint cet adage, devant les dangers, fuis !

   

Pourtant bien éveillé, ce biset migrateur

Avait tout compris des secrets du bonheur

Alors, pour m’amuser, aussitôt je le fis...

  

Parfois mieux vaut biaiser que d'avoir du courage

Les héros, les grands peintres ont souffert des orages

Mais ces gens je l'avoue restent mes favoris

 

Nadia ESTEBA        *jeunes vignes

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           3e prix Humour Cocasserie JPP 2017.

 

     Le travail

 

Le mot travail fait peur quand il est prononcé.

L’enfant tout à ses jeux renâcle à les cesser

Pour aller dialoguer avec ses équations

Bien qu’il sache souvent en faire imitation.

 

Des écoliers savants mais fort peu travaillant

Sont souvent malmenés par tous leurs enseignants

Et d’autres n’avouent pas leur douleur dans le cœur

Quand ils doivent inscrire Papa est un chômeur.

 

« Maman à la maison élève les petits ? »

« Inscris sans profession le professeur a dit. »

« Pourquoi n’écrit-on pas « éleveur de petits » ? »

 

Il faut choisir déjà le travail pour demain

Alors qu’on ne sait rien du futur incertain.

Puis un jour l’on travaille en pensant aux vacances.

 

On ne travaille plus, on a des CDI, on a des CDD

Des jours au pôle emploi et des jours de latence.

Puis un jour à la fin nous sommes DCD.

 

     Serge CARBONNEL

 

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  PRIX PATRICK RAVEAU 2017

 

POEMES DES NOMS DES ROSES VOCALIQUES

 

     Poèmes comportant des noms de roses commençant par une voyelle, juré le poète et romancier Patrick Raveau, poète cosmique et auteur de récits fantastiques.

 

Podium :

1) « Voyelles - Alléluia et autres roses » par Gérard Bouvier

2) « Toi, ma première Rose » par Serge Carbonnel

3) « Roses », « Rose d’hiver ou ellébore...» par Jean Fauré


4) « En quête de bouquet » par Jean-Marc Chanel

5) « Les Roses » « Adagio, Ébène, Ibis, Ulrich... » par Michèle Bourguétou

 Prix spécial du Verbe Poaimer pour la créativité : Bernard Bösiger

 

     Voyelles, Voyelles ! pour le nom des roses de L’Haÿ !

 

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       1er prix Patrick Raveau 2017.

 

      Voyelles - Alléluia et autres roses

 

Elle brille sous sa résille

Et la soie perlée du petit matin

Timide Alléluia dans un coin du jardin

Où s’éveillent les jeunes filles

 

Elle s’étire ensuite, s’humecte les papilles

Se dresse vers le ciel en lui tendant les mains

Et enlace telle une vrille

L’Espoir qu’elle presse sur son sein

 

Puis s’étant fardé le visage

Et mis du rouge sur ses joues

Telle une Impératrice accessible aux hommages

 

Elle voit s’approcher son cortège d’époux

Sans perdre de vue Blanche Unique

Dont l’excède l’excès d’atouts

 

Ni son amie Ombre Superbe

Qu’elle suit d’un regard jaloux

Pour elles aiguisant des épines acerbes

                                                   Gérard BOUVIER

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2e prix Patrick Raveau 2017.

 

     Toi, ma première Rose

Pour la Rose Adagio je veux un concerto

Qui embrase au matin, dans le soleil, très tôt,     

Le buisson jaune orange et le teinte de rose

Et fait chanter les yeux comme un cœur qu’on arrose

 

Et pour l’Embrasement l’éclosion solidaire

De la plante solide et bien plantée en terre,

Le rouge qui sourit, le parfum soutenu,

Tel un feu d’artifice et son cri retenu.

 

Pour la rose Alba mon pinceau d’aquarelle

Peindra le blanc plus blanc de ses pétales frêles

Donnera au buisson la douceur du cocon

La souplesse de l’ange et le vol du flocon

 

Et la belle Occitane en sa robe à nuance

Rougira de plaisir. Un oiseau en cadence

Sifflera. Et toi tu donneras pour toujours

Les plus belles couleurs, les plus belles amours

Et les plus belles roses, mon Eglantier-des-jours !

 

     Serge CARBONNEL

 

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                     3e prix Patrick Raveau 2017.

     Roses

Rose d’hiver ou ellébore,
(Ma commère il faut vous purger)
Et rose d’Inde ou fleur des morts
Pour ceux qui aiment voyager…

Rose de mai dont la culture
Est si aimée des parfumeurs
Rose des vents pour l’aventure,
Chacun navigue à son humeur.

Rose de Damas, la première,
Mais qu’en reste-t-il aujourd’hui ?
Rose d’outremer ou trémière
Que les croisés ont recueillie.

Rose des sables qu’on découvre
Dans le désert loin des châteaux
Rose de l’ombre qui s’entrouvre
Au matin alors qu’il est tôt.

Rose qui se chante allegro

     Jean FAURÉ

 

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PRIX ELLA ET ROUBEN MELIK

MEILLEUR ENSEMBLE FRANCOPHONE DU VERBE POAIMER 2017

 

     Cher Laurent, tu augmentes les  difficultés d'années en années !, en tous cas pour choisir : cette fois-ci ce n'est pas un ou 2 poèmes, c'est un ensemble ! 

Après avoir lu et relu mon choix s'est porté sur :

 

Podium :

N° 1 l'ensemble 9 avec poèmes préférés : Questions, Le Faon et le Faisan, Etrange estrambot Jean Fauré

N° 2 l'ensemble 12 avec poèmes préférés : Terre ô terre eMais où font les petits chiens André Marty

N° 3 l'ensemble 8 avec poèmes préférés : Ponts, Nos temps sont-ils menacés

 Nadia Esteba de Angeli

 

Pour les autres je n'ai pas mis d'ordre, seulement les poèmes préférés : 

 

Ensemble 1 :  Devinette de Michèle Bourguétou

Ensemble 2 :  La Fourmi et le fourbi de Gérard Bouvier

Ensemble 3 :  Le Travail, toi ma première rose de Serge Carbonnel

Ensemble 4 :  Quelle question? de Jean-Marc Chanel

Ensemble 5 :  Seau Pique de Rachel Cohen

Ensemble 6 :  Le Mal Cyber d’Elizabeth de Courtivron

Ensemble 7 :  Lettre à ma rose de Clara Delange

Ensemble 10: Safari dans le 16e de Julia Lindholm

Ensemble 11: Poésie drôle de Frédéric Martinet

Ensemble 13: Plages d'hier et d'aujourd'hui de Dominique Zédet

 

      Choix par Séda Melik

 

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MEILLEUR ENSEMBLE FRANCOPHONE

ELLA ET ROUBEN MELIK 2017 : JEAN FAURE

 

Concours « Charly Mathekis »

Questions ?

Vaut-il mieux succomber debout
Ou s’écraser et disparaître ?
Cette question résume tout
Pour Hamlet : « Être ou ne pas être ? ».

Faut-il sans hésiter combattre 
En espérant sortir vainqueur 
Ou l’orgueil n’est-il qu’un emplâtre ?
Comme Rodrigue « As-tu du cœur ? ».

Charles dans un de ses poèmes
Nous a chanté ce beau discours :
Quelque soit l’objet que l’on aime,
« Que reste-t-il de nos amours ? ».

Et c’est ainsi que la vie passe :
Avec François, au fil du temps,
On demande de guerre lasse
« Mais où sont les neiges d’antan ? ».

Disparues sans laisser de trace ? …

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Concours Annie et François Dyrek

Le Faon et le Faisan

Un jeune faon, tétant encore sa mère,
Découvrait ingénu les hôtes des forêts.
C’est ainsi qu’il croisa, sortant de la lisière,
Messire le faisan au plumage doré…
Admirant le galant qui, fier, se pavanait,
« Oh ! Maman ! Cria-t-il, qu’il est beau son costume !
Pourquoi un tel habit ne m’as-tu point donné ?
– Vois-tu mon fils, chez nous, ce n’est pas la coutume.
Il est beaucoup plus sûr de ne jamais crâner.»
À quelque pas de là, tapi dans un bosquet,
Un croquant qui guettait les oiseaux de passage,
Expédie ad patres, d’un seul coup de mousquet,
Le fringuant volatile aux couleurs si peu sages...

«  À trop se porter en avant,
Dit la biche à son rejeton,
Il arrive le plus souvent
Que l’on n’en tire rien de bon… »

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      Les poèmes de XVII an 1 des estrambots seront complétés

de poèmes de l’an XVIII an 2 des estrambots et cette fois de 18 vers...