Les Jours, les Vers et les Années par Laurent Desvoux

23 mai 2020

Poèmes de vingt vers de l'an Vingt Vingt par Laurent Desvoux-D'Yrek et participation concours RATP Poésie

 

 

Deux poèmes de vingt vers de l’an Vingt Vingt

 

Composés en avril par Laurent Desvoux-D’Yrek

 

Estrambots en hommages aux auteurs à lire, relire ou vivre !

 

     L3D56 ce dim 12 avril 2020.

 

 

 *

 

         Comme des ballots séculaire sur le front, sur le pont !

 

 

 

 

Ballot… on veut éviter le Coro Corono Coronovirus

 

Et on meurt d’autre chose soit par état de faiblesse

 

Soit par excès de peur, d’atonie ou d’angoisses

 

Ou par… distraction… comme on a en tête Coro Corono

 

Et qu’on prend de plein fouet le destin d’une rue

 

 

 

Qu’homme mourut Apollinaire il y a cent-deux ans

 

Meurtri par un obus sur le front organique de la der

 

Emporté Boulevard Saint-Germain par la grippe espagnole

 

Qui fit bien plus de morts encore que la guerre

 

Comme la guerre avait frappé les esprits et les corps

 

 

 

Guerre n’était pas jolie ou pas longtemps si le ciel était beau

 

Des obus qui zébraient les là-haut, faisaient feux d’artifice

 

Les plaies étaient réelles et les vies réciproques amochées

 

Et les vies abîmées abyssales et les vies sacrifiées

 

Virées à faire choir les ennemis de part et de sang et d’os

 

 

 

Et quelle est cette guerre naguère aujourd’hui demain masquée

 

Qui n’a pas d’ennemi même Tarasque qu’un animaluscule

 

Réclame qu’on s’évite les uns, les autres, gauches, ridicules

 

Attentionnés… et pas casqués ? mais masqués ! Eh Remarque

 

Quid de nouveau sur le front-pont de partout et des Parques ?!

 

 

 

   Laurent 3D56 au 5 et 6 avril 2020. Terminé le 11 après 22 heures.

 

Laurent DESVOUX-D’YREK, estrambots de l’an 20.

 

        **

 

Paris d'Apo et siege bleuPhoto Laurent 3D à la Librairie L'Instant dans le XVe du livre Le Paris d'Apollinaire, écrit par Franck Balandier, Ed Alexandrines.

 

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           Bon, que reliras-tu ?

 

Non je ne relirai pas le Décaméron du grand Boccace avec ses veillées

A conter raconter dix jours dix nuits florentines à survies sur le vif

Et je ne lirai pas encore les aventures secours du médecin de La Peste

De cet Albert Camus qui souventes fois eut raison et me rappelle Léa

Jamais connue, ma grand-mère qui à Oran fut mordue par un rat

 

Et en mourut… Je ne regarderai pas à nouveau Fenêtre sur cour

Du terrible Hitchcock avec ce photographe confiné de par sa jambe

Plâtrée, qui soulève un lièvre par ses vues sur les pièces d’en face

Peut-être… relirai-je la découverte par Fabrice del D. de l’amour

Depuis sa geôle avec la belle Clélia sur la terrasse de la Tour

 

Je ne relirai pas des deux géants de part et d’autre des Alpes

Le Désert des Tartares de Buzzati ni Le Rivage des Syrtes

De Gracq à l’impayable attente dans la forteresse ni de JP

Sartre le Huis-Clos même à le voir dans une télucarne d’enfer !

Ni l’enquête du cher Yves sur des mots manquants de la Genèse !

 

Bon, que reliras-tu ? demandent mes lecteurs zironiques

Vas-tu nous raviver le Voyage autour de ma chambre de X.

De Maistre en conseil de ton ami Gérard… Eh ce ne serait relire…

Sinon du savoureux Joris-Karl le A Rebours en sa maison chapitres

De Fontenay-aux-Roses, dont j’ai rêvé musée de pierres et verbes…

 

Oh je veux lire les nuages… « les merveilleux nuages » et les fenêtres

Et les hublots et toutes vos "Sensations" par vos nuits et vos jours

En regardant la ville vibre en écoutant les arbres en leurs printemps

Tous ces poèmes en prose depuis l’Allée Baudelaire jusqu’à l’Avenue

V. Hugo… et la légende des siècles dans chaque pavé disjoint !

 

     Laurent Desvoux-D’Yrek le 11 avril 2020 par confinement et weekend pascal.

 

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                           Pour RATP concours de poésie thème libre

 

version en moins de 840 signes :

 

Ne relirai pas des deux géants de part et d’autre des Alpes

 

Le Désert des Tartares de Buzzati ni Le Rivage des Syrtes

 

De Gracq à l’impayable attente dans la forteresse ni de JP

 

Sartre Huis-Clos même à le voir dans une télucarne d’enfer 

 

Bon, que reliras ? demandent mes lecteurs zironiques

 

Vas-tu nous raviver le Voyage autour de ma chambre de X.

 

De Maistre en conseil de ton ami G. Eh ce ne serait relire

 

Sinon le A rebours de Joris-Karl en sa maison chapitres

 

Oh lire les nuages… « les merveilleux nuages », les fenêtres

 

Et les hublots et vos Sensations par vos nuits et vos jours

 

En regardant la ville en écoutant les arbres du printemps

 

Poèmes en prose depuis l’Allée Baudelaire jusqu’à l’Avenue

 

V. Hugo… et la légende des siècles dans chaque pavé disjoint

 

                            Laurent Desvoux-D’Yrek en avril 2020.

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Et votre participation jusqu'au 14 avril 2020 !

en écriture d'un poème de 14 vers maximum.

Vous pouvez liker les poèmes que vous appréciez

des jeunes et des moins jeunes...

 

Reprendre les transports ? oui mais en poésie !

Ah voici des propositions de participation

Tous aux Concours GRAND PRIX POÉSIE RATP 2020 

Poésie ! ET SI…  VOUS PARTICIPIEZ CHACUN ET TOUS ?


13 mai 2020

Au Galop bleu de la beauté, livre en hommage à Apollinaire, en créativité poétique, d'Alcools aux Calligrammes par L3D

 

 AU GALOP BLEU DE LA BEAUTÉ

 -      CES « QUINTILÈNES »

 

 

De Cantilène aux Calligrammes du futur

 

Coup de chapeau littéraire à l’Apollinaire

 

 

 

Par Laurent Desvoux-D’Yrek

 

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     Ci-après : présentation, article le présentant dans une revue de poésie et pages d’extraits significatifs du livre au fil de ses 3 Actes de 2013 à 2018.

 

     A propos de quintils, ceux de Guillaume Apollinaire m’ont inspiré sur plusieurs années ! Patrick Picornot, poète et président d’association poétique, m’a fait l’honneur de présenter mon livre hommagial et créatif à la figure du poète des quintils d’Alcools et ceux des Calligrammes dans un article de la revue de poésie « La Rose des Temps » !

 

     Auparavant, Jean-François Blavin avait retracé les 3 Actes de mon livre en sa préface, poète proposant sa subjectivité, combien sensible, pour réagir à la lecture qui peut et veut dérouter pour remettre sur le chemin d’Apollinaire.

 

     Peu après le 16 décembre 2019 ce furent un autre plaisir et un autre honneur de recevoir une lettre de Jack Lang, ancien Ministre de la Culture puis de l’Education Nationale et actuel Directeur de l’Institut du Monde Arabe (que j’avais sollicité en lien avec le « Printemps des Poètes » qu’il a participé à créer après La Fête de la Musique) :

 

     « Monsieur,

 

     Je vous remercie de m’avoir fait parvenir votre très beau livre Au Galop Bleu de la Beauté – ces Quintilènes. Cetouvrage rend hommage avec brio à Guillaume Apollinaire à ses poèmes, à son talent. Légers et musicaux, nous nous amusons gaiement à la lecture de vos poèmes.

 

     Votre créativité stupéfiante m’a replongé dans l’univers de ce grand auteur et je vous en sais infiniment reconnaissant.

 

     Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments les plus distingués.

 

     Jack Lang. »

 

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    Au galop bleu de la beauté – ces « quintilènes » de Laurent Desvoux-D’Yrek, Éditions Unicité, Saint-Chéron, 4e trimestre 2018 – 14,8 × 21 cm ; 248 p. – 16 €.

     De Cantilène aux Calligrammes du futur.Coup de chapeau littéraire à Apollinaire. Par l’homme sur le pont Laurent Desvoux-D’Yrek.

     Autre hommage à Guillaume Apollinaire à l’occasion du centième anniversaire de sa mort survenue de 9 novembre 1918, cet ouvrage a le mérite d’une réelle originalité et d’une étonnante inventivité. Polymorphe, foisonnant, débordant, cet ensemble de proses et de vers obéit néanmoins à une rigoureuse structure en trois actes : une première série de douze douzaines de quintils pour le premier centenaire d’Alcools (1913-2013) ; une seconde série de six douzaines de quintils pour le premier centenaire de Calligrammes, et proses annexes ; poèmes inspirés par Apollinaire et les poètes, poèmes du jeu des sept couleurs, poèmes et lettres sur le thème des ponts.

     En son excellente préface intitulée Chapeau l’artiste ! le poète Jean-François Blavin se demande avec pertinence « comment qualifier cet étrange objet dont (il) tourne, un peu dérouté, les pages bruissant d’allusions subtiles et de mille acrobaties avec les mots ! » Oui, étrange, intrigant objet, acrobaties verbales. On peut presque là songer à un Théodore de Banville s’évertuant en « funambule » à inventer d’autres ressorts à la rime et aux courbures du vers. Et Laurent-Desvoux-D’Yrek demeure, quoique parfois peu soucieux de la consonne d’appui, l’un de ces poètes talentueux qui croit toujours aux vertus de la rime et de ses encore possibles ressources d’inventivité. Et sa mise en pratique est particulièrement démonstrative ! Enfant d’une famille de comédiens, poète profondément ancré dans la pratique de l’oralité, il se voit présenté par le préfacier en « prestidigitateur, joueur de bonneteau agile ». « Joueur », oui, le mot semble essentiel. Si Malherbe eut la cruelle ironie de dire que le poète ne valait guère mieux qu’un « joueur de quilles » (sous-entendant dans la société), il est vrai que ledit poète, de décennie en décennie, va même jusqu’à devenir le chien qui chamboule le trop sage « jeu de quilles », s’amusant de toutes les règles et jonglant à l’infini avec nombres et mots. Car il y a chez Laurent Desvoux-D’Yrek du Raymond Queneau sous roche, de ce chien et chêne voulant réconcilier par la verve, l’agilité intellectuelle et l’humour ces deux univers qui ont été depuis trop longtemps présentés comme inconciliables (ou irréconciliables ?) : les nombres et les mots. Or, tout vrai poète sait que cette obstination à séparer les nombres des mots est une duperie, pire : une atteinte à la vie. Les nombres font partie intégrante du langage et a fortiori du langage poétique !

     L’auteur s’intéresse ici de près au quintil octosyllabique, très apprécié par Apollinaire, et déploie tout un échantillonnage de possibilités formelles et ludiques sur la base du nombre 5 pythagoricien : acrostiches, palindromes, anaphores… Il montre aussi que tout comme le quatrain chez les Latins ou les Malais (pantoun), ou encore ce tercet qu’est le haïku chez les Nippons, le quintil peut être considéré comme une véritable strophe-poème. Rappelons aussi qu’avant la suprématie du haïku existait aussi au Japon le tanka (« chant court » 5-7-5-7-7).

     Non forme fixe mais strophe-poème, le quintil de Laurent opte en général pour la formule rimique croisée (a b a b a), soit trois rimes masculines pour deux féminines, ou l’inverse. Dans certains cas, à la manière de Louis Aragon, il use d’homophonies accordant féminines et masculines. Plus rarement, nous pouvons lire aussi des quintils monorimes.

     À partir de cette structure inamovible de 40 syllabes (8 × 5), le poète se livre à des jeux multiples. Reprenant la technique du cut up, l’une de ses séries de quintils insère en 1ère position un octosyllabe qui n’est autre qu’un fragment du journal Le Parisien lu le matin dans un café. Toujours en premier vers, dans une autre série, il opère des collages de bribes de conversation de café. Toujours sur le même principe sont capturés des échantillons de dialogues entendus dans les transports franciliens.

     Ces quintils affirment donc un art du mouvement. Le poète dans la ville.

     Le poète à l’écoute des vivants, en observation permanente des espaces, des calicots, publicités, enseignes, panneaux… Le premier octosyllabe cueilli en milieu urbain devient amorce du quintil. Il laisse trace d’un itinéraire : Tabac du Petit-Robinson ; Autorisation de travaux ; Chantier interdit au public ; Fête foraine pour enfants… Bien sûr, le Surréalisme n’est guère loin. On pense par exemple au titre du recueil collectif de Breton, Char et Éluard, Ralentir Travaux. D’autres poètes se sont aussi amusés à relever des octosyllabes appartenant à la signalétique dont le fameux Un train peut en cacher un autre de la SNCF, ou encore, toujours à la SNCF, en message vocal sous forme d’alexandrin : Prenez garde à la marche en descendant du train. Une vraie poésie populaire du quotidien… Mais non si loin dans le temps, les enseignes, les accroches urbaines interpellaient certains groupes du rock français au mitan des années 1970 dont le plus connu reste Téléphone – du temps révolu où les cabines téléphoniques faisaient partie du paysage parisien…

D’autres vers liminaires, toujours imprimés en italique, sont empruntés au recueil Alcools. En une autre douzaine de quintils (60 vers), ce seront leurs titres dissyllabiques qui seront de simples mots eux aussi extraits d’Alcools : Pentacle ; Herbes ; Vigueur ; Étoiles… Toujours détournés du même recueil tutélaire, des mots de cinq lettres constitueront des échelles pour autant de quintils-acrostiches : Vigne ; Brise ; Ville ; Éclat…

     Voici le principe de base de construction de ces diverses séries de quintils, multipliant les jeux à l’infini, le poète reliant sa parole à celle d’Apollinaire ainsi qu’aux réverbérants échos du monde, sonores ou visuels. Citons pour finir un quintil construit à partir d’un octosyllabe capté dans un café (Série 03 : Quintils de café) et intitulé Reliques : « C’est pas loin de la République/Que j’allais voir le Président/Pour un échange de répliques/Laissées passer entre les dents/Comme mes quintils alcooliques.

 

     Patrick PICORNOT, « La Rose des Temps »,

numéro de mai-août 2019. Numéro 34.

     (Et, juste après, il y avait un article sur un livre cardinal de poésie ! :  Nous, l’Europe – banquet des peuples de Laurent Gaudé, Éditions Actes Sud, Arles, 2019 – 11,5 cm × 21,6 cm ; 185 p. – 17,80 €.)

 

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Préface du Galop bleu de la Beauté par Jean-François Blavin

 

Chapeau l’artiste !

 

Qu’est-ce qui peut ressortir le plus à la gageure que de tenter de rendre compte de l’opus de Laurent Desvoux-D’Yrek « AU GALOP BLEU DE LA BEAUTÉ ces « Quintilènes » – De Cantilène aux Calligrammes du futur / Coup de chapeau littéraire à l’Apollinaire / Par l’homme sur le pont Laurent Desvoux-D’Yrek – Éditions Unicité » ?

À quoi, en effet, ai-je maille à partir, comment qualifier cet objet étrange dont je tourne, un peu dérouté, les pages bruissant d’allusions subtiles et de mille acrobaties avec les mots. Je vais me contenter de livrer mes réactions de poète, en toute subjectivité.

Je découvre un préambule enlevé, tissé des citations de la petite communauté des poètes amis de l’auteur. Et, comme il a adopté un plan de facture théâtrale, l’ouvrage étant articulé en 3 actes, je l’imagine debout devant le rideau encore fermé dans un élan de déclamation liminaire, retardant notre impatience à aller déjà plus loin.

Le rideau s’est levé avec l’acte I, Quintils pour le premier centenaire d’Alcools de 1913 à 2013 « Ta poésie Alcools 100 ans toujours au temps ».

C’est la célébration d’Apollinaire grâce à l’écriture particulière de Laurent Desvoux ; Apollinaire, cet immense poète qui surgit après Baudelaire à la fois dans la modernité (pas seulement par la ponctuation blanche) et ancré dans la tradition, l’histoire, le passé. Et déjà s’annoncent les prédilections de notre poète pour certaines formes fixes. Celle du quintil, par exemple ; les personnes souffrant d’une addiction à cette structure savent bien qu’il s’agit d’une strophe ou d’un poème de cinq vers, bâti sur deux rimes ou, autre possibilité, en vers libres.

L. D. D. y va de toute son originalité décapante associant toute sa série de quintils à des vers d’Apollinaire, avec une classification très ludique. Je pense entre autres au quintil de café : « Ris pas- Les standards de vie étaient pas/ Les mêmes donc c’est difficile/ De comparer les jours à Pa/ Ris c’était presque une autre ville/ Où déjà je mettais mes pas ».

Chapeau l’artiste ! Je dirais même, insolence ou effronterie !  []

Parvenu à l’acte II, les quintils sont proposés pour le centenaire des Calligrammes de 1918 à 2018 avec toujours leur « magie poétique décisive ».

Sur la matière « apolliniaresque » (je risque le terme) notre poète planche, toujours endiablé, en métamorphoses de mots. Il s’inflige avec bonheur toutes sortes de contraintes d’écriture qu’il nous expose : des vers ou des parties de vers issus des Calligrammes. On comprend l’engouement de L.D.D. pour cette forme, véritable poème-dessin ; il y faut, en effet, l’exigence visuelle pour représenter l’objet et le poème vrai, c’est-à-dire la composition de mots.

L. D.D., sur tout cela se déchaîne []

L’Acte III est intitulé « Quelle est la couleur du Pont Mirabeau par galop bleu ? », « Ponts, réponses, répons, galopons, galopons ! » en est un des sous-titres.

Le choix du terme « Ponts », cela revient plusieurs fois dans le livre, me paraît significatif de l’esprit du recueil : le pont, c’est-à-dire ce qui relie, ce qui réfute la notion de frontière : il s’agit de la rencontre fraternelle entre les hommes, programme ambitieux !

Par ailleurs, nous allons découvrir à ce stade une autre passion de l’auteur toujours au service d’Apollinaire par la forme de l’Estrambot que fait renaître son sectateur Laurent ! Vous savez, ou vous ne savez pas, qu’il s’agit, dans sa forme cardinale, d’un sonnet auquel on ajoute un tercet. Un peu, me semble-t-il, comme si je commandais un café allongé. Et je me garderai d’évoquer le fameux sonnet boiteux – et admirable – de Verlaine. []

Le tourbillon des pages se poursuit avec aussi des textes de nature différente, je citerai des courriers plus théoriques entre divers correspondants, et aussi l’éblouissante invention de la pétition – en 2018 cette fois ! – « LIBÉRONS IMMÉDIATEMENT APOLLINAIRE !». []

      Lisons d’un trait, au galop, ou à plus courte bride, et revenons-y à ce « GALOP BLEU DE LA BEAUTÉ » auquel nous convie L.D.D., ce poète qui nous exprime tout son vertige d’être hypersensible, toute une belle folie qui se délie et se déploie à l’image de la fameuse transe, nommée inspiration.

Ne manquons pas ce rendez-vous avec le talent, engageons-nous dans les allées enchantées où nous portent les pas du poète qui chante Apollinaire.

Jean-François BLAVIN, Sociétaire de la Société des Gens de Lettres, animateur de rencontres littéraires, comme naguère « Du côté du Pont Mirabeau » et encore aujourd’hui « La Cave à poèmes » ou « Les Ricochets poétiques ».

 

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Note 4 de Laurent3D55 au 24.10.18 :

     Apollinaire est un sympathique géant qui a fait entrer la poésie dans l’ère moderne, comme Baudelaire avant lui et tous deux sont des repreneurs de formes anciennes rendues par eux à l’apogée, ils ont aussi forgé des formes nouvelles et exploré des territoires, pour l’un le poème en prose, pour l’autre le vers libre, le calligramme. On néglige de considérer Apollinaire comme un géant, comme un Albatros, car à l’instar d’un Robert Desnos ou bien avant, un Joachim du Bellay, il nous fait entrer dans son universel personnel avec une intimité qui nous donnerait l’envie de lui tapoter l’épaule ou de l’accompagner dans ses balades à pied ou en auto. Apollinaire au-delà d’être le poète de la confidence ou de la plainte ou de la camaraderie, est un poète qui se projette en des lieux multiples, les lieux de son passé comme les lieux d’époques inaccessibles de jadis ou du futur, il projette sa personne et la figure du poète, plus loin que sa condition mortelle, dans une dimension cosmique qui agrandit considérablement sa sphère lyrique. Mais non ! sympathique n’est pas péjoratif, ni réducteur.

     J’ai la conviction qu’Apollinaire qui a tant inspiré de poètes, d’artistes et de démarches, peut engendrer la poésie de l’avenir. Sous le prétexte de deux centenaires : 2013, celui d’Alcools et 2018, celui de Calligrammes, au printemps, nous pouvons œuvrer en poésie à partir des merveilleux quintils et de leurs possibilités encore largement sous-exploitées, comme à partir des possibilités de dessins et de couleurs que recèlent les derniers textes du poète, hélas les feux d’artifice colorés et sonores des obus du ciel de la Grande Guerre ont détourné le cours de son destin poétique. En effet, le centenaire de Calligrammes est aussi, mais en automne, celui de la mort de Guillaume Apollinaire. Que cette année ultime des commémorations de la Première Guerre Mondiale soit celle de la renaissance de l’inspiration des poètes par qui traversa des zones, des ombres, des ponts, des portes, des blancs ruisseaux, l’or des nuits et des villes du monde à dialoguer. Et je me veux passeur de cette inspiration, un passeur sur le pont, sachant que le Poème, si absent de nos jours prosaïques, ouvrés, à recherche de rendement et si nécessaire à nos consciences, à réveiller et révéler avec un regard qui sait le voir jusque dans les journaux de prose, les affiches ou les transports, est aussi ce « beau Phénix s’il meurt un soir / Le matin voit sa renaissance ».

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PRÉAMBULE EN COULEURS, VENDÉMIAIRE (20)18 :

 

SOUVENANCES D’AUTEURS BLEUS, JAUNES, LILAS, ROSES !

 

     Les couleurs de nos Lettres, voyelles, consonnes…

     Entrez, trouvez ici des citations célèbres ou non, traversées de couleurs, je les ai rangées selon l’ordre alphabétique des 50 auteurs révélés après cet ensemble.

     Devinerez-vous au son ou à la couleur de ces phrases l’identité de qui formula et faire jouer les souvenirs de phrases à revenir au trot ou au galop ou à ne revenir pas, mais aussi de la « petite musique » propre à chaque écrivain et poète ?

     On trouvera aussi des citations de scientifiques et d’artistes qui manient la plume quand ce n’est pas un microscope ou un pinceau. Une phrase en italique donne des indices pour savoir qui a écrit chaque citation mystère.

    « Le Galop BLEU des souvenances / Traverse les LILAS des yeux » Et « Il retrouve dans sa mémoire / La boucle de cheveux CHATAINS / T’en souvient-il à n’y point croire / De nos deux étranges destins ? » Un poète qui mal aimé et mal aimant en fit chanson.

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    « Tu te hâtes plus tard le long des quais Robert / Quand Paris se défarde et peu à peu s’éteint / Au geste machinal que fait dans le matin / L’homme BLEU qui s’en va mouchant les réverbères »

     Poète, il chanta les Poètes, s’essaya à tous vers, à toutes formes.

 

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     « Il regarde le ciel. Ce qu’il en reste. Il n’y a plus beaucoup de ciel, par ici. Des morceaux. Quelques nuages. C’est tout.

    Le ciel est BLEU comme une chaîne. » Romancier, aux traces d’Apo, de la Joconde, il remonte la pelote ! (voir ci-après p 24 rencontre du 16 mars 2019 « Apollinaire et les femmes de sa vie »)

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     « Mon cœur ne sera plus qu’un bloc ROUGE et glacé », « De l’arrière saison le rayon JAUNE et doux ! », « Mais le VERT paradis des amours enfantines », « Si par une nuit BLEUE et froide de décembre »  Extraits alex colorés des pépites d’un poète mots-dits, dégotées par Georges Pompidou, Président lettré. [

 

    Acte I du livre Au Galop bleu de la Beauté

 

ATELIER D’ARTCRITURE APO-ÉTIQUE

Vin(gt) propositions plus une ?!

Atelier d’écriture en transports de « haut vool » !

Pour des poèmes inspirés du cher Alcools de Guillaume Apollinaire.

« Zone » et après…

     1) Atelier d’écrire un poème sur l’ancien et le neuf en évoquant des moyens de transports après les premiers avions : hélicoptères, fusées, navettes. Et le Bateau-Ville de L’Haÿ-les-Roses. Et l’Oiseau Roc de « Zone » et des Mille et une Nuits. Et le train qui relie et la petite auto entre deux mondes, entre deux temps décisifs, entre la vie et la mort, entre la mort et la renaissance. Y évoquer les histoires, les cultures, les religions du monde, les colombes et les troupeaux d’autobus. Reprendre l’anaphore « Te voici » adaptable avec d’autres pronoms.

     2) Atelier d’écrire des chansons en quintils, les quintils prolongeant les strophes paires attendues d’un cinquième vers qui boucle ou ouvre encore sons, sens, vision - pour les refrains on pourra intercaler des strophes plus courtes, des tercets gagnants, des quatrains duos de duos.

     3) Atelier de composer des vers monostiches ou monostiques à partir d’extraits de poèmes resserrés en tel vers unique. Le long poème « Palais » pourrait distiller quel vers ? Et « La Maison des morts » ? et « L’Emigrant de Landor Road » ? Et bien sûr « La Chanson du mal-aimé » ? À l’inverse on pourra éclater, diffuser, épandre le monostiche d’Apollinaire « Et l’unique cordeau des trompettes marines » en un poème comportant dans ses vers des extraits de ce vers. []

     5) Atelier d’écrire des poèmes selon les 12 mois républicains ou sur nos 12 mois de calendrier en mêlant le climatique, le sentimental et l’existentiel. Vendémiaire : premier mois de l’année du calendrier révolutionnaire et tire son nom de la période des vendanges. Ou les 12 mois des formes poétiques : janvier des haïkus, février des sonnets, mars des ballades, avril des triolets, mai des estrambots, juin des poèmes en prose, juillet des odes, août des vers libres, septembre des tankas, octobre des fables, novembre des calligrammes, décembre des dialogues poétiques. Et en redistribuant à d’autres guises : janvier des ballades… puis les douze travaux, puis les douze tribus, puis les douze disciples, puis les douze syllabes… []

     9) Atelier d’écrire à temps un poème sur votre saison de cœur de corps ou d’âme en livrant un descriptif de la vie. Evoquer une saison vécue d’importance haute pour vous. Convoquer la saison qui changera tout. Convoquer un printemps et le raconter en deux endroits du monde où la nature ne le vit pas semblablement. Convoquer un été et raconter un voyageur sur chaque continent en bandoulière. Convoquer un automne et raconter les feuilles d’arbres divers en divers lieux. Convoquer un hiver et raconter là où l’on peut remonter un fleuve et là on ne le peut pas. Evoquer douze saisons de-ci, de-là, dans votre vie, passée ou future ! []

 

     11) Atelier de composer une suite de poèmes issus des voyages réels, littéraires ou imaginaires dans un paysage aimé et complexe. Doubler des récits de voyages en proposant des poèmes en parallèles qui ne soient redondants des proses descriptives ou narratives. Doubler ou intercaler pour que la chantefable sorte de l’unicité de la fabuleuse et médiévale amour d’Aucassin et Nicolette. Avec des passages lyriques, des passages apostrophant []

     12) Atelier de collages de paroles entendues ou imaginées en ménageant des vers de liens. Paroles de cafés, de restaurants, de rues, de couloirs, de transports, de plages, de côtes, de vallées et de collines. Paroles des écrans, des radios, des journaux, des paroles rapportées dans des paragraphes ou des valises. De gens proches, lointains, présents, absents, des invectives, des demandes, des informations, des mots troués, des instants de vie, des destins entrevus. []

     14) Atelier de composer un Clair de planète, d’astre céleste au choix : Clair de Lune… (reprenant texte Apollinaire après les Romantiques) Clair de Terre… (reprenant André Breton parmi les Surréalistes) Clair de Saturne (sur un mode verlainien) Clair de Grande Ourse (sur un mode rimbaldien) Clair de Vénus… Clair de Mars… Clair de Jupiter… Éclair de Zeus ! Très-clair de l’astre d’Apollon ! Clair d’Alcools, Clair de Calligrammes, Clair d’Apollinaire, Clair de Vers, Clair de Verre, Clair des profondeurs… []

     15) Atelier de composer un poème titré d’une date de votre époque pour portraits et/ou autoportraits. Date déjà vécue, date d’écriture, date projetée, un jour sur Terre, un soir sous les astres. La date pile d’il y a cent ans, la date pile dans cent ans. Prenez l’arbre généalogique depuis la base jusqu’aux plus hautes branches où vous puissiez []

     16) Atelier d’écriture de suite poétique contant une expérience particulière d’un moment de votre vie liée à un lieu ou à des lieux : l’école, les lieux de vacances, l’hôpital, un séjour à l’étranger, un exil, le lieu de travail, la rue, une cellule, les hôtels, un banc, un aller et retour entre Paris et Rome, entre Brest et Saint-Pétersbourg, entre Rhin et Tamise, entre les bords du Jourdain et vers Auteuil, sur une rive suivie longtemps la Bièvre souterraine ou la Loire sauvage, la vie dans un immeuble, dans ton quartier, dans mon jardin, []

     17) Atelier de poémer en essayant d’atteindre le niveau de beauté lyrique de ces deux vers « Les souvenirs sont cors de chasse / Dont meurt le bruit parmi le vent ». Ou de ces deux autres vers pris à une page au hasard de l’ouverture foliée : « Et je marche je fuis ô jour l’émoi de l’aube / Ferma le regard fixe et doux de vieux rubis ». Repenser à une parole de Nadja : « Moi, on ne m’atteint pas ». Faire place à l’émoi, à ce qui te meut, t’émeut, toi et pas juste moi, à ce qui vous émut, vous toucha comme main aimée, comme ombres d’arbres qui se penchent. []

     Texte v202 à Paris et banlieue les 13 et 14 juillet 2013, retravaillé et complété le 5 juillet 2018 puis à l’automne. 21e proposition esquissée à L’Haÿ-les-Roses en mai 2018, peaufinée l’été, puis l’automne.

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ACTE II du livre Au Galop bleu de la Beauté

 

         Colorisgraphes : nous faire peintres, artistes

     Mettre en couleurs correspondantes les caractères des mots signifiant des couleurs… « Le ciel est, par-dessus le toit, / Si BLEU, si calme… » Mais encore faut-il choisir le bleu approprié : magenta ? roi ? de Prusse ? nuit ? céleste ? azzurro ? de Songe ? pour ces vers verlainiens et cellulaires… Pourquoi ne pas mettre en couleurs complémentaires des adjectifs de couleurs, par exemple en vert le mot rouge, en orange le mot bleu, voilà presque qui croirait expliquer une aventure de Tintin ou un poème d’Eluard…

    L’idée et la pratique seraient de passer du Noir et Blanc des Calligrammes à la couleur, à la multiplication des couleurs dans les mots, les vers, les phrases. Comme dans mon enfance des années 60 lorsque les couleurs sont apparues dans la petite lucarne ou comme pour un artiste est-allemand qui peignait exclusivement en noir et blanc avant de passer à la palette des couleurs après la chute du Mur de Berlin…

    Les mots et aussi les mots proches des sonorités des couleurs peuvent être colorisés : le mot bleu, le déterminant « le » mis en bleu, la syllabe « rou » en roux ou rouge, la syllabe « ver » et en « verlan » la syllabe « rev » en vert… « Dans ces meuBLEUS laqués, rideaux et daismoROSES… »… Des bandelettes de couleurs peuvent mettre en évidence []

    Les synesthésies à l’origine du sonnet des voyelles de Jean-Arthur Rimbaud peuvent donner lieu à des colorisations en adoptant par exemple le code couleurs de ce texte : A noir, I rouge, U vert, E blanc, O bleu… On peut en inventer d’autres notamment à partir du jeu des mots : A rose (arrose), E jaune (œufs jaunes), I vert (hiver), U bleu (hublot), O range (orange)… La première voyelle du vers peut commander alors sa couleur. Ou la prime voyelle d’un mot phare de ce vers ou de cette strophe ou du poème. Les consonnes aussi ont droit à vos couleurs ! À vos pinceaux de mots, de lettres, que ça chante – visuellement ! On peut faire des insertions de photographies à dominantes colorées dans un recueil, dans un poème, dans un vers…

     La connaissance de la symbolique des couleurs peut guider la colorisation des poèmes. En laissant place à l’ambivalence des sens : le rouge ainsi peut indiquer l’énergie, la violence, la force vitale, la passion, la révolte… Ainsi les couleurs peuvent donner un message à traduire, à ressentir, à vibrer… Les couleurs ne seront pas appliquées que par bandes en renforcement des horizontales des vers, des lignes, des strophes, elles pourront cerner des mots, entourer des phrases, des textes.

     Des couleurs et des mots des couleurs, les élémentaires, les complémentaires et toutes les teintes du merveilleux nuancier traduit dans la langue peuvent être employées pour écrire un texte ou le compléter en le farcissant de ces couleurs et de ces teintes. Telle prose des Exercices de style déployait une palette et visuelle et verbale avant que les textes voisins du même livre de Raymond Queneau ne se colorent d’autres sensations.

     Matisse peint, tout vert n’est pas alors pelouse, tout bleu n’est pas alors ciel, nous prévient-il. Mais ces couleurs sont aussi la vie et forment un plaisir pour les sens, un moment de bonheur chromique. Si je n’ai pas de bleu, alors je mets du rouge, dit le Picasso qui ne s’embarrasse pas de vérisme ou réalisme plat et qui selon Prévert comme en passant croquait la pomme des natures mortes. Vous pouvez comme s’employèrent ces peintres qu’on appela []

     Les couleurs me semblent surabondance de vie et il me semble aussi qu’on n’y prête guère attention en-dehors des galeries et des musées. Or je sais que la vie était déjà en abondance dans toutes ces photos en argentique où les jeux de noir et blanc avaient un extraordinaire nuancier pour rendre compte par la lumière en tous ses jeux et feux de la vie même : vie et beauté, vie et société, vie et joie de vivre, vie et soucis de la vie, de Nadar à Cartier-Bresson, de Brassaï et Ronis à mon cher banlieusard Robert Doisneau [] aujourd’hui la photographe Maya Angelsen de L’Haÿ-les-ROSES qui sait capter le vif en tous sentiments et sensations dans un cadre où elle semble commander aux lumières d’alentour et du ciel pour organiser ses compositions humanistes encore.

     Les livres, me direz-vous, les romans et les recueils, n’ont pas besoin de toutes ces couleurs, puisque les couleurs y sont évoquées, suggérées, travaillées par le philtre de nos consciences de lecteurs riches des sensations de toutes nos expériences. Que peut apporter alors une esquisse de Littérature en trois Dimensions, en cinq sens (et une cartographie reliant des lieux convoquant des couleurs : L’Haÿ-les-Roses, Fontenay-aux-Roses, Montrouge, Collonges-la-Rouge, Chemin Vert, Vert-Galant… pour des randonneurs peintres et poètes !) ? Ce qui rejoint la question de l’adaptation cinématographique des œuvres littéraires ou de leur mise en format de Bande Dessinée. C’est peut-être l’expérience supplémentaire que nous aussi nous sommes peintres. Peintres avec ou sans les mots, peintres sur les mots, peintres autour des mots, des lignes et des vers.

     Apollinaire par ses Calligrammes publiés lors de son ultime année sur Terre nous avait invités à nous faire dessinateurs poètes, quêteurs de la Beauté en traits et courbes, n’est-il pas temps de nous faire orphistes à tous sens, []

     Post Scriptum En cherchant le vers « Et moi aussi je suis peintre », du Corrège devant un tableau de Raphaël, j’apprends par ce soir caniculaire qu’Apollinaire sous l’appellation d’Idéogrammes lyriques prévoyait la parution de poèmes à colorier avec une souscription que la guerre renvoya aux calendes grecques. Et me revient un « Ut pictura poesis » d’Horace en son Art poétique que je vous propose en « Luth pictura poesis » en ou « Harpoéthique » pour des livres opératiques. Va-t-on retrouver des textes qui attesteront qu’Apollinaire, poète qui forgea le mot « surréalisme », poète des seuils et des siècles, a visualisé des photopoèmes, des poèmes cinémas, des poèmes vidéogrammes, des poèmes mondes, des poèmes sondes.

     Texte y345 à L’Haÿ-les-ROSES le 2 août 2018.  Complété pour une parenthèse et le PS le 6 et le 7.

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             Amorces apollinariennes des Collines

     1, 2, 3, 4…  Quarante-cinq amorces extraites des quarante-cinq quintils du poème « Les collines » dans Calligrammes. Ce sont les initiales de chaque strophe du poète. Pourriez prendre les finales de chaque strophe ou le mille de chaque strophe ou un éclat au hasard de chaque strophe. Invitation, incitation, excitation à « l’écrirelire ». Chaque amorce verbale – que je surnomme « Amourse » – comporte ici un, deux, trois ou quatre mots. Un, deux, trois, quatre en « écholoré » ou décoloré à la marche militaire. Ici c’est chemin de poésie. []

 

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Acte III

 

     Quelle est la couleur du Pont Mirabeau par galop bleu ?

 

A) Apollinaire et les poètes

 

ET – Journal de mes Et

 

« Chantre

 

Et l’unique cordeau des trompettes marines »

 

Poème monostique ou monostiche, Alcools

Et cet extraterrestre aux huit yeux généreux (16. 03. 1989 à 17 heures 3)

Et l’Ange avertissant la Muse dédaigneuse (16. 03. 1989 à 17 heures19)

Et le lièvre jaloux du galop d’un cheval (19. 03. 1989 à 10 heures 48)

Et le bateau mortel sans souci de l’escale (19. 03. 1989 à 11 heures)

Et le ciel plus profond qu’un puits allant au centre (22. 03. 1989 à 21 heures 56)

Et le rat effrayant l’éléphant innocent (22. 03. 1989 à 12 heures 02)

Et le piège des mots de cette blanche feuille (23. 03. 1989 à 10 heures 36)

Et le sable couvrant tout le corps du recueil (23. 03. 1989 à 10 heures 39) []

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     Une tournée d’adieux, quintils des Louchrostiches

L’amour est libre il n’est jamais soumis au sort
O Lou le mien est plus fort encor que la mort
Un cœur le mien te suit dans ton voyage au Nord

Voyage par le songe et que songe est la vie

      Et la vie un soleil une autre sphingerie

Lettres Envoie aussi des lettres ma chérie
On aime en recevoir dans notre artillerie
Une par jour au moins une au moins je t’en prie

Poème si tu veux prose alouette ton chant

      Envoie un baiser chaud qui parcoure le temps  []

    Acrostiches de Lou par Apollinaire 4 février 1915 in Poèmes à Lou,  2 vers pour quintils par « Lourent » 26 juillet 2018, notant pour un futur Malou, Filou, Gilou, Flous…

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Pétition :  LIBÉRONS IMMÉDIATEMENT APOLLINAIRE !

     Admirateur de l’œuvre comme de son regard sur le monde, un regard qui féconde tout l’avenir des 20e au 40e siècles, je lance aujourd’hui une pétition pour faire sortir le poète Guillaume Apollinaire de prison. Il est inadmissible dans une république de droit qu’un écrivain et ami des arts soit inquiété et incarcéré pour une affaire au mépris total de la présomption d’innocence et de la liberté d’expression, tout tient à un malentendu qui sera vite dissipé si on le laisse s’expliquer sans pression et si on se décide à faire avancer véritablement l’affaire en s’attaquant vraiment à qui mena ce malheureux forfait. L’Histoire et la Justice verront bien qu’il s’agit du contraire de l’art, puisqu’un Nationalisme revanchard a seul conduit un cambrioleur loin très loin d’une fantaisie de moustaches ou de calligrammes à fontaines poétiques.

      J’aurais volontiers demandé que le livre pourtant excellemment écrit et composé de Franck Balandier soit soumis à la censure : son Apo - à la suite ou façon d’un Raphaël Jerusalmy mettant en scène avec Les obus jouaient à pigeon vole le poète sur le front en mars 1916 sous son surnom de bateau-ivre Cointreau-whisky - a osé présenter les faits sous un jour falsifié et imputer le vol de la Joconde à deux compères braques, dont Guillaume, et on y est, on est à sa place, dans les couloirs et la nuit du musée par cet été onze et de fil en aiguille cela fait admettre la culpabilité de mon client, euh du grand poète, dont je vous dis qu’il n’a rien à voir avec cette histoire de vol d’un tableau du Seizième, quoi Auteuil, c’est dans le Seizième ? Je vous parle du siècle… Vous savez bien, vous savez tous, que notre Apollinaire est passionné d’art primitif ou d’art contemporain ou d’art à venir et nullement entiché des beautés d’une Renaissance dont il n’a que faire. Des statuettes africaines, oui, des toiles de Braque et Picasso pour ses murs cubistes, oui, mais le sourire de Mona Lisa, non, ce n’est pas sérieux, ce serait comme supposer qu’André Malraux a fait du trafic d’œuvres d’art dans sa jeunesse avant d’être ministre de la Culture.

     Finalement en lisant plus avant le « roman » de notre impertinent F.B., je m’aperçois qu’il œuvre par sa construction narrative élaborée d’une intelligence de chat à retomber sur ses pattes et que mon motif de censure s’évapore. Autre signe d’intelligence ou de précaution quand il nous engage d’emblée à « démêler le vrai du faux ». Je suis sensible aussi à votre argument de défense complète de la liberté d’expression littéraire et artistique. N’est-ce pas cependant de sa part une provocation alors que notre monde moderne et très précisément de la dernière contemporanéité souffre de la multiplication des « infox » et que la dernière salubrité publique est la vérification des faits en chasse indispensable pour l’établissement de la vérité, en supposant que le déterminant défini singulier soit le plus approprié. Hasard ou pas, vent qui arrivait ? j’ai composé naguère deux tomes très autobiographiques pour les Ailes des Châteaux où je jouais d’hypothèses fictives et parallèles sur ma vie où le lecteur pouvait opter ou pas pour la réalité d’une vie, mais deux autres tomes sont venus où je m’éloigne de mes petits secrets pour concevoir des fictions qui n’ajoutent pas des voiles de complexité aux personnes réelles du présent ou du passé.  []

     Et je me ressouviens que dans la fameuse chanson de mon enfance ou de l’enfance de la France, sur le Pont d’Avignon on y danse on y danse et que c’est une moitié de pont pourquoi moitié. Bon allez mon tragique disparaîtra demain, vous vous y êtes peut-être par imprégnation professionnelle en évoluant dans la sphère des grands compositeurs romantiques, notamment pour lesquels vous fîtes biographies saisissantes, mais aussi des divas et ténors magnifiques, et dans celle des personnages des opéras tragiques qui meurent à tour de bras dans le dernier acte (est-ce pour m’éloigner de la linéarité de biopics dessinant une frise de la vie à la mort en passant par ascension, acmé et déchéance, à m’accabler lecteur, spectateur ou vivant que je voulus bâtir pour conter mes jours de petits labyrinthes, des châteaux avec des ailes ?)

     Demain, demain, je me rappellerai que nous sommes dans le pays et la langue de Molière, le plus grand auteur de comédies et que je me suis fait photographier près de son buste dans la Roseraie de L’Haÿ, en tachant de renvoyer sa mort hors scène, loin des facéties et bons tours pour le quatrième mur ouvert, plus loin que ce jour où la grande Dame qui chantait « Respect » la Reine de la Soul vient de quitter la scène, en incipit d’article sur un destin historique et légendaire de grande chanteuse nous quittant par là-même. Demain, demain. Je reviendrai au bleu, sans plus de bleu à l’âme, au bleu de l’aventure des couleurs qui est celle de la vie même. []

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Eh toi Guillaume,

     et si tes quintils d’Alcools étaient comme de « pauvres mains » qu’agitent les feuillards ? Depuis lurette, j’avais reconnu dans ton Calligramme aux vers cordelettes de pluie « Il pleut » une féminine main gantée. Quintils strophes de cinq vers, strophes de cinq doigts, doigts longs de fées, de sorcières, de poètes, doigts horizontaux de la pluie. Et cinq doigts aussi dans les cinq rayons de l’autre calligramme pluvieux « Écoute s’il pleut écoute s’il pleut ».

     Oh mais tu as mis dans « Les collines » quarante-cinq quintils plus libres encore que ceux d’Alcools encore octosyllabiques mais s’affranchissant davantage du jeu des rimes et des assonances et tu évoques ces deux avions, l’un de ta jeunesse, l’autre de l’avenir, tu dis adieu à la jeunesse, à ta jeunesse, tu fais parler la prédiction et tu prends de la hauteur, hauteur d’avions, hauteur de vues, tu es peut-être le premier poète sur la Lune, sur Mars et sur Vénus, tu parles de nos zones urbaines, périurbaines, mais tu visites aussi les zones lointaines du cosmos, et ton z est aussi celui d’un zénith flamboyant, je me demande si tu t’es changé en étoile fixe ou mobile à nous regarder et parler encore, si tu es devenu toute une constellation, celle de tous les poètes et de toutes les poètes qui sont nés de toi, la pléiade des poètes modernes et anciens, chez qui tu as infusé tes rythmes, tes images, tes sortilèges, et par tes collines bleues, des mondes nouveaux, peut-être es-tu devenu un drone et que tu te promènes curieux de la vie et de ce qui advient.

     Dire que c’est seulement hier, après des mois d’avoir choisi pour titre de mon hommage au poème que tu fus, à l’œuvre dont nous naquîmes, Au Galop bleu de la Beauté d’après ce distique tien entendu un jeudi soir aux « Ricochets poétiques » « Le galop bleu des souvenances Traverse le lilas des yeux », lu par Maggie, Nicole ou Jean-François triumvirat d’animation pour rebonds du poème sur un thème à ce moment dévoilé et source de lectures et d’impromptus parmi les amis de la poésie et les poètes qui piaffent, d’avoir compris disais-je que ce bleu là était comme l’éclair du souvenir qui tout d’un coup affleure à la conscience et colore le regard plus intense de ce retour.

     C’est comme si la poésie – au galop, au galop –  était plus rapide que mon intellection et qu’il fallait du temps tous ces pétales des secondes tous ces aiguillons des minutes toutes ces heures parfumées tous ces jours foliés et défoliés pour que tes images Guillaume arrivent à leur dépliement et déploiement dans mes hémisphères. « Certains hommes sont des collines Qui s’élèvent d’entre les hommes » ce sont deux vers d’un quintil de guerre et tu repris l’image d’élévation où tu voyais cocasse, tragique, ironique, sincère, la modernité de la vieille église avec ce Christ qui monte au ciel comme les aviateurs, c’était dans « Zone » à l’entame de ton Alcools de 1913, avant la guerre, et tu disais ta lassitude du monde ancien, et c’était étrange vraiment d’aller chercher là hors de sa paille et de sa croix, hors du Livre et des lieux de pierres, l’homme Dieu, pour son ultime ascension terrestre et céleste et dans ton dernier livre, la guerre traversant, la guerre traversée, tu continues avec tes aviateurs, avec ton goût pour les objets volants, et tout ce qui monta au ciel et tout ce qui en tomba, pendant ces cinq années de guerre mondiale, avait le goût d’une conquête, d’une bataille épique, avec des dieux mêlés dans le ciel des aviateurs, []

     Les jardins de la guerre sont effroyables, tu les chantes, les décris, la terre est bleue comme une orange, au détour d’une strophe tu le dis avant Éluard, la terre est rouge comme une grenade et main ouverte tu la lances ou l’attrapes. André Salmon était ton ami, André Rouveyre était ton ami, tous les André ce sont les « hommes » sur le front, comme ton camarade René Dalize et qui n’en n’est pas revenu, qui n’est rené que dans la mémoire et dans l’exergue. Tu parles de Jason, d’Ulysse, des Grecs, déesses, d’un chat-huant, des fantassins, d’un brancardier et de son chien, d’un vigneron champenois, de la fable d’Icare volant et de l’histoire de Guillaume Apollinaire, que tu lègues à l’avenir page 124 dans des feux versicolores. Je te serre la main doucement ce quintil Et pendant que de l’autre en écris le roman.

             Ty374 dimanche 26 août 2018. 24 der syllabes ajoutées le 27.

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Retenez ce Guillaume et les guerres avec !

      Finalement Franck, c’est une bonne idée d’essayer d’inculper vraiment celui que tu appelles Apo au sujet du vol des statuettes et de la Joconde. Certes ça fait déjà une intrigue aux petits oignons et ça permettra peut-être, je dis bien peut-être, de nous le garder au frais plus que les trois jours qu’il conte dans son Alcools avec les pages « À la Santé ». Pages où le Guillaume pleure sur son sort d’avoir dû se présenter nu et hulule sur sa cellule. Le plan serait de lui éviter de partir au Front et d’éviter l’éclat qu’il y recevra, sur le front, en 1916, oh le poignant compte à rebours qu’en fait le Jerusalmy, à le relire je n’y ai pas vu la pâle et grise prose d’un journal de bord de tranchée de mon premier parcours car mon regard s’attardait aux haltes : des strophes superbes de Guillaume lui-même.

     C’est justement là que le bât blesse : cette beauté des vers de l’inventeur du mot surréaliste et pas seulement parce que toute prose en regard, fût-elle hyper-construite, fût-elle sensible, alerte, cocasse, vraie, me paraît d’une fadeur qui serait pas verlainienne et cause en moi un ennui qui n’a pas la qualité du spleen baudelairien et l’envie de fuir, là-bas fuir, au pays des steamers ou vers les terres abyssiniennes mais c’est que le splendide des strophes apollinariennes, le feu d’artifice lyrique et épique de ses poèmes de guerre, fait en même temps hélas valoir la guerre comme un terrain de jeux poétiques, pictural, artistique, un calligramme vivant et mortel, un opéra fantastique où les obus jouent à pigeon vole, où le ciel s’étoile de couleurs éclatantes, où tous les prosaïsmes terribles du combat et de sa préparation au jour la nuit, dans toutes ses directions et dans tous ses détails, écrasent l’art, l’esthétique, la vie, les vivants, les êtres humains qui dans cet écrasement terrible voient leur humanité vaciller et tomber tout autant que leurs corps. Et pourquoi c’est un problème aigu les vers superbes d’Apollinaire ? Oh c’est pas parce qu’il se montre patriote lui qui né à Rome est d’origine polonaise, et entend pour se faire reconnaître de la France, défendre son pays de l’attaque ennemie et le Blaise Cendrars perdra pour cette même reconnaissance et cette même défense un quintil de doigts sous le vent de la mort.

     C’est parce que ses strophes enfants de la catastrophe portent une fascination, haussent le prestige de la guerre qui menaçait d’avoir du plomb dans l’aile avec cet enlisement, avec cette « absurdie » des haines kilométriques en face à face – et bientôt les Dadaïstes, les Surréalistes et tant d’autres regroupements d’artistes en -istes vont vouloir déboulonner la guerre de son piédestal et y parviennent – presque, presque ! - et bien sûr tous les coups de boutoir de ces écrivains revenus du front et témoins fustigeant de Barbusse à Remarque, à Genevoix, montrant que d’être allés la fleur au fusil pour la Der des Der, faisait tomber de l’erreur entraînante à l’horreur entraînée. Oh retenez, retenons Apollinaire qu’il ne s’émerveille pas de la guerre, de cette guerre qui va l’atteindre mortellement, car il est arrivé épuisé sur l’autre front mortel de la grippe espagnole, retenez-le quelques années, sept années, sept années de douleurs, de longueurs, d’impatience, mais qu’il passe ces années de guerre et survive au moins, libéré et toujours génial poète, jusqu’à la Seconde Guerre…

      Texte y452 écrit dans le TGV entre Paris et Lorient le der de Vendémiaire 2018, pour « empêcher » que Guillaume Apollinaire ne meure de front et de grippe !

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    Retenez les guerres et ce Guillaume avec !

     Oh je pensais mieux vaut un poète emprisonné qu’un poète mort ! mais retirer la liberté au poète c’est le priver de sa poésie même, alors de mon souhait désespéré de changer le cours des choses, d’éviter une catastrophe, de sauver un poète du passé ! le sauver de la guerre et le sauver d’une grippe mortelle, afin qu’il prolonge son œuvre par-delà le terme fatal de ses trente-huit ans alors qu’il aurait gagné l’âge d’un Victor Hugo, passé le cap des deux guerres mondiales, et ne s’envole colombe ou aviateur au ciel que d’avoir abordé au rivage des années soixante, de mon souhait ridicule et vain, je fais l’abandon, par retour de la raison raisonnante à se parer du beau nom de lucidité.

     Libérez donc Apollinaire, libérons-le et qu’il reçoive, lieutenant sur le Front, son attestation qu’il est bien devenu Français, son acte de naturalisation, le soldat Moreau en a été témoin, au bois des Buttes par ce pli d’état-major, lui qui pour passer le temps et la vie fait des croquis, des croquis à foison, tiens comme M. Blanche, de la famille de l’humoriste comédien poète et de la famille aussi de Mister White que j’ai vu ce matin même traverser la Bièvre, soldat Moreau qui apprend yeux grands ouverts et oreilles idem de la bouche du lieutenant lettré ce qui se passe dans le Paris des écrivains et des artistes, tous amis comment c’est possible avec le poète qui lui a lu des lettres et des vers, et ce que je vous dis là, comment moi je le sais, de mon premier quart de siècle du siècle d’après ?  []

     Et dire que moi je me débats pour sauver un siècle après ce même poète et que mon dire est vain et que mon action ne peut rien par rapport à ce qui fut ou se déroula. Comme le dit le documentaire scientifique en dessin animé : Mais bon vous mourrez quand même. Et 1916 arriva vite dans l’Histoire d’Apollinaire et dans l’Histoire littéraire pour subir cet éclat d’obus avant sa mort, la dernière !, le neuf novembre 1918, deux jours avant le silence des armes et que des gens sur le Boulevard Saint-Germain criaient leur haine et leur bonheur.

     Texte y453  TGV entre Paris et Lorient le der de Vendémiaire 2018, par retour de « lucidité ».

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     Et sur la Toile :

    Le Blog du Verbe Poaimer, d’association de création poétique. La page ACROSTICHES, POEMES, JEUX, COURRIERS par temps de confinement Verbe Poaimer, lors de ce printemps 2020, fait partie des blogs les plus populaires sur Canalblog catégorie « Littérature et Poésie ».

     Le Blog de Monsieur Dyrek, de productions d’élèves (240 000 visites depuis création)

      Le Blog Les Jours, les Vers et les Années, Le Filateur littéraire, la Fausse lettre, le Feu de bois sec, la Fable en prose high-tech par Desvoux-D'Yrek un jour de mai, Publié le : 7 mai 2020 00:20:36 par Desvoux | Littérature et Poésie, un article cité, concernant un courrier attribué récemment à Madame de Sévigné et révélé comme pastiche.

 

laurentdesvoux.canalblog.com/archives/2020/05/04/38259261.html

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Facebook de Laurent Desvoux-D’Yrek avec les 4 pages :

    « Photos d’Alexandrins et légendes en vers », alexandrins urbains tous azimuts !

    « Les Ailes des Châteaux, un OVNI littéraire », proses labyrinthiques de Laurent 3D

et la page qui relaiera vos réactions à ce livre de Galop :

    « Au Galop Bleu des Citations à couleurs toutes » ! avec photos et textes mettant en avant la réalité colorée du monde.         

    « Qui a créé le Bateau-Ville ? notre enquête… », participez à l’enquête sur le monument de bois qui fut au Café de la Gare dans les années 70 et maintenant s’ancre à l’Auditorium Dispan de Floran. Et laissez-vous inspirer par le thème en poèmes, récits et dessins !

 

Contacts d’adresses électroniques : monsieurdyrek@yahoo.fr   avpoaimer@yahoo.fr 

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QUINTILS POUR LE PREMIER

CENTENAIRE D’ALCOOLS  de 1913 à 2013

 

Ta poésie Alcools 100 ans toujours au temps

 

Alcools de Guillaume Apollinaire, livre publié en 1913

- comportant laisses de quintils à magie poétique décisive.

 

01) QUINTILS AUX LIMINAIRES D’APOLLINAIRE (2013)

 

Dirait qu’

On dirait que le vent dit des

Phrases latines cum libris

Alexandrins que je scindais

Pour faire taire leur hybris

Leurs grands cous de Jérimadeth

 

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Retour

De douloureux et de joyeux

Voyages retour à Lutèce

Ton rêve de verre était bleu

Et tu chantais des mots qui est-ce

Par l’étincelle d’un Orfeu ?    []

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13) QUINTILS CALLIPORTRAITS DIX-HUIT (2018)

 

Bonhomme

     Un gros bonhomme Qui me dit / Que peut-on trouver dans ton livre ? / La question serait plutôt qui ? / C’est la réponse encore à suivre / Dans un escalier de la vie

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Painvin

     Vois-tu le personnage maigre / Et sauvage que tu devins ? / Cet échange devint vinaigre / Oh partageons le pain, le vin / Tout en chantant des allègres !

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    Pour se procurer :

AU GALOP BLEU DE LA BEAUTÉ

 

- CES « QUINTILÈNES »

 

     par Laurent Desvoux-D’Yrek, sur le pont pour éclairer la magie des quintils, des strophes, des vers et des poèmes d’Apollinaire.Préface de Jean-François Blavin, animateur des « Ricochets poétiques » et de « La Cave à poèmes ».

 

Éditions Unicité

Livre de 250 pages de poèmes et proses, de réflexions sur la poésie, de propositions d’écriture dans l’allant et l’élan du poète Apollinaire, d’analyse de ses poèmes, de ses strophes, quintils d’Alcools ou calligrammes. 14 pages de photographies en couleurs

A commander directement sur le site des Editions :

http://www.editions-unicite.fr/poesie.php

  ou dans les librairies « L’Instant » (118 rue de Lourmel) et « Dialogue » (rue de la Convention)

     Personnellement pour aider la maison d'édition et une librairie, en délicate situation avec la situation de confinement qui a duré 55 jours,  j'ai commandé six ouvrages de poésie du fonds d'Unicité... et il y a de la Diversité ! (je vous en reparlerai une fois les livres reçus et lus !)

    ou auprès de l’auteur apollinarophile,

    avec votre dédicace personnalisée :

Laurent Desvoux-D’Yrek, Association Le Verbe Poaimer,

Moulin de la Bièvre, 73 Avenue Larroumès 94 240 L’Haÿ-les-Roses

Exemplaire à 18 , chèque à l’ordre du Verbe Poaimer (dont participation de 2 aux frais postaux)

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06 mai 2020

Le Filateur littéraire, la Fausse lettre, le Feu de bois sec, la Fable en prose high-tech par Desvoux-D'Yrek un jour de mai

Le Filateur littéraire, la Fausse lettre, le Feu de bois sec, la Fable en prose aïl-teck

 

     Une enquête de Laurent Desvoux-D’Yrek qui lorsqu’il était jeune voulait être « Filateur littéraire » et occasion à iceluy donnée de vivre ce voeu de jeunesse par un dimanche matin de mai Vingt Vingt à réception matinale d’un texte diffusé récemment ainsi en maints endroits numériques avec ces vingt-deux termes d’accroche: « En des circonstances similaires à ce que nous vivons, voici ce que Madame de Sévigné écrivait à sa fille Madame de Grignan », puis la dite lettre attribuée à la grande épistolière, écrite à la va-vite, - par qui et au fond qu’importe ? - propagée comme « feu de bois sec » sur la Toile.

    Bonjour chers lecteurs-auteurs-documentalistes d’aujourd’hui et de demain ! voici quelques éléments de mon enquête concernant un texte -  que j’ai vu afficher en articles sur maints sites d’Internet, relayé dans les courriels, car maints sites proposent depuis plusieurs semaines du confinement en cours, le géant confinement à nos réduits, des bibliographies de livres du passé nous aidant à vivre ce temps propice à rendre visite à des auteurs, connus, méconnus ou inconnus. Ainsi, rapidement, Les Pensées de Pascal furent réquisitionnées pour rappel contre le sempiternel « divertissement » qu’est notre vie avec notre malheur de ne savoir pas rester dans notre chambre. Le Voyage autour de ma chambre fut cité aussi abondamment pour son titre et son principe actif malgré tout. C’est un vrai bonheur de lecture et de réflexion que de lire ses chapitres d’une quarantaine italienne à la fin du 18e siècle, d’un jeune Comte instruit aux arts et aux lettres, qui fait de sa contrainte un lieu pour inventer, expérimenter, avant adoption éventuelle par les lecteurs et avant la reprise de ses « affaires » sérieuses dans le monde d’après, un Xavier de Maistre, qui disparaît et apparaît pour nous finalement - en passant la porte. Bonheur aussi de relire la fable de La Fontaine, « Les Animaux malades de la Peste »  et de ce qui arriva à l’âne qui avait concédé avoir brouté un petit carré d’herbe – à me ressouvenir d’un René Girard dont  le regretté Roland F. venait nous parler, avec gâteau et guitare, des heures durant dans la vieille maison.  Et le livre La Peste de Camus, que je n’ai pas relu ni lu, même après la tentation récente après une invitation aux téléspectateurs de « La Grande Librairie » de s’associer à une lecture collective des aventures sanitaires et humaines du docteur Rieux, sinon par extraits et sourit en moi cependant la moquerie vis-à-vis de l’écrivain Grand, écrivain-personnage qui écrit et réécrit sempiternellement la première phrase de son roman, sans pouvoir aller outre ! – que je n’ai lu peut-être de savoir depuis toujours que ma grand-mère Léa - la sœur de la délicieuse Denise vue des années aux réunions de famille à Saint-Denis chez Denise et René ! - était morte de cette peste dans la ville même d’Oran en 1942…

      Et quels riches moments de culture que nous apportent depuis nombre d’années des émissions établissant un pont entre les périodes, de « Concordance des temps » de Jean-Noël Jeanneney à la radio – depuis 1999 !, à celles en divers médias de Xavier Mauduit ou Thomas Snegaroff, et dans ma jeunesse, encore, les jours et années avec « Histoire parallèle » de Marc Ferro qui entre 1989 au début du XXIe siècle, invita des personnalités de l’Histoire et de la Culture pour commenter des actualités… d’un demi-siècle auparavant !

    Alors, quand cette lettre de Mme de Sévigné est arrivée, à ma connaissance ce matin vers neuf heures et pour d’autres depuis plusieurs jours, ce fut comme une pièce littéraire à ajouter à ce qui peut nous réconforter à venir du fin fond et fonds de l’Histoire et de l’Histoire des Lettres, et cette lettre sait trouver en nous les éléments d’évidence, de connaissance que notre culture générale peut conserver du siècle de Molière et du Roi Soleil, - son conseiller Mazarin qui servit aussi Louis XIII, le nom familier de Vatel, célèbre cuisinier, seul nom du siècle en question passé jusqu’aux replis de nos mémoires, qui illustra l’art culinaire jusque dans sa perfection et de penser faire vivre une imperfection lors d’un repas au roi lui fit quitter ses tables et la vie – oh la performance d’acteur de Gérard Depardieu dans le film éponyme -, l’évocation de Versailles, château, galerie ou jardins, des amis des Lettres françaises Madame de Lafayette et La Fontaine, avec son fameux long poème cité et re-cité, les amis proches comme elle du Fouquet libéral en son château de Vaux-Le-Vicomte, dont les carpes, si elles parlaient, pourraient nous en conter ! Et dans le parallèle, la concordance, la proposition des masques, le fait que le roi et son principal demandent de rester chez soi…     

     Alors tout cela me semblait non pas trop beau, mais à coïncider trop exactement avec tous les éléments attendus d’une concordance idéale, à flatter d’abord en nous, notre culture d’honnête homme ou femme du XXIe siècle, mais justement, le fait que cela correspond trop aux attendus a fait naître en moi une gêne et sa suite le doute sur l’authenticité de ce texte. Il se trouve qu’hier même sur le site Gallica, ouvrant au monde des curieux et des passionnés les archives lettrées, trésors offerts et partagés, j’ai parcouru avec grand plaisir Le Voyage autour de ma chambre, afin d’aller plus loin que le titre battu et rebattu, et j’ai puisé nombre de quadrisyllabes pour compléter des vers de prose de mon « Journalex des confins », tenu depuis début avril.

     Ce qui me marque en effet à chaque fois quand je me plonge dans une œuvre d’envergure d’un auteur des anciens siècles et même des siècles classiques, c’est la somme des données qu’on peut y rencontrer et qui apportent comme une opacité, une étrangeté, un aspect estrambotique, qui pourrait nous jeter dans plusieurs dictionnaires, manuels et encyclopédies si l’on voulait en saisir tout le feuilleté des évocations. Et j’étais servi avec le texte de Xavier de Maistre, sur la version de vieux livre françois « imprimé de la rue du bacq » de la Bibliothèque de France, de détails d’orthographe : je m’aperçois que « j’apperçois » y prend à chaque fois un doublement de p à des éléments foisonnants du vocabulaire aux personnages des tableaux commentés par un jeune homme cultivé, sachant profiter du lieu de quarantaine pour en explorer et quasiment épuiser toutes les ressources d’évasion par descriptions et imagination… Quelques années plus tôt j’avais fait la rencontre de chair, de page et de peau du premier texte composé en alexandrins dans notre langue et je découvris tout un monde, alors que Le Roman d’Alexandre est réduit dans les études littéraires à l’énoncé en six syllabes de son « titre » de gloire d’ouvrir la série des poèmes et pièces avec notre grand vers. Or le texte, celui qui est présenté comme étant de Madame de Sévigné, est maigrelet, étique, une peau de chagrin, un espace de texte où l’on ne voit que du connu, sans aucune épaisseur, qui soit rêche ou piquant pour notre savoir généraliste… C’est cela qui m’a gêné, trop de conformité à notre désir et à nos attentes et s’y calquant. Nicole qui m’avait envoyé le texte en relais, - je l’avais remerciée peu de jours auparavant de ses nombreux textes utiles qu’elle relayait en cette période de confinement, à qualité de littérature ou de points de vue sur notre époque – et une confiance s’était installée, allait peut-être endormir mon esprit critique – demande, quand je lui fais part de mon doute et de mes premières découvertes : Vatel mort seize ans avant son retour de service ! Et ce jeudi 30 avril 1687 qui n’a jamais existé – on peut consulter aisément tous les calendriers de notre longue Histoire (avec la conscience que les auteurs aussi peuvent commettre des erreurs dans ces notations de dates ou s’ils n’entendent faire sens par ces décalages temporels) ! Je puis ajouter, comme vous, en ouvrant un dictionnaire que Mazarin mort depuis vingt-six ans aurait eu du mal à organiser quoi que ce soit pour la gestion de la Peste gagnant les rues de Paris ! Et les villes concernées au début des XVIIe et XVIIIe siècles par la Peste étaient essentiellement des villes au sud de la France, Le Hussard sur le toit de Jean Giono contant avec effroi et netteté les ravages en Provence par le choléra, autre terrible épidémie au début du XIXe. Il m’a suffi de relire la Madame de Sévigné de mes lectures de manuels scolaires pour retrouver la saveur littéraire et familière, l’extraordinaire style de la Dame de Lettres, avec force détails qui sont comme des punctums qu’envoie le réel sur nos consciences de lecteurs à des siècles de distance. Je prends le mot « punctum » chez Roland Barthes, avec son ultime Chambre Claire, distinguant le Studium thème général traité par une photographie et le Punctum, le point, point d’une réalité qui détourne du Studium et accroche cependant le regard…

     Vous comprendrez davantage ce que je veux vous faire ressentir en lisant la lettre davantage « relation » selon elle-même de qui arriva à Vatel à Vaux-le-Vicomte, à la réception du Roi par le Prince de Condé au château de Chantilly. Cela fourmille de noms non passés à postérité de Moreuil à Gourville et d’évocations précises les « charges des marées », le « lieu tapissé de jonquilles », le « petit pourvoyeur » et même ce château de Chantilly : mon esprit avait remplacé ce nom par celui de Vaux-Le-Vicomte…, un demi cultivé d’Histoire comme moi va jusqu’à être familiarisé pour sa connaissance du grand siècle des châteaux de Fouquet et de Louis XIV – ah les préfaces des recueils de fables de La Fontaine, ah le feuilleton de mon enfance tourné pour partie à Vincennes où mon père François D. incarnait Louis XVI, revu récemment pour une image à Varennes dans un documentaire rediffusé de Ferrand l’historien consacré à Nostradamus, ah le téléfilm Le Roi, l’Ecureuil et la Couleuvre, réalisé par Laurent avec les acteurs Thierry et Lorànt et renvoie Chantilly à des promenades de Nerval au 19e siècle… et de constructions syntaxiques qui sortent du cadre des recommandations de Boileau ou de Vaugelas « Il ne savait pas que Vatel avait envoyé à tous les ports de mer. » ou de ce que je peux en percevoir. Et j’y vois ou entends davantage la vivacité des répliques sur scène d’un Molière qui sait nous parler à nous, encore à nous de notre siècle présent. Donc, pardon, Nicole demande en retour de ma lettre matinale, si l’on a alors affaire à un pastiche ou « une fake news. Par les temps qui courent ». Alors « infox » ? « pastiche » ?

    Je penche pour un « pastiche », peut-être objet d’un exercice d’atelier d’écriture, un « exercice de style », rapidement exécuté (pas assez documenté dans les recherches sur l’époque et sa réalisation pour résister longtemps à une analyse en authenticité) un travail en téléenseignement auprès de lycéens ou d’étudiants, à distance donc par temps de confinement, et transformé – par son auteur ? par son commanditaire ? « à l’insu du plein gré » de son auteur même ? en « infox » dont l’objectif serait de tester « à grande échelle » les capacités ou volontés de vérification de faits et de textes des internautes, des citoyens, de tous les citoyens, experts et non experts, dont la garde ne doit pas baisser, dont la rigueur ne doit pas abdiquer face aux informations reçues à foison, chacun, comme citoyen informé, doit mener une pratique je dirai de documentaliste, un des rôles pivots de nos temps de mondialisation, à l’égard des textes à lire, avant tout relai. La vérification des éléments de base ne requiert pas à chaque fois une expertise d’Historien spécialiste de Lettres des siècles concernés.  La preuve avec les mots attribués à Madame de S.  Hier même, je recevais, d’une collégienne du XXe siècle, du collège La Fontaine, mon collège des années 70, deux fichiers, l’un par rapport une information sanitaire, l’autre rappelant « les trois tamis » socratiques de la vérité, de la bonté et de l’utilité, à contrer la diffusion des rumeurs ou des infox, ces animaux numériques ne sont-ils pas les plus rapides du monde, davantage qu’écureuils, couleuvres, lions, guépards, panthères, aigles, vautours, autours et dauphins (et les chauves-souris, ajouté-je alors que je viens de fermer un volet nocturne et d’en apercevoir, et que ces animaux sont une catégorie des animaux transmetteurs de fatals virus !) ?

    Et je penche je parie d’autant plus pour un pastiche à virer infox, dans le meilleur des cas, infox test, que sur un réseau social à la lettre F comme ma présente Fable, récemment, un poète et essayiste que j’estime a été victime d’une création de personnage de papier que son auteur faisait passer pour réelle et dont la mort par le covid-19 lui a causé une peine, il en a témoigné, puis une colère, il en a témoigné aussi, affecté, remonté d’apprendre que cette personne ni vivante ni morte n’était guère qu’un masque fictif et de s’être fait berner et quand, sur le même réseau, un écrivain a fait circuler une vidéo d’un ami à lui avec une chanson composée juste avant sa disparition du même covid-19, et cet ami finalement ne sera qu’une création de cet écrivain pestant contre ceux qui ne vont pas jusqu’à écouter jusqu’au terme les vidéos avant de relayer, commenter, participer au grand jeu des remuements de l’actualité, de façon moutonnière. Je n’ai guère réagi lors de ces deux épisodes récents car si je comprenais la démarche des testeurs numériques désabusés et voulant désabuser autrui, je n’en trouvais pas le procédé sympathique, ni affable. Mais un rappel de piqure comme dans ce film de Verneuil – dans ma mémoire je l’avais attribué à Costa-Gavras ! - avec Yves Montand dont il est proposé au personnage de visualiser une expérience psychologique alors qu’il en est aussi sujet et objet, d’un test pour tester nos capacités à résister à devenir nous mêmes des bourreaux ou leurs associés passifs.

     Et j’ai pensé à la possibilité d’un pastiche, d’autant plus que j’ai composé un ensemble « L’Espace en nos hublots » avec une bibliographie pour passer ce temps de confinement avec des livres sur l’Espace, vaste ou réduit, des œuvres qui me marquèrent (j’entends sur France-télévision ce soir de trois quarts lune Cyrano masqué, costumé pour passer le temps du gêneur De Guiche – le temps qu’une cérémonie de mariage s’accomplisse – énoncer six moyens plus un de s’envoler vers l’Espace et l’écho aux sept points de conseils d’un spationaute émérite pour le confinement et les sept planètes que visita le Petit Prince…), bibliographie enrichie par des amis et collègues, liste de « conseils de lectures » - qui n’y pourrait participer au moins pour un titre ? - complétée par des « idées d’écriture » : les personnages de ces œuvres reviennent dans le Paris d’aujourd’hui et font part de leur étonnement, de leurs découvertes, de leurs rencontres dans un espace comme désinvesti des confinés… et j’exprime le désir, de plus en plus conscientisé, en lisant et en écrivant, de recevoir des récits de fantaisie où l’amusement, le saut de l’imagination, les pirouettes de l’invention, du choc amusé au choc de l’humour, de l’absurde, des possibles impossibles où les pastiches soient assumés et dépassés, où le lecteur n’est pas piégé, manipulé, moqué, trahi dans sa confiance, testé dans sa capacité à refuser le message qu’il reçoit, pour une leçon sèchement livrée, avec des faussetés transmises, véhiculées, révélées en tant que simulacres, éclairées avec des torches saisissantes au prix de victimes, autant les dupes que les dupés, les donneurs de leçons en deux temps, les preneurs de leçons qui prennent un coup à l’ego de leur lucidité, de leur vigilance, de leur attention et de l’exercice de leur intelligence critique, prise à défaut aux yeux du monde, la communication virale d’un feu dans le bois sec sec sec et c’est Notre-Dame qui brûle par sa charpente et c’est la planète aux feux du réchauffement climatique et de l’exploitation des ressources des sous-sols et des forêts, tous ces poumons du monde à suffoquer… -  mais, dans un jeu à trois et davantage, qui ne soit la solitude de l’écriture, la plume sous la lampe, qui ne soit la solitude de la lecture, les lunettes sous la lampe, un lecteur, un lecteur camarade, un lecteur aussi de ce qui fut et qui devient auteur en entrant dans la danse des mots et évocations un lecteur qui fasse partie de la « partie littéraire », du cercle des poètes ou du carré des écrivains, avec les connivences partagées, les clins d’œil par des anachronismes cocasses et des références touzazimuts, dans les traits d’un Uderzo ou les phylactères d’un Goscinny pour établir un parallélisme des époques gallo-romaines et pompido-degaulliennes qui fasse sourire et réfléchir - dans un jeu qui associe lecture et écriture, jeux de mots, d’expressions, des langues et des histoires se croisant ou se télescopant, souvenirs littéraires englobant aussi les BD et les films, et projections fantastiques et souriantes, satiriques et humoristiques.

     « Je suis mon cher ami très heureux de te voir » et de formuler pour toi, pour moi, pour nous, ou du moins d’en faire tentative, mon projet venu au fil de ces mots nés d’une sensation au contact d’un texte reçu ce matin. Mon but n’est pas tant de résoudre l’enquête à la manière d’un roman policier où le policier serait aussi juge d’un auteur de forfait que de me saisir au long de ce long jour printanier, de cet apologue à se construire selon les trois règles classiques, du lieu imparti, du temps défini, le jour bornoyé, la durée d’un seul jour, d’une journée, un laps ! et de l’action, d’une définition de ce que je cherche à partager dans mes vers et mes phrases, dans mes propositions de pages et de jeux aux enjeux qui ne soient ni plombant ni surplombant, mais qui ont quand même à être considérés avec quelque attention, sans que la fantaisie du ton ou des expressions ne soit prétexte à leur dénuer tout intérêt, avec un oui c’est sympa ce que vous faites mais bon, il y a des choses plus sérieuses à considérer. « Comment pouvez-vous lire à présent ? il fait nuit ! », vient de demander Roxane dans la petite lucarne qui clignote encore à bientôt minuit et je clos, dernier rideau rouge, cette journée qui commença par la lecture d’un courriel, passa par des recherches sur la Toile, des livres ouverts depuis nos rayons garnissant nos murs, par l’écriture de lettres courriels et arrive à la défense et illustration d’un mode d’écritures oserais-je bienveillantes, lucides et ludiques, s’appuyant sur notre Littérature universelle - notre culture voyageuse d’art en arts, par espaces, temps, langues, civilisations - dans laquelle nos esprits, trouvent évasion, réflexion, pierres verbales, rêves, rêveries, pierreries, ricochets, pensées, forge, offrandes pour faire demain. Et chemin plus loin. Avec déjà le regret des « jouissances imaginaires », et un appel, le « besoin de l’air et du ciel » qu’une « puissance secrette » fait ressentir, à la fin de la quarantaine, la porte s’ouvrant, l’escalier, la rue, les rues du monde…

 

     Cordipoeti et milrécits Laurent Desvoux-D’Yrek entre colline et vallée en milieu urbain, au printemps atteint du cinquième du Vingt-et-unième siècle, le lundi 4 mai 2020, puisque minuit est passé de quelques minutes, puisque minuit est passé d’une heure cinquante-neuf à relectures, compléments et peaufinages. Avant reprises du texte et ajout du titre général, avant 9 heures.

 

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     Merci Nicole ! je viens de passer une heure pour tenter de retrouver ce texte de Madame de Sévigné sur Gallica BNF et autre. Vainement pour le moment et c’est pour moi un dédale encore que le site de la Bibliothèque Nationale, je manque d’exercices numériques. Une note d'un tome de 1687 précise que jusqu'en septembre 1687 l'auteure n'écrit pas à sa fille puisque toutes deux se trouvent à Paris. Ce qui m'intrigue surtout : beaucoup d'éléments rassemblés, concentrés, comme en décalque, en exercice de style de rapprochements avec notre époque en peu de mots et d'éléments de l'époque parmi ceux qui sont passés à la postérité auprès de "l'honnête citoyen du XXIe siècle" : Vatel, Corneille (sa pièce jouée quelques années auparavant ?), la fable citée de La Fontaine...

     Sur le Net je ne vois pas de mentions anciennes de ce texte bifocal de deux temps et sur les calendriers de 1687 le jeudi 30 avril n'existe pas ! (il s'agit soit du mercredi 30 avril soit du jeudi premier mai). Mais cela n'est pas décisif, une erreur de datation est toujours possible, soit par l'auteur, soit en retranscription. Peux-tu partir à la chasse à ce texte, peut-être dans un volume en support papier des Lettres de ta bibliothèque ? en tant que "filateur littéraire", c'est le premier métier que j'envisageai, vers... 1987 et la filature je sais que tu t'y intéresses en tisserande de nos Lettres vives !


    Cordipop et arti Laurent Desvoux-D'Yrek ce dimanche 3 mai 2020 au matin.

 

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     Ah ce Vatel et ces charges de marée, c’est terrible, Nicole, et je viens d’ouïr un fatal alexandrin  : « je sais que le rôti a manqué à deux tables ». 11h08 puis 11h16 : je viens de regarder les dates de vie et mort du grand cuisinier royal Vatel… disparu en avril 1671… de la manière que l’on sait, contée on pourrait dire, par le menu, par une fameuse épistolière, Madame de Sévigné ! :

     De Mme de Sévigné à Mme de Grignan. « À Paris, dimanche 26 avril 167I. Il est dimanche 26 avril ; cette lettre ne partira que mercredi ; mais ce n’est pas une lettre, c’est une relation que Moreuil vient de me faire, à votre intention, de ce qui s’est passé à Chantilly touchant Vatel. Je vous écrivis vendredi qu’il s’était poignardé ; voici l’affaire en détail : Le roi arriva le jeudi au soir ; la promenade, la collation dans un lieu tapissé de jonquilles, tout cela fut à souhait. On soupa, il y eut quelques tables où le rôti manqua, à cause de plusieurs dîners à quoi l’on ne s’était point attendu ; cela saisit Vatel, il dit plusieurs fois : Je suis perdu d’honneur ; voici un affront que je ne supporterai pas. Il dit à Gourville : La tête me tourne, il y a douze nuits que je n’ai dormi ; aidez-moi à donner des ordres. Gourville le soulagea en ce qu’il put. Le rôti qui avait manqué, non pas à la table du roi, mais aux vingt-cinquièmes, lui revenait toujours à l’esprit. Gourville le dit à M. le Prince. M. le Prince alla jusque dans la chambre de Vatel, et lui dit : « Vatel, tout va bien ; rien n’était si beau que le souper du roi. » Il répondit : « Monseigneur, votre bonté m’achève ; je sais que le rôti a manqué à deux tables. » « Point du tout, dit M. le Prince ; ne vous fâchez point : tout va bien. » Minuit vint, le feu d’artifice ne réussit pas, il fut couvert d’un nuage ; il coûtait seize mille francs. À quatre heures du matin, Vatel s’en va partout, il trouve tout endormi, il rencontre un petit pourvoyeur qui lui apportait seulement deux charges de marée ; il lui demande : Est-ce là tout ? Oui, monsieur. Il ne savait pas que Vatel avait envoyé à tous les ports de mer. Vatel attend quelque temps ; les autres pourvoyeurs ne vinrent point ; sa tête s’échauffait, il crut qu’il n’aurait point d’autre marée ; il trouva Gourville, il lui dit : Monsieur, je ne survivrai pointa cet affront-ci. Gourville se moqua de lui.;…»  

     Lettres choisies Texte établi par Suard, Firmin Didot, 1846 (p. 120-122). Wikisource.

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    « Jeudi, le 30ème d'avril de 1687

      "Surtout, ma chère enfant, ne venez point à Paris ! Plus personne ne sort de peur de voir ce fléau s’abattre sur nous, il se propage comme un feu de bois sec. Le roi et Mazarin nous confinent tous dans nos appartements. 

Monsieur Vatel, qui reçoit ses charges de marée, pourvoie à nos repas qu'il nous fait livrer, Cela m’attriste, je me réjouissais d’aller assister aux prochaines représentations d’une comédie de Monsieur Corneille "Le Menteur", dont on dit le plus grand bien. Nous nous ennuyons un peu et je ne peux plus vous narrer les dernières intrigues à la Cour, ni les dernières tenues à la mode. Heureusement, je vois discrètement ma chère amie, Marie-Madeleine de Lafayette, nous nous régalons avec les Fables de Monsieur de La Fontaine, dont celle, très à propos, « Les animaux malades de la peste » ! « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés»". Je vous envoie deux drôles de masques ; c’est la grand'mode. tout le monde en porte à Versailles. C’est un joli air de propreté, qui empêche de se contaminer, Je vous embrasse, ma bonne, ainsi que Pauline. »

     Lettre de fantaisie qui s’est propagée comme « feu de bois sec » sur les réseaux et les blogs, présentée comme une véritable lettre de la grande épistolière Madame de Sévigné. Or moi qui apprécie la fantaisie, je trouvais que cette lettre en manquait, soit de la part de la maman de Madame de Grignan dont le style est plus nourri de mille détails, soit de la part de l’auteur de ce pastiche, assez plat, manquant de sel et poivre, peut-être parce que j’aime bien la folie et l’humour, difficilement possibles finalement dans un pastiche. La fantaisie y serait peut-être dans l’évocation en abîme de la pièce « Le Menteur », jouée quarante années plus tôt. Mon « enquête littéraire » est passée d’abord par la recherche d’une éventuelle locution pittoresque « comme un feu de bois sec » et je suis arrivé dans un poème de « Cochonfucius », poète contemporain très artiste et « un grand roman inédit » Les erreurs de M. Rosic, policier, récit feuilletonnesque de Rodolophe Bringer : 1er épisode L’héritage sanglant « Un homme s’approcha vêtu de bleu sombre et portant une casquette verdâtre où était brodé le cor de chasse ; c’était un grand diable, sec et basané, porteur d’une petite barbe courte, grisonnante, et dont les yeux, sous les arcades sourcilières profondes comme un feu de bois sec : - Brogadier forestier Favenot !... fit-il en portant la main à son képi. » La vie littéraire et artistique mardi 29 mars 1927. Ne m’égarais-je pas ainsi dans ces pages de la grande forêt des arbres-textes de la grande Toile des mots du monde, des vifs et morts du monde…

     Bon bon bond tout cela ne dit pas - et est-ce l’essentiel de trouver le baudet, le baudet c’est chacun de nous prompt à suivre à prendre feu et flamme pour la dernière info qui séduit d’une matière ou d’une outre - qui sortira du bois sec sec sec d’avoir écrit cette fausse lettre fausse fausse fausse diffusée sans vérification et le Filateur littéraire va faire une pause déjeuner, sachant que filer les mots du vrai n’est point chose aisée et que démêler le vrai du faux, le ludique de la falsification, le mensonge de la fiction, la fantaisie de bon aloi de la supercherie anodine ou toxique, l’usurpation d’identité des récits qui nous fondent, fait rencontrer bien des embarras de Paris et des routes de France et du monde, bien des embûches, des bûches, des trappes, des chausse-trapes, des erreurs, des approximations, des relais trop rapides qui courent la poste et bien plus vite que la poste… ; nous allons nous faire livrer, depuis la rue Watel Watel Watel à L’Haÿ-les-Roses, près de la Roseraie, une Soupe de Poissons rouges et une Omelette au sucre, apportées par la petite entreprise Les Jean-Quelque-Chose, mais bon c’est déjà d’autres histoires.

 

+PMirabeau9nov19phLDbatosoleilPhoto L3D56 du 9 novembre 2019 sur le Pont Mirabeau.

      Cordipop artisti et milrécits Laurent Desvoux-D’Yrek ce dimanche 3 mai 2020, autour de midi, à L’Haÿ-les-Roses en bord de Bièvre, rivière confinée qui s’en va vers la Seine, qui s’en va vers la mer aux marées…

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20 avril 2020

Et quel est cet auteur qui a au moins cent ans - mort ou vif ? avec ses assonances de courage !

La laisse assonancée du Vingt Avril Vingt Vingt

 Cadou et co phLD31mars19

Des alexandrins de prose que j'ai prélevés dans des titres

Et débuts d’articles de presse ce lundi 20 avril 2020,

Par cet étrange temps de nos confinements,

Syllabes en ajouts à partir de titres ou de fins de vers

D’un poète centenaire mort ou vif

Et pratiquant l’assonance à tout va.

  Pour sa terre natale, son ami Max,

    pour la chambre "encombrée De rivières sauvages"

      pour Hélène son amour capital, 

        pour les reprises du courage.

En Colombie les chiffons rouges de la faim dans la table

Faut-il rouvrir les librairies en Italie ? ton visage

Ce laboratoire chinois pointé du doigt ? mon dernier voyage

Passer sa vie en quarantaine sur une île pouvoir être sage

Comment l’virus chamboule la démocratie Je m’évade

 

C : « Nous sommes tous devenus amérindiens ! » de quelques larmes

Pour « sécuriser la liquidité du groupe » châteaux de sable

Soixante-dix pour cent garantis par l’Etat retour de flamme

L’homme et les animaux sauvages une histoire emporté les arbres

Une princesse saoudienne prisonnière arrête ce qui part

 

G. l’homme qui avait prédit la pandémie il y a quelque part

Trump an IV l’insurgé de la Maison Blanche ma vie sur les bras

Souvent souffler sur les braises de la discorde si tu étais là

Pas étonnant que notre vie nocturne soit le meilleur de mon mal

Soit étrange en ce moment. Nos songes nous aident tu me rendras

 

Les premières pistes du déconfinement quelque coup d’éclat

Un choix autant politique que sanitaire l’horizon n’avance pas

Soutenez les savonneries artisanales toujours les mêmes visages

A Angoulème, tranquillou, un chevreuil, s’offre le même paysage

Chevreuil s’offre une virée en plein centre-ville l’ombre de mon bras

 

Derrière la caméra, comme confiné les jours passent

La justice sociale chevillée au corps à l’ombre de mes bras

F. reçoit par erreur le globe de cristal je serai celui-là

« Il pourrait ne jamais y avoir de vaccin » l’aile de l’orage

Il est de meilleur rap port au niveau des vignes reprend courage

 

La colère s’exprime de plus en plus fort le premier pas

Royaume-Uni où la population reproche par-delà les orages

Retard à l’allumage au début de l’épid les villages

Epidémie de coronavirus Covid cloche en retard

Disparition de l’acteur Philippe Nahon remet son départ

 

« Un coup de foudre mutuel pour faire ce film » quel orage

Le comédien des amoureux du cinéma quatrième étage

Tordus et compliqués et les rendre attachants bouquet sur la table

« Inquiétantes trognes du cinéma français » retrouve la page

Parti dans l’infini, sa vraie dimensi-on on parle

 

Indifférente au monde qui se presse autour les hauts visages

Elle se vit comme un trésor inaccessible sortilèges des mansardes

Tout le monde voulait un portrait différent un soir sur le rivage

Elle est comme attirée en dehors du tableau parle aux arbres

Quand même… une Histoire avant la Révolution ! la mer est déjà là

 

Et ce souci de restitution non prudente ses ailes se détachent

Si Viollet-Le-Duc crée son propre imaginaire les campagnes

Un’sorte d’éthique de la restauration noircissez nos bagues

Une œuvre collective avec beaucoup de gens inonde mon visage

Drame vraiment d’un changement de paradigme rêves de mon âge

 

Notre Internet c’est aussi une ruche énorme je pars

Le Moyen Age hiératique, sacerdotal à la fin je suis las

Insistance sur le bizarre, la non ligne j’ai repris la besace

Déjà comme un travail de la démocratie au fond de la tasse

Les mythes reproduisent et se reproduisent visage de marbre

 

Monument hybrid’ qui s’est métamorphosé gibet de ton arbre

Tout ce qui tourne autour de la Cour des Miracles à bout de bras

Sur les racines éternelles de la France le long du boulevard

Déformation qui pourrait être une reform chacun a son visage

Etre une reformation, une dynamique suffit au paysage

 

En représailles les paysans tuent des loups où tourne le poignard

Un western à la sauce des frères Coen riches équipages

Un joyau de bien-être sur un lac d’eau douce le ciel est en retard

La croissance des plantes en accéléré de laves et de râles

Cette expectative devant le découpage sur le quai des départs

 

Tableau entier était devenu un écran les forêts capitales

Fait son autoportrait dans un rétroviseur reniera ses cigales

L’expérimentation de ce qui vient vers lui sa ronde sans escale

A un travail véritablement séri-el s’est trompé d’étage

Les accrocher aussi de manière sérielle cette maison trop basse

 

Avec cet effet de lumière traversante les rides et les pas

Et se fraie un chemin jusqu’aux rayons de miel passés là

Du recul quand on a le nez sur le guidon restés plus bas

Le seul moyen de se former une opinion brisé son feuillage

On redonne du sens à la fabrication cherche ton passage

 

Une farouche volonté d’indépendance mon visage

« Si vous avez envie de laisser une trace » fougères du regard

 « Tu t’en fous, tu es là, tu récites des fables » déjà repart

« Ta carrière artistique, ton imprésario ? » je reste là

« Il a de la poitrin’ ton marchand de charbon » d’ombres qui marchent

 

« Avant je lui mettais des bâtons dans les roues » beau visage

« Que cela soit écrit. Que cela s’accomplisse » sauve le paysage

« Egyptien ou Hébreu, je suis toujours Moïse » amis de passage

Espèces avec lesquelles nous avons tiss coupe les lilas

Avec lesquelles nous avons tissé des liens cloche des départs

 

Des li-ens extrêmement intimes, étroits brûlé tard

L’annonce sur de petites communautés laissé ta part

Le rapport à la terre que vous observez pas davantage

A ces quelques personnes se sont agrégés laine des orages

Affinité profonde avec les non humains fond des nuages

 

L’idée est d’être possédés par un milieu de mes larmes

Le manque de capacités industrielles ? Place Bretagne

Un besoin souligné par cette pandémie rets dans le feuillage

Mais je parle plutôt en tant que citoyen roule tes coquillages

Dans le grand bocage des insatisfactions sa vie n’était pas

 

Une occasion en or de regarder le monde que ton visage

Premier véritable rituel de cette France tremblantes larmes

Que leur interprétation était abusive les oiseaux sont là

Comme dans le roman Le Fléau de Stephen dans la mansarde

C’est celle de Beckett Les Beaux Jours Oh les Beaux mieux ton visage

 

Réflexion historiqu’ sur le capitalisme avons le même âge

Présentation de ce fabuleux moustachu et tu es là

La physique peut-elle se passer du temps ? grimpe à ton bras

Les protestataires ont dû se rassembler effaces mes larmes

Tout en respectant les mesures sanitaires ô cigales

 

Le témoignage de Français encor bloqués rappelait ton pas

A regret l’absence de coordination recréait ton visage

A la faveur d’un morcellement général portes des villages

Sur la piste de la « pangolin connection » fond des gares

L’objet d’un commerce illégal et fructueux nuit des ballasts

 

Pire massacre de l’histoire du pays remblai des villages

Un homme armé a tué au moins seize personnes ouvre le paysage

Pris en chasse pendant une douzaine d’heures des cocardes

Trop kitsch, trop enfantin, pas assez épuré et mon visage

Mouvement postmoderniste… refait… surface meilleur usage

 

Nos anticorps sont-ils si efficaces face les astres

Exhiber les bonheurs de son confinement à son corsage

De son confinement sur les réseaux sociaux rien de ce village

Photos idylliques à l’appui heurte… agace page à page

Le confinement conduit à un quitte ou double mon village

 

Pour les couples le confinement conduit à l’arbre

New York les soignants sont contraints de pratiquer déjà

Pratiquer la médecine de catastrophe rues de villages

Direct. Pour « la vie d’avant »… il faudra attendre mon visage

Une amplification des fractures qui minent prunelles sauvages

 

Fractures qui minent l’ordre international toit du paysage

En Chine, bile d’ours et corne de rhino grand voyage

M. aux urnes malgré la guerre et le virus roses du village

En créant dans toutes les langues des mots qui mon image

Rendre visite à leurs aînés dans les Ehpad ta vague

 

Confinement on réinvente nos rituels des terrains vagues

Apéros virtu-els et chansons au balcon ! sur ma table

Gestes barrières devront rester de rigueur les orages

L’armée du Lésotho rentre dans ses casernes recuire un visage

Travailleurs étrangers pour sauver leurs récoltes ciel mon sillage

 

Milliers de migrants qui travaillent sans contrat pierre accable

Mort de JDD romancier et journaliste sur la table

Pays qu’il qualifiait de « plus imaginaire » brèves des cordages

Exploré brillamment les champs de la fiction déjà

Covid-19 : un débat public allemand la terre est en bas

 

Plus apaisé qu’en France ? Paris et Berlin… joie pour bagage

D. Trump a du mal à contenir sa nature désordres du langage

Un Ehpad perd la moitié de ses résidents réduit du bastingage

Vidéo La fonte des glaces en Arctique pays qui va

Ouvre de nouvelles routes commerci-ales orée des villages

 

Autorités embarrassées par un navire les oies sauvages

De croisière et ses passagers contaminés plateaux sans âge

Coronavirus : les soldes d’été reportées ? à mon image

Des coursiers solidaires pour ravitailler visage ou paysage

Astuces pour mieux dormir à la nuit tombée flamme des cages

 

La décision est étrange mais c’est ainsi à ton usage

La vitesse à laquelle ils ont changé de pied marque le pas

Doigté politique cela va se jouer ne connais pas

Opportunité de changer de logiciel bords étincelants du large

On dirait que le vent dit des phrases récits en pleine marge !

 

    Des alexandrins de prose prélevés dans des titres et débuts d’articles de presse,

syllabes en ajouts à partir de titres ou de fins de vers d’un poète centenaire mort ou vif

et pratiquant l’assonance à tout va. 

 

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25 mars 2020

3e spationaute et 7 points de méthode, conseils de Michel Tognini "spationaute lhaÿssien", parisien, français, européen... 2020

3e SPATIONAUTE ET 7 POINTS DE MÉTHODE

     Ah j'en n'ai pas fini avec les Jours, les Vers et les Années ! Et avec les lettres et les nombres ! Et les lumières et les ombres ! Avec les fleurs à éclore aux printemps clairs et sombres ! Avec les fleurs les fruits assaisonnés ! L3D56 au 25 mars 2020 à L'Haÿ-les-Roses-de-la-vie !

       Bonjour à tous, aux poètes qui ont la poésie en astre qui les guide et aux jeunes gens ayant lu fraîchement les aventures du Petit Prince, qui a rendu une visite aux habitants de la planète Terre, la 7e planète de son parcours céleste ! et aux souvenirs pimpants de lectures ! je vous rends compte ici d’un échange de courriels entre Monsieur Michel Tognini, 3e spationaute français de l’Histoire, et moi-même, car je lui ai demandé des conseils par ces temps de confinement, alors qu’a commencé ce qu’on pourrait appeler la « Semaine 2 » - en raison de son expérience d’homme de l’espace comme de pilotage pendant des milliers d’heures.

    Le spationaute « l’haÿssien », « parisien », « français », « européen » nous relaie et commente 7 points de méthode prônée par ceux qui anticipent des voyages pour Mars, Mars la planète !, ici avec les titres évocateurs : 1. Restez connecté 2. N’hésitez pas à parlez de vos facteurs de stress 3. Passez des vacances virtuelles 4. Hibernation 5. Jouez d'un instrument de musique 6. Cultivez le sol pour rester au sol 7. Formation et planification à venir (développements par le spationaute après l'échange de courriels, un peu plus loin, svp : )

     Pour ma part, je viens d’expérimenter, après sortie pour courses indispensables, un passage par un « sas de décompression » après le stress et l’attention permanente, en m’allongeant quelques minutes, après le fameux lavage des mains au savon, en fermant les yeux par volets clos et en retrouvant un rythme tranquille de respiration… Peut-être pouvez-vous aussi partager vos trucs et astuces expérimentés et qui fonctionnent et nous faire des retours de la méthode exposée en 7 points - en plus de vos conseils de lectures et de vos écrits en cabine ! Vous souhaitant en forme, à vous lire et à vous revoir bientôt ! Cordialement et spatialement par temps de « Printanation »…

     Laurent Dyrek dit Laurent 3D56 et Laurent Desvoux-D’Yrek au 23 mars 2020.

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     Bonjour Monsieur Michel Tognini, je vous écris dans cette drôle de période pour vous dire que par ces jours où l’on ne peut plus trop flâner par les rues banlieusardes de nos villes emmêlées, j’ai reçu le numéro de mars du magazine municipal de L’Haÿ-les-Roses qui nous apprend qu’une rue de L’Haÿ vous rendra hommage de votre vif auprès de la future station de métro « L’Haÿ – Trois communes » – je l’avais d’abord su par un associatif au Moulin de la Bièvre – et que vous avez été élève au collège Chevreul, au bout de ma première et longue rue l’haÿssienne qui mène au carrefour vers la plus vieille rue de ma ville.

     Le magazine municipal fait la une avec vous souriant dans votre habit de spationaute de l’Agence Spatiale Européenne, identifiable par son écusson aux quinze mini drapeaux de pays d’Europe d’alors participant à cette aventure des temps modernes et salue le « spationaute l’haÿssien », du reste peut-être, selon les contextes, a-t-on salué en vous le spationaute parisien, francilien, français, européen, terrien, le spationaute d’origine italienne ou corse, selon qui entend vous revendiquer… ou le « spationaute africain » pour vos primes années passées sur le continent par-delà le Grand Bleu.

     Par confinement, et par réseau social, le poète et professeur Jean-Luc Despax rappelait dès le début de la crise sanitaire la pensée du cher et décisif Pascal venue de trois siècles en amont : « J’ai découvert que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre », et d’une manière qui paraît surprenante au premier abord ce sont les hommes d’action que sont les militaires, et parmi les hommes d’action les aventuriers de l’espace comme Thomas Pesquet qui délivrent volontiers des conseils pour parvenir à rester chez soi, habitués qu’ils sont à demeurer longtemps dans un convoi militaire ou une capsule hors de l’atmosphère.

     Pouvez-vous, cher Michel Tognini, au commencement de cette « Semaine 2 » où le moral peut fléchir, les impatiences se manifester, donner des conseils de quelque nature que ce soit,  vous qui êtes particulièrement riche d’expériences de confinement spatial, tant avec des équipes de l’Ouest que de l’Est, en tant que troisième spationaute français de notre Histoire après avoir passé « 4300 heures de vol sur 80 types d’avion » (in L’Haÿ Le Mag mars 2020).

     Des conseils que je pourrais relayer aux habitants de L’Haÿ-les-Roses et alentours de Bièvre et bien entendu aux familles d’élèves de l’école du XVe arrondissement où vous êtes venu en tenue impressionnante pour témoigner de votre parcours et répondre à des questions de jeunes collégiens sur les missions dans l’espace, les bases lunaires envisagées et des éléments très pratiques d’organisation du quotidien si loin des habitudes terrestres.

     Ou au moins un mot d’amitié à leur égard, soyez assuré que cela leur parlera à voix bienveillante, ferme et posée, scientifique et familière, raisonnée, simple, de l’autorité de votre parcours où les embûches et obstacles n’ont pas dû manquer, où la volonté doit certainement avoir son mental à dire. Dites-nous… quand un spationaute français, russe ou américain, dans une fusée, une navette, une station orbitale, il doit y avoir d’autres ressources que de promener le chien en idée fixe et aller faire un tour, hors de la cabine, pour tenir et se changer les idées… mauvaise idée… mauvaise pioche… Alors… comment… ?

     Et redites-nous ce qu’il faut entendre, en tant qu’esprit scientifique ouvert à la nouveauté, par la formule « sortir de la boîte », car un Professeur Tryphon, le Trouvetout ami de Tintin et Haddock, s’il veut sortir de sa boîte des grandes profondeurs sous-marine ou spatiale, en forme de requin, ne peut le faire sans combinaison…, je prends d’abord au pied de la lettre l’expression, pour vous tendre la perche de votre définition…

     Les élèves de cette année ont planché sur l’écriture d’un voyage en direction de (1)Cérès en l’an 2070 dans ce concours de récits de science-fiction inter 6e pour lequel vous nous avez communiqué votre choix de textes coups de cœur et bon nombre de passagers de la classe volante devaient se confiner plusieurs mois d’un long voyage vers la ceinture d’astéroïdes aux confins de Mars et Jupiter… -depuis, il y a quelques jours, l’écrivain, lyrique et « fantastique », Patrick Raveau a livré aussi ses récits coups de cœur, textes et choix après ceux d’une professeure des Sciences de la Vie et de la Terre et… des Planètes et ceux du juré Yves Chéraqui, romancier, essayiste, nouvelliste et animateur d’ateliers d’écriture dans les écoles, à lire aussi sur « Le Blog de Monsieur Dyrek », aux productions d’élèves, propositions d’écritures, et bientôt propositions de lectures…

     Or 50 ans pile avant les personnages de leur fiction, les élèves, jeunes auteurs de ces récits, leurs familles, leurs voisins, leurs amis, leurs compatriotes ont à faire face à un confinement nécessaire et qui va peut-être se prolonger, quels conseils concrets donneriez-vous pour passer le temps, s’occuper l’esprit, pour éviter la tentation de sortir s’exposer et exposer les autres sans raison motivée, à part lire des romans de S-F à commencer par le grand Jules Verne ! et faire ses devoirs par télé-enseignement…

    Or j’avais été collégien un peu plus tard que vous au collège La Fontaine, deux belles plumes de nos Lettres qui bataillaient plutôt à l’épée ou se castagnaient quand les plus frondeurs entraînaient les autres à aller se trouver dans les terrains vagues.

     Et relire les poètes La Fontaine oh mon collège antonyen éponyme de l’auteur des « Animaux malades de la Peste », mais aussi de Fables qui parviennent à divertir et faire apprendre au sujet de nos sens, des illusions, des rectifications à apporter, voyez « Un animal dans la Lune » et la cocasse révélation du vers « C’étoit… » plus dix syllabes à découvrir, si vous avez l’esprit de curiosité ou l’envie de lire cette fable ou celles d’à côté dans le même opus ou d’à côté dans les recueils de Florian ou du grand Leonardo !… Leonardo ? quel Leonardo ? mais Leonardo bien sûr qui devint si…

     et de Ronsard ses sonnets moult qui pour Hélène qui pour Marie qui pour Cassandre… un autre collège L’Haÿssien en bord de Bièvre de l’autre côté de la retenue d’eau… avec les scènes surprenantes d’entendre les cris des mouettes quand l’eau était à découvert au-dessus du ciel des deux collèges poétiques…

       et de votre Chevreul quelque traité en prose en grand scientifique français, un chimiste qui innova dans le domaine de l’analyse des couleurs et dirigea le Museum d’Histoire Naturelle et… la Mairie de L’Haÿ… et votre hommage à un professeur de mathématiques, qui, en 6e, vous « fait passer de dernier à premier transformant cette matière compliquée » « en jeu ». Je rêve d’un monument mettant à l’honneur Chevreul le géant encore largement méconnu dans sa ville même, un scientifique dont les travaux permirent l’éclosion de maints talents postimpressionnistes, je rêve d’un monument deux points zéro qui jouerait des lumières et des couleurs en composition, décomposition et recomposition, mêlant la pierre, le verre et les projections d’images pointillistes et colorées… Bon je me permets de rêver les yeux ouverts…

      La première fois, encore adolescent, lorsque j’ai découvert le collège Rosard euh Ronsard, j’ai été marqué par la vision d’un alexandrin dans la pierre, oui en lettres de pierre, à son entrée d’établissement : « Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie », changé par qui j’aime en « les roses de L’Haÿ », quels souvenirs aux abords de ce beau vers du créateur de la Pléiade inspiré d’Horace avec son « Cueille le jour » latin ?

    Allez, pour le bonheur – et l’agacement de retrouver les treize premiers vers de ce sonnettiste du seizième siècle en grison aux ficelles amoureuses on veut croire d’un autre âge ! et le souvenir d’avoir vu passer maintes fois le sujet de faire répondre en sonnet la jeune fille à qui il s’adresse – voici, en retour et partage, l’un des sonnets les plus célèbres et commentés de la Renaissance européenne, où s’occuper chez soi, au foyer des grillons et d’un partage de mets et activités, au cœur possiblement de la cellule familiale,  c’est aussi dévider et filer la laine et la pelote des regrets, des rappels et projets...

 

       Oh voici un sonnet de… Pierre !...

    Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise aupres du feu, dévidant & filant,
Direz, chantant mes vers, en vous esmerveillant,
Ronsard me celebroit du temps que j’estois belle.

    Lors vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,
Desja sous le labeur à demy sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s’aille resveillant,
Bénissant vostre nom de louange immortelle.

    Je seray sous la terre: & fantôme sans os
Par les ombres myrteux je prendray mon repos ;
Vous serez au fouyer une vieille accroupie

    Regrettant mon amour & vostre fier desdain.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dés aujourd’huy les roses de la vie.

     Pierre de Ronsard, Sonnets pour Hélène, 1578

 

     Peut-être puis-je inviter à l’écriture de poèmes où le poète ose des rimes en ose avec Rose, « une seule chose », repos(e), impose, expose, explose, arrose, cause,  prose, mais pas de vers monorimes en ose sinon c’est l’overdose, il faut couper du rose avec du vert, mettre d’autres rimes à forger au bout des vers… par exemple des rimes en ambre : « une chambre », comme en décembre, Rue Delambre, Fier Sicambre ou des rimes en em ou ème : aime, thème, sème, même, problème, blême, gemmes, « carpe diem »… et quelques rimes pour aujourd’hui, pour demain et après-demain, avec « de la vie »…

    Et en repensant à votre enseignant de collège qui joua un rôle décisif pour vos études et votre carrière et à la question souvent dévidée et filée quand on veut rappeler l’importance de l’école et de la possibilité d’un déclic, autant inattendu que salutaire : Quel professeur vous a marqué dans son enseignement ou sa personnalité ou sa méthode ?, je me faisais la remarque qu’il y avait bien sûr mon Professeur de français en hypokhâgne et khâgne qui avait accepté ma présence en tant qu’auditeur libre de ses cours passionnants et formateurs, mais aussi, plus tôt, bien plus tôt, aux marches du collège, en dernière année de primaire, dans l’école La Fontaine, ce binôme d’instituteurs, l’un blond, l’un brun, l’un breton, l’autre normand, d’âges différents, s’entendant à merveille et s’associant pour des projets, de culture, de solidarité, de défense de la Nature et de voyages – nous avions organisé des entretiens avec des travailleurs de toutes activités dans un village normand, nous avons vu des animaux sauvages dans le Thoiry éclosant, nous avons vu sur grand écran Fanfan La Tulipe, et nous avons voyagé quelques heures sur le Rhin, à voir passer les flancs des coteaux riches de vignes et à guetter l’émergence des Sirènes dans l’eau du grand fleuve frontalier.

     Je vous souhaite Michel Tognini, vous et votre famille, de passer le cap de votre séjour aux contacts spatiaux plus lointains, aux attentions récurrentes et à la communication rendue plus nécessaire, tout en ménageant des moments de bulle ?!, de retrait ?!, de méditation ?!, de contemplation ?!

Très cordialement.

      Laurent Dyrek à L’Haÿ-les-Roses le 22 mars 2020 au 3e jour du printemps.

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Bonjour

     Le journal de L’Haÿ a fait une petite erreur : j’étais au CEG de L’Haÿ - juste derrière la mairie.

    Mon professeur de math en classe de 6e s’appelait Monsieur P. : un homme extraordinaire et inoubliable.

     L’éducation est pour moi le principal moteur de notre civilisation et aussi un vecteur de motivations.

     Bien cordialement.

 

     M. Tognini le 23 mars 2020.

    Note  de L3D : le CEG est le sigle pour Collège d’Enseignement Général qui exista de 1960 à 1977 avant que les CES et les CEG ne cèdent la place au « Collège unique ».

 

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     Bonjour Voici mon texte préparé pour vous :

 

    Avec le projet Artemis de la NASA, l'organisation spatiale vise à ramener les humains sur la Lune d'ici 2024, avant de se rendre sur Mars. L'un des problèmes étudiés pour la mission Mars, en particulier, est le problème de l'isolement et du confinement prolongés.

    La vérité est que, quel que soit le niveau de sélection d'un astronaute, le confinement exigu dans l'espace pendant les mois nécessaires pour se rendre sur Mars aura un effet négatif qui ne fera que s'aggraver avec le temps. Ajoutez à cela une forte probabilité de situations de stress élevé, et la recherche en psychologie comportementale est cruciale pour les futures missions spatiales.

     Heureusement, une grande partie de la recherche et de la technologie conçues pour l'espace se retrouvent souvent sur Terre. Les recherches sur la gestion du confinement à long terme dans des situations exiguës et stressantes ont également des applications pour les militaires sur Terre, et même pour une population civile vieillissante.

     Certains enseignements tirés de ces recherches sur la psychologie comportementale pourraient également être utiles à ceux qui sont actuellement confinés à leur domicile en raison du coronavirus CoViD-19. Vous trouverez ci-dessous 7 méthodes utilisées par les astronautes qui n'ont pas le luxe de percer une chanson depuis leur balcon.

    Ces 7 points sont fortement inspirés de l’expérience de Scott Kelly astronaute de la Nasa qui est resté un an dans l’ISS.

 

 

1.Restez connecté

    Comme l'explique un rapport scientifique de 2015, la probabilité que les astronautes développent des problèmes de comportement et des troubles psychologiques augmentera plus la mission durera et plus elle s'éloignera de la Terre. Alors que les scientifiques à bord de l'ISS peuvent actuellement passer des appels vidéo en direct à leurs proches, les explorateurs sur Mars auront jusqu'à 20 à 40 minutes pour envoyer et recevoir un message.

    Les organisations spatiales recherchent des méthodes défiant la physique pour envoyer des messages sur 225 millions de kilomètres d'espace entre la Terre et Mars; cela montre le rôle important que joue la connectivité numérique dans notre bien-être psychologique aujourd’hui.

*

       2. N’hésitez pas à parlez de vos facteurs de stress

    Alors que les astronautes sont fortement évalués pour leurs capacités physiques et leurs connaissances scientifiques, les futurs explorateurs spatiaux effectuant des missions plus longues seront de plus en plus testés sur les compétences des personnes telles que la tolérance interpersonnelle, l'empathie et leur conscience des besoins des autres.

     "Les membres d'équipage devront être ouverts à discuter entre eux des facteurs de stress psychologiques".

    Essentiellement, les astronautes devront montrer une forte aptitude à la communication et à la compréhension de la dynamique sociale de tout l'équipage dans leurs missions - des compétences qui profiteront à toute personne sur Terre, qu'elle soit confinée ou non.

*

       3. Passez des vacances virtuelles

    D'innombrables citoyens au foyer frappent déjà sans aucun doute leur compte Netflix cette semaine - une pétition ambitieuse en Espagne a demandé au service de streaming de publier tôt la nouvelle saison de Casa de Papel, pour aider les gens passer le temps.

    La NASA connaît l'importance des films pour l'évasion. La projection de Star Wars : The Last Jedi, ainsi que d'autres films sur un vidéo projecteur sur l'ISS, en témoigne.

    Mais il existe d'autres moyens qui pourraient être encore plus efficaces pour éloigner mentalement les gens de leur environnement.  

    Exemple: La réalité virtuelle (VR) qui peut aider la psychologie des astronautes lors de longues missions spatiales.

    Le programme VR, appelé ANSIBLE, permet aux utilisateurs d'explorer des galeries d'art, des musées et des environnements similaires à la Terre, y compris les réserves naturelles. Sur Terre aujourd'hui, les casques VR de génération actuelle, ainsi que les jeux vidéo, pourraient être le substitut le plus proche.

    Les livres sont aussi un excellent moyen d’évasion !

*

       4. Hibernation

    En 2016, la NASA a financé la recherche d'une forme d'animation suspendue similaire à ce que nous voyons dans les films de science-fiction où des équipes entières sont mises dans un sommeil cryogénique pendant de longues missions spatiales. L'entreprise derrière elle, SpaceWorks, développe un moyen de mettre les astronautes dans un état contrôlé d'hypothermie avancée afin de leur permettre d'hiberner pendant le long voyage vers Mars.

   Bien que nous ne suggérions pas sérieusement que vous puissiez avoir ce type de technologie à la maison, cela met en évidence l'importance de la conservation de l'énergie et, également, du sommeil en confinement.

    Le sommeil est incroyablement important pour la santé mentale de quiconque, sans parler de quelqu'un dans une petite cabine confinée sous les effets de la microgravité. Comme le montre ce billet de la NASA, l'optimisation des habitudes de sommeil est essentielle pour le bien-être de l'équipage et pour la mission.

*

       5. Jouez d'un instrument de musique

    Jouer d'un instrument de musique peut être une expérience incroyablement apaisante.

     Plusieurs études psychologiques mettent en évidence les effets positifs du jeu d'un instrument. Une étude, montre que jouer d'un instrument à un jeune âge garde l'esprit vif à mesure que nous vieillissons.

    "La recherche montre que faire de la musique peut abaisser la tension artérielle, diminuer le rythme cardiaque, réduire le stress et diminuer l'anxiété et la dépression" :

    "Il est également de plus en plus évident que faire de la musique améliore la réponse immunologique, ce qui nous permet de combattre les virus"

    Il n'est donc pas étonnant que les astronautes aient une longue histoire de jeu d'instruments dans l'espace, et que de nombreuses personnes en confinement, en raison de l'épidémie de CoViD-19, prennent leurs balcons avec des instruments - la science mise à part, c'est aussi simplement une expérience communautaire réconfortante qui permet aux humains de se lier tout en gardant leurs distances (exemple de l’Italie).

    Si vous ne savez pas jouer un instrument, comme moi, vous pouvez en écouter et chanter !

*

       6. Cultivez le sol pour rester au sol

    On demande souvent aux astronautes ce qui nous a le plus manqué sur Terre. Sans surprise,  on répond que les personnes les plus proches, la famille, les amis nous manquent.  Cependant, les astronautes ont également tendance à manquer la Terre de manière sensorielle = ils perdent la vue d'une journée ensoleillée, l'odeur de l'herbe, la sensation de leurs pieds touchant le sol.

    La culture de plantes et de légumes présente des avantages thérapeutiques bien documentés. C'est pourquoi la plante en pot est une ressource si précieuse lorsqu'elle est confinée - bien sûr, la culture de plantes dans l'espace a son propre ensemble de défis spécifiques.

*

       7. Formation et planification à venir

    «La formation que les astronautes reçoivent façonne leur confiance dans les procédures et l'équipement dont ils disposent, pour faire face aux commandes des vols spatiaux ainsi qu'aux urgences. Les répéter encore et encore… apporte un sentiment de préparation qui leur permet de croire qu'ils peuvent influencer et changer leur situation pour le mieux. »

    C'est ce type de préparation qui a aidé l'astronaute Luca Parmitano à rester calme lorsqu'il faisait une sortie dans l'espace à l'extérieur de l'ISS et que son casque a soudainement mal fonctionné, réduisant sa visibilité et remplissant progressivement son casque d’eau.

Bien que la grande majorité des gens n'aient pas été soumis aux rigueurs de la formation des astronautes, l'approche nécessaire de la NASA à la formation spatiale souligne également l'importance de planifier à l'avance.

    Ceux qui sont en confinement aujourd'hui voudront peut-être avoir un plan pour savoir comment ils rationneront leur nourriture au cours des prochaines semaines, ou ce qu'ils feront pour éviter l'ennui et rester en bonne santé. Bien sûr, il va sans dire que l'exercice devrait faire partie intégrante de ces plans.

    Alors que les essais humains pour un vaccin COVID-19 ont déjà commencé, nous pourrions être dans ce long terme. Bien que les astronautes puissent avoir les conseils les plus professionnels et les mieux documentés pour ceux qui sont confinés, les civils de certains des pays les plus touchés par la maladie des coronavirus donnent également des conseils assez stellaires sur la façon de passer le temps.

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     Avec le projet Artemis de la NASA, l'organisation spatiale vise à ramener les humains sur la Lune d'ici 2024, avant de se rendre sur Mars. L'un des problèmes étudiés pour la mission Mars, en particulier, est le problème de l'isolement et du confinement prolongés.

     La vérité est que, quel que soit le niveau de sélection d'un astronaute, le confinement exigu dans l'espace pendant les mois nécessaires pour se rendre sur Mars aura un effet négatif qui ne fera que s'aggraver avec le temps. Ajoutez à cela une forte probabilité de situations de stress élevé, et la recherche en psychologie comportementale est cruciale pour les futures missions spatiales.

     Heureusement, une grande partie de la recherche et de la technologie conçues pour l'espace se retrouvent souvent sur Terre. Les recherches sur la gestion du confinement à long terme dans des situations exiguës et stressantes ont également des applications pour les militaires sur Terre, et même pour une population civile vieillissante.

     Certains enseignements tirés de ces recherches sur la psychologie comportementale pourraient également être utiles à ceux qui sont actuellement confinés à leur domicile en raison du coronavirus CoViD-19. Vous trouverez ci-dessus 7 méthodes utilisées par les astronautes qui n'ont pas le luxe de percer une chanson depuis leur balcon.

 

     Relais des 7 points de méthode et commentaires par Michel Tognini en mars 2020.

 

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  L’éducation est pour moi le principal moteur de notre civilisation et aussi un vecteur de motivations.

Si vous ne savez pas jouer un instrument, comme moi, vous pouvez en écouter et chanter !

     Les livres sont aussi un excellent moyen d’évasion !

Phrases de Michel Tognini qu'il nous partage ! à méditer, expérimenter, compléter...

 

 

 


29 février 2020

Jour bissextile 29 février 2020 pour cloturer le recueil "Les Jours, les Vers et les Années" 1989-2020 ! par Desvoux-D'Yrek

Samedi 29 FÉVRIER 2020

2020…

 

L’année prochaine arrive et puis est arrivée !

C’est aujourd’hui l’année prochaine et bissextile !

Et qu’y ferai-je alors des alex pour quintil ?

Une invitation à écrire va nave ?

 

Ou pour aquareller encor le Bateau-Ville ?

 

Alors que dans Idlib l’humanité souffrance

Alors que pandémie corona et virus

Alors que le monde en bord d’abîme s’avance

Et penche pour sonder la profondeur Sirius

 

Et regarder ailleurs aussi quand brûle et danse !

 

Et regarder passer les poètes cent ans

Apo Chedid Cadou Vian et bientôt Melik

Et l’impertinent Obaldia aux Innocen

Tines et le Chat Noir et Louise et leurs répliques

 

Pour sauver en miaulant le monde à flamme, à sang

 

Et accord entre Etats-Unis et Talibans

Vers un chapitre à écrire par les Afghans

Et le gouvernement sort Quarante-Neuf-Trois

Pour éviter vingt-neuf mil neufs amendements

 

Comme roi Priam dans les cendres du vieux Troie

 

     Texte z… par Laurent DESVOUX-D'YREK

écrit à L’Haÿ-les-Roses en Île-de-France le samedi 29 février 2020

entre 9 et 10 heures. Dernier quintil ajouté entre 22 et 23 heures.

29BisRue phL3D56 le29fev2020

01 septembre 2019

Agenda Verbe Poaimer septembre 2019 dont dimanche 8 Fête Sports Loisirs Culture L'Haÿ-les-Roses les assos

AGENDA DU VERBE POAIMER EN SEPTEMBRE 2019 

      Dimanche 8 septembre Fête des Sports, de la Culture et des Loisirs de 10h à 17h aux « Tennis Couverts » Av. du Général de Gaulle à L’Haÿ-les-Roses. Venez-nous rejoindre – en faisant le tour des stands aux multiples présentations et animations - sur le stand du Verbe Poaimer pour vous informer sur nos activités et les possibilités d’écriture et de lecture. Notre revue « Jeux d’Epreuves » y sera présentée ainsi que nos livres Jardins gravés, jardins légers ou Les Seizains des Saisons. Jeu sur place et sur Facebook concernant l’affiche de la manifestation avec des livres à gagner ! Dans l’après-midi, nous aurons de 15h35 à 16h un moment de lecture et de chant sur la scène extérieure avec des poèmes et des chansons en français, si, si.

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     Samedi 14 septembre Roseraie de L’Haÿ-les-Roses l'un des derniers jours d’ouverture. 15h30 Lecture de poèmes sur le thème des lieux dont les jardins… Ceux qui le souhaiteront pourront être filmés en vidéos dans ce cadre enchanteur à leur deuxième lecture (diffusion qu’avec autorisation après visionnage).

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     Dimanche 22 septembre Lectures de Florian et poètes provençaux au Square des Félibriges à Sceaux, entre Parc et Eglise de Sceaux à 15h30, puis échange d’idées pour écriture de fables à la Lettre L ! Ceux qui le souhaiteront pourront voir leur lecture être filmée.

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    30 septembre date butoir de participation aux concours du Verbe Poaimer : Lieux (prix Bernard Chasse) exemple un poème sur un jardin chéri, Couleurs (prix Agnès et Jacques), exemple un poème descriptif, Chefs-d’œuvre (prix Ella et Rouben Melik) par exemple un poème sur la Rosace de Notre-Dame, Contes et fables Lettre L (prix Charly Mathekis et les poètes de Butembo), exemple « Le Loup et la Libellule », Poèmes et proses du Bateau-Ville.

 

AffEcriturePoaimerFete2019

     LE VERBE POAIMER, asso de création poétique depuis 91

-Blog associatif : www.verbepoaimer.canalblog.com (rencontres poétiques précisées, invitations à l’écriture, parutions : Planètes gravées, planètes légères, De l’Ardeur poétique… aux opus de beauté) et notre enquête en cours : Qui a créé le Bateau-Ville ?

-Site associatif : www.mac-lhay.com (infos des assos culturelles de la ville)

-Site L’Association Les Amis du poète Rouben Melik www.amisroubenmelik.com

-Photos de l’artiste Maya Angelsen : site « Instant éphémère »

-Page Facebook du Verbe Poaimer pour photos, poèmes, événements + Page Fb de la MAC

-Envoi de poèmes, infos… à Brigitte et Laurent : avpoaimer@yahoo.fr

23 juillet 2019

Appel à poèmes, contes, fables, proses, estrambots Couleurs, Lieux, Chefs d'oeuvre, Bateau-Ville jusqu'à septembre 2019

aff concoursVerbePoaimer 2019

LES ESTRAMBOTS DE LIEUX,

D’ŒUVRES ET DE COULEURS jusqu’à la fin septembre 2019 !

       Concours de poésie avec 3 GRANDES THÉMATIQUES au choix, poèmes de 15 à 20 vers réguliers ou libres, « estrambots » - dans le sens élargi de sonnets prolongés.  3 prix de poésie. 300 € de récompenses.

a)  les LIEUX Prix Bernard Chasse – poète et auteur de proses de L’Haÿ-les-Roses et du monde (villes, paysages, bancs, jardins, parvis, transports, les lieux de vos vacances effectives, virtuelles, rêvées, espérées, futures…)

b) les OEUVRES CÉLÈBRES Prix Ella et Rouben Melik – Rouben était poète Ella faisait sculptures (« La Joconde » et autres œuvres de Léonard de Vinci - génie de 500 ans ! – « Nymphéas » de Monet, sculptures de Camille Claudel, la Flèche de Viollet-Leduc,  ses gargouilles, les Rosaces de Notre-Dame…).         

c) les COULEURS Prix Agnès et Jacques, prénoms de réalisateurs, maîtres des couleurs qui font sens, scène, signes et beauté (poèmes comportant au moins 3 notations de couleurs, primaires, secondaires, teintes, adjectifs, noms…)

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FABLES ET CONTES À LA LETTRE L 

     Nous reprenons le cycle de nos appels à fables inédites, « à la lettre » :

« Fables à la lettre L» avec au moins deux noms commençant par L dès le titre : "La Loutre et le Limaçon", « Le Loup et les oreilles du Lièvre », « Le Lys et les 4 Légumes », « La Lettre et la Loi », « Le Lapin hors du Livre et le Lac aux Limaces », « Léo narre et Lise chante » etc, entre 15 et 24 vers. Cela pourra donner aussi des contes de 20 lignes jusqu’à 3 pages.

    Prix Charly Mathekis et les poètes de Butembo. Nombreuses récompenses, une photographie certifiée de l’artiste Maya Angelsen, artiste L’Haÿssienne, 2 gravures de Monique Raymond du Cercle L’Haÿssien des Arts et une table pour 2 au « Pavillon Normand » à la Roseraie - et des livres de fables de L.de Vinci !

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TEXTES DU BATEAU-VILLE ET DU NAVIRE-MONDE

     Prix de L'Haÿ-les-Roses (qui abrite le « Bateau-Ville »), en prose ou en poésie, avec un titre de texte en nom composé, formé de Bateau ou de Navire : Bateau-Ville, Navire-Monde, Bateau-Train, Navire-Pont, Bateau-Chance, Navire-Bouteille… ad libitum…    Poèmes : de 14 à 20 vers, réguliers ou libres. Proses : 20 lignes ou plus, conte, nouvelle, poème en prose… « Bateau-Ville » : Total de prix 300 € en espèces ou dons d'oeuvres

     Voir aussi l'avancée de l'enquête : Qui a créé le B-V ? la maquette géante du Bateau-Ville, la sculpture en bois ? (ce n’est pas une devinette !) Compte Facebook L’Haÿ-Culture + Blog du Verbe Poaimer + Page Facebook du Verbe Poaimer + Site de la ville L’Haÿ-les-Roses

     Les moins de 18 ans peuvent participer sans frais et sans gain d’argent.

 

 Règlement espèces ou chèque libellé au nom : Verbe Poaimer - M.A.C. 

Moulin de la Bièvre73 avenue Larroumès 94 240 L’HAŸ-LES-ROSES

    Courriel pour précisions et envois de textes à  Brigitte et Laurent du Verbe Poaimer avpoaimer@yahoo.fr   

APPEL À TEXTES PRINTEMPS ÉTÉ 2019 !

ESTRAMBOTS… LIEUX, ŒUVRES, COULEURS…

FABLES CONTES « L » et BATEAU-VILLE…

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     LE VERBE POAIMER,

association à but non lucratif de création poétique (1991), membre de la MAC (1995)

On peut participer à nos propositions d’écriture de 2 façons :

  En nous envoyant, sans frais, des poèmes ou des proses qui pourront être intégrés dans nos anthologies futures ou dans la revue (on peut adhérer à notre association avec 10 € nous permettant de poursuivre les activités poétiques et on peut se procurer nos livres).

   En participant à nos concours d'écriture avec 10 € pour l’ensemble des catégories. Vous pouvez proposer autant de textes que ces catégories vous inspirent ! Lots : 600 € (dont œuvres artistiques) + places restaurant + livres et possibilité de publication.

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à découper, imprimer, photocopier ou recopier

VERBE POAIMER 2019 COTISATION/CONCOURS/LIVRE(S)

Nom M Mme :……………………… Prénom :………………….…

Pseudonyme (éventuel) :……….............................

Tel et mail :………………………………………………………………

Adresse :…………………………………………………………..

    Cocher :  Membre actif (infos/incitations à l’écriture par mails + revue Jeux d'Epreuves, pdf) ou membre par concours 10 €

OU Bienfaiteur 50 € avec reçu fiscal ⧠     OU Donateur 100 € avec reçu fiscal ⧠ (ouvrant droit à réduction d’impôt sur le revenu de 66%)

    Commande : Antho 2019 Jardins gravés, jardins légers 12 € ⧠

    Sonnets de la Colline et quinzains de l’an XV (10 €) ⧠

    Participation aux frais postaux par exemplaire 2 € ⧠

Montant total :         ….……. espèces… chèque... (entourer svp)

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03 mai 2019

6 textes de Laurent Desvoux-D'Yrek pour concours Nouvelles du RER B et photos remise des prix au CNL avec D. Picouly !

   

MES 6 RÉCITS AD HOC POUR CONCOURS DE NOUVELLES

DU RÉSEAU EXPRESS B, RENCONTRE ETANT LE THÈME

 

     Concours de nouvelles du RER B, deuxième édition, thème La Rencontre, avec un ou deux paragraphes d’amorces narratives composées et proposées par le romancier Daniel Picouly.

     Voici les six textes que j’ai écrits en décembre 2018 et janvier 2019 pour ce concours inspirant et qui trouveront place dans le cinquième tome des Ailes des Châteaux. L’un de ces récits se retrouvera dans le livret des 47 finalistes dans sa version en moins de 6000 signes. A noter que le jury a retenu le texte construit selon des hypothèses, comme celui qui avait été retenu pour le livret de la première édition, deux ans auparavant.

     Allez, montez à bord de ces textes, en voiture, Simone, avec Maurice et votre serviteur ! Cordipoeti et récits Laurent Desvoux-D’Yrek ce 22 avril 2019.

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1) Pourquoi qu’ils gourent ?

2) Vert-Galant, Fontenay-aux-Roses, vers galants ou fontaine aux proses !

3) Maurice ne saura jamais (récit finaliste parmi les 47 textes finalistes, version complète)

4) Robinson et Le Café des évadés

5) Les Jours rencontrés

6) Cette photographie et que je ne fis pas

7) Maurice ne saura jamais (récit finaliste parmi les 47 textes finalistes, version sous les 6000 signes)

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     1) Pourquoi qu’ils gourent ?

      La journée passa comme dans un rêve, sans rien d’extraordinaire, sauf pour le temps qui a passé, qui a filé, qui a couru comme un galop de souvenances.

      Le lendemain submatutinal, un jeudi vingt, il arriva au rendez-vous de prise en main du RER avec un bon « bus » d’heure d’avance et son regard fit, à peine, à songe, attention au nom complet et changé à la lettre : « Laplage – Maison des examens ». 

      Bonjour, je juppose gue vous êtes Maurige, je guis Fabrige, votre formateur, je vous attendais. Egxaminer, nous devons egxaminer votre gurrigulum vitae, vos gartes de gonduite, vos états de servige et l’état des voies gomme ja respire. Enfilez ce gilet orange et gourgeons ge lapin blanc.

      Maurice n’eut pas le temps de demander quel lapin blanc, il suivit Fabrige avec son gilet orange aussi, mais tirant vers le pamplemousse, qui faisait comme un feu follet devant lui après des échelons en nombre qui menaient aux doubles rails.

      - On va inspecter jusgu’au pont, le pont d’Argueil !

      - Dites donc, Monsieur Fabrige, y en a des choses sur les travées d’Arcueil-Cachan !

      - Oh oui, vous javez raijon, des ganettes jetées, ganettes gitrons d’Argueil ganettes gui pétillent à Gachan, des gartes à jouer  pigue ou garreau à Bourg-la-Reine-de-Goeur, goguillages et grustagés à Robingeon, des journaux abandonnés dans leur nuit de faits hivernaux, des géants petits soldats en plastigue doré ou gris, des lettres gui ont disparu d’la girgulation, des allianges égarées gui ge retrouveront demain… deux mains… deux mains…

    ...Gertes, gertes, mais le plus ingroyable au début, g’est de voir tous ges gens, des geans domigile figze qui gourent sur les voies jusgu’à immobiliger tout le trafig ! Et geavez-vous pourguoi gu’ils gourent, japerlipopette !?

     - Je sais pas moi pourquoi qu’ils gourent, Monsieur Guy, euh Monsieur Fabrige, peut-être… parce qu’ils font erreur…, peut-être… parce qu’ils veulent faire comme tous les Franciliens de cette « Ligne de sauts » qui courent du domicile au travail et du travail… aux courses ?

     - Oui, euh, gertains, g’est juste parge gu’ils veulent rattraper leur chien, leur unigue gompagnon gui geait les gongeoler !, leur gamarade de longuemigère et de durable infortune, gui a pris partant pourtant la fidèle poudre d’esgampette ! D’autres… et geomme un Théophrage emporté gu’il est de broger des portraits, g’est parge gue…

       Mais Maurice n’entendit pas le propos couvert par le passage d’un train avec ce chapeau : « Denfert-R^. » sur la voie d’à côté.

     - Regardez, regardez, le lapin sable blanc d’Alige, il est là sur ge pont, au-dejus de la troigième arche ! ge bel aguedug en moyen de transport des geaux gourantes de trois ou guatre rivières loin du Gard et du Gardon  : la Vanne, l’Isis, le Lunain et le Loing !  Des rêvières, je vous dis !

     - Il est superbe ce pont debout, Monsieur Fabrige, je l’avais visité de fond en comble un jour de fête patrimoniale de toute la Vallée de la Bièvre à la Chevreuse ; mais, sauf votre respect, il ne s’agit pas d’un lapin blanc, on dirait plutôt une manière de chien Pluto qui cherche quelque chose ou quelqu’un !

     - Pergeonne n’est parfait ni parfaite, je ne vais dong pas vous morigéner Mongieur Maurige, au risgue des mots, à gourse éperdue du langage, au divin jeu des aiguillages, à goût de doute, de gouge et de gouget, le jour aux gieux roges d’après dodos va bientôt poindre à l’horigeon de gette Vallée de la Fièvre à bord de Flugtuat neg mergitur !

     Et nous geommes en retard pour votre prige de gonduite,  les gages joncs lents à venir, trèfle en retard et engore très loing, gi loing de pouvoir aggomplir le retour de Folly à Laplage ! Aveg le jourire, le jourire des voyageurs g’il vous plaît, et aveg Dino mon lapin-chien !

     Gette journée page gomme dans un rêve, geans rien d’egxtraordinaire, mais pour le temps gui a pagé, gui a filé, gui a gouru gomme un galop de geouvenanges !

     Au galop volant gui a fui de guatre mille gignes et des pougières d’étoiles, garagtères espages gompris ou gomprises !

 

    Texte y489 écrit par Laurent Desvoux-D’Yrek les 23 et 24 décembre 2018.

 

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        2) Vert-Galant, Fontenay-aux-Roses, vers galants ou fontaine aux proses !

 

Vers galants ou fontaine aux proses voici les mots que je propose

Je suis le conducteur Maurice et je suis à votre service

Vous mener à destination pour République ou pour Nation

J’étais un conducteur de bus à présent j’ai le Réseau plus

Des rames où je fais mes rimes transporter certes et j’anime

 

Je suis désolé cher public pour l’interruption du trafic

Rien ne vaut la présence humaine et ma voix pour vous n’est pas vaine

Nous allons régulariser et je vais vous improviser

Vers galants ou fontaine aux proses voici les mots que je propose

Je suis le conducteur Maurice et je suis à votre service

 

Si je ne chante pas ma voix la nave va

Fontaine aux proses vers galants nous irons vers

Le programme du jour que vous alliez en cours

Bureau ou promenade on reste pas en rade

Je vous le promets bon promettre c’est chanson

 

Par mes mots mes rythmes mes vannes je suis le renard comme l’âne

Le corbeau et le rossignol comme un aubergiste espagnol

Je fais mes fables avec vous et vous inspirez mes vers doux

Peut-être n’entendez-vous pas le regard vers les voies

Sur chaque oreille un écouteur ou vos propos ou la rumeur

 

Vers galants ou fontaine aux proses voici les mots que je propose

Je suis le conducteur Maurice et je suis à votre service

Un contact avec le public voici le service public

De la bonne humeur à gogo du vert du bleu de l’indigo

A présent notre train repart le lapin blanc est en retard

 

Prochain arrêt la plage ! Eh oui c’est un voyage

La vie - et surprenant ! qui nous sort de nos plans

Et tout n’est pas tracé d’avance hors le passé

Je viens d’un coquillage et vous mène à ma plage

Vous invite au voyage ! à partir à la nage !

 

Mots galants fontaine de vers en conducteur du RER

Je vous mène Alice et Lesage au désir d’un autre voyage !

Vert-Galant Fontenay-aux-Roses de galants vers fontaine aux proses

Par l’aventure du langage arriver à une autre plage

Arriver plus loin que la page plus loin que pavés et qu’images…

 

    Texte y490 écrit par Laurent Desvoux-D’Yrek les 24 et 25 décembre 2018.

 

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      3) Maurice ne saura jamais (récit finaliste parmi les 47 textes finalistes, version complète)

 

     Maurice s’en alla pour le XXIe…, pas le XXIe siècle, il y était déjà et pour un bon bout de temps encore, non il prit la destination du « XXIe arrondissement », le Trouville-Deauville – les planches, les cabines de plages, les maisons balnéaires à belle façade, les mouettes à rire perçant et les livres de sable ainsi que des châteaux – chouette ensemble qu’il n’avait pas revu ou entendu depuis l’enfance. Laissons à sa conduite pour un instant Maurice, son habitué et d’autres passagers encore, qui vont apprendre sous peu le changement d’itinéraire à l’inédit du jour, l’ultime de Maurice sur cette ligne de bus qu’il avait tant aimée, surtout pour ses rencontres quotidiennes et surprenantes.

     Maurice ne saura jamais pourquoi la station s’appelle « La Plage », eh bien nous si, et vous aussi et - à moins que vous ne connaissiez Maurice -, lui ne le saura pas. Sauf si cette histoire se retrouve dans un livre entre ses mains, lui qui, dès demain, tiendra un RER à bout de bras, de Saint-Rémy-lès-Chevreuse jusqu’à l’aéroport au nom du Président-qui-a-fondé-la-Cinquième.

     Mais sais-je vraiment pourquoi la station de bus s’appelle « La Plage », alors que toute mer est à centaines de kilomètres… loin des vingt arrondissements de Paris et des vingt-neuf communes limitrophes. Ne devrais-je pas annoncer autrement la couleur de sable, d’or ou d’argent comme je vais vous inventer des hypothèses, parmi lesquelles peut-être se nichera la vérité. Et je ne vous demanderai pas de voter pour cette vérité, on vote pour une conviction, pour une action d’ampleur à mener. Et quel accès à la vérité avons-nous ou ai-je ? Moult Etats se battent pour un accès à la mer. Qui veut se battre pour un accès à un bord de vérité ? La vérité est un fleuve, une mer, un océan dont l’accès soit si primordial, qu’on ait à y masser des chars ou des barbelés. Mais je m’égare loin des gares et des stations.

     Alors… ma première hypothèse est que le romancier parcourant rapidement et distraitement la liste des quarante-sept stations de la Ligne B quand son œil gauche en divergence de son œil droit vit « La plage » au lieu de « Laplace », le nom d’un célèbre inconnu, un grand savant français de probabilités et de mécanique céleste, cela lui fit esquisser un sourire discret mais tenace : il tenait là l’amorce du paragraphe qui allait jouer le rôle de hameçon des récits et des dialogues. Car il croyait en la commutation des lecteurs et des auteurs, en la réversibilité de ces rôles et qu’un terme, qu’un seul terme de hasard ou de nécessité, de justesse ou de surprise, de lapsus ou de côté, quelques mots bien agencés pouvaient servir de catalyseur pour une histoire, de déclencheur pour mille histoires en réseau de signes et de lignes.

     Ma deuxième hypothèse est l’influence de « Paris-Plages » au plein cœur de Paris depuis soixante-quatre saisons, au long des berges récréatives, ludiques et improbables, au sortir d’au moins deux maxi-stations de la Ligne B : « Saint-Michel - Notre Dame » et « Chatelet-les-Halles » où les étés ont invité Parisiens et Banlieusards de tous poils, de tous âges et de toutes conditions sociales à profiter de ces plages, qui avec herbe ou sable fin qui avec des filets de jeux de ballons qui avec des coins lecture sous l’ombre de palmes, lorsque la possibilité de partir au loin, dans le rêve des congés payés de 36, s’absente ou s’éloigne et que la portance d’un Réseau Express apporte comme une compensation, un plan B ou un cadeau. Sur l’auteur féru d’enfance, de lieux en fusion dans son choix de nom de station…

      Ma troisième hypothèse est que cette station existe vraiment sur quelque ligne banlieusarde mais qu’au départ la station s’appelait sobrement, simplement, couramment « La place » - mais que fut adoptée à l’époque une police de caractères où le c et le g étaient fondus quasiment sur la même pièce de typographie et que par la suite avec une autre police « La place » fut changée en « La Plage » (peut-être pourrions-nous à ce sujet solliciter la police des polices de caractères pour identifier si ce fut du Garamond, du Gill, du Papyrus, du Trébuchet…, du Clemens, ou du Mystère et boule de gomme…) et que l’exotisme d’une telle appellation ne fut pas pour déplaire et dans ce quartier tout entier dévolu aux fleurs-artistes, « La Plage » apparaissait comme une algue, une étoile-de-mer ou une invitation au rêve et au voyage, une occasion de constater que le quotidien est lui-même objet de questionnements, un lieu, un temps d’énigme ou de mystère…

     Ma quatrième hypothèse est que cette station s’appelait « La Page » en relation avec l’œuvre qui ornait la place pendant vingt-quatre ans, une sculpture représentant un écrivain devant sa feuille blanche au moment où les muses se penchent sur son épaule pour contrer son angoisse de ne pouvoir rien faire advenir : ni récit, ni description, ni hymne ni satire, ni lettre ni chanson, ni émotion en vers ou prose. Or l’œuvre de bronze avait été retirée pour des raisons de dégradations et envoyée au « pilon ». On ajouta une lettre au milieu de « La Page », car s’il devait y avoir des questions sur la raison de ce nom bizarre, autant y ajouter la connexion du rêve estival et du festival Roses-Manet.

     Ma cinquième hypothèse est que le nom initial de la station « La plage de silence » faisait s’interroger plus encore les passagers - et les conducteurs qui ont précédé Maurice avaient du mal à se concentrer sur la conduite, on était loin du silence évoqué, - alors que la signalétique « Défense de parler au chauffeur » roulait de gros yeux et que la cité Dahlias-Mozart ou Bégonias-Beethoven envoyait déjà du son, son, son à foison et qu’à l’instant, sur l’aile,  la lucarne du petit écran m’apprend en clignotant qu’un jeune garçon est miraculeusement sorti indemne d’une spectaculaire avalanche à « La Plagne »…

     Et ne vous ai-je livré ici qu’une main d’hypothèses, vous pouvez en dessiner une autre, une seconde, et deux pieds pour finir mais sans appuyer sur le champignon, fût-il de Paris… Je m’appelle Désart, c’est heureux et beau-hasard de porter le nom d’un pont de ma grande ville d’Île-de-France. Quant à Maurice, son prénom, in fine, me fait penser à l’île éponyme dont les « plages de sable blanc, frangées de cocotiers » figurent parmi les plus belles du monde. À vous de vérifier en prolongeant le voyage du RER B - comme l’authenticité et la véracité de cette assertion du grand Mark Twain ou de son feu jumeau : « L’île Maurice fut créée d’abord, et ensuite, le paradis fut copié sur l’île Maurice.» Aux plages fantastiques aux bords pavés d’oursins et de coraux où vous êtes priés de ne pas vous blesser…

     Texte y492 écrit par Laurent Desvoux-D’Yrek sur deux départements franciliens le 27 décembre 2018. Peaufiné du 28 au 31.

 

RER B BLR champetreLa photo à l'envers, le ciel en haut quand même ! Photo et alexandrin Laurent 3D55

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           4) Robinson et Le Café des évadés

 

     « Prochain arrêt : La Plage ! » Maurice sourit. Il y a un arrêt, mais toujours pas de plage. Juste de la ville. Qui a bien pu donner ce nom à cet arrêt ? Maurice n’aura pas la réponse. C’est son dernier jour au volant de son bus. « Prochains arrêts : Laplace, Luxembourg, La plaine Stade de France, Sevran Beaudottes, Aéroport Charles de Gaulle. » Demain, Maurice conduira une rame du RER B. Un aiguillage en forme de rêve … ».

      « Clignotant. Maurice n’a qu’un regret. Il n’a pas retrouvé le film dans lequel un autobus s’échappe à la mer. Du noir et blanc. Année cinquante. Un autobus à plateforme. Maurice avait promis ce titre à un voyageur. Un habitué. Il monte à « La Plage ». Il faut tenir ses promesses. Gamin on lui avait promis la mer. Il ne l’avait jamais vue. Et après. Ça ne compte pas. Voilà l’habitué. Ouverture des portes. Bonjour ! Fermeture. Clignotant. « Alors monsieur Maurice, vous avez retrouvé le titre du film ? Tant pis. Demain ! » Maurice s’en veut. Il n’y aura pas de demain. Feu rouge. « Attendez, j’ai mieux. Et si on allait à la mer ? » Le feu passe au vert… » - Deux paragraphes d’amorces narratives composées et proposées par le romancier Daniel Picouly.

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     À la mer ! non j’ai pas mieux, Maurice, mais j’ai hôte-chose à proposer, je vais vous amener, si vous le permettez, au « Café des évadés ». Allez, laissez-vous guider, vous prenez deux rues à gauche, puis une rue à droite. Là, c’est marqué « Impasse de l’avenir », mais en fait il y a un passage. On va descendre ici, un peu plus loin il y a ce café, j’y suis arrivé il y a trente-trois ans, comme un « Robinson » naufragé des jours et c’est pourquoi on m’appelle Robinson et tu peux m’appeler Robinson, Maurice, ça me fera plaisir. Ce café porte ce drôle de surnom, car nombre des évadés de la vieille prison de Fresnes trouvaient ici un abri provisoire, pour poser leur mal, jusqu’à ce que ce passage obligé soit identifié aussi par la maréchaussée. Dans ce café, j’ai pu fréquenter Le Chinois d’Or, deux membres du gang Le Pastiche et un gars qui a accueilli dans son chez lui transformé en cache l’ex-ennemi public numéro un. Maintenant ça s’est calmé et La grande évasion passe par d’autres pistes. A la caisse, la belle Eva et son industrieux Vendredi vendent des cigarettes dont les fumées et les cendres roulent ou s’enroulent dehors et des tickets perdants par milliers - quelques-uns de gagnants, ça fait un peu de rêve et d’évasion.

     Dans ce café, il y a eu longtemps une photo signée par Aznavour, Ma Bo-hè-me, il avait un ami qui créchait par ici et allait le chercher à Orly. Non pas le dimanche ou pas que je sache, surtout que c’est le jour de fermeture dans ce rade. Ce café s’appelle « Les Regrets », j’ai jamais su pourquoi, y en a un qui m’a dit que c’était de la poésie, comme pas loin y a le collège Ronsard et l’allée Baudelaire. Parfois y a un gars à cette table-là qu’a toujours des fiches où il note tout un tas de poèmes et il y a eu des embrouilles avec des gars du comptoir qui pensent qu’il écrit tout pour Big Grand Frère. Mais lui il s’en défend, il dit qu’il a besoin des rythmes et de humer la vraie vie avec des odeurs de café, de conversations du commerce et de bitume. Non ce n’est pas moi, ce gars, j’y ai jamais pris la moindre feuille pour écrire, je suis plus à l’école avec des ardoises ou les tablettes, non moi je suis Robinson et chaque jour dans ce café je vois le temps, je goûte le temps qui passe doucement et qui s’évade par moi et avec moi. Et c’est à la fois un délice et un supplice dans la vallée.

     Et c’est là qu’est ma demeure entre le « Quartier des Fleurs » et le « Quartier du Petit Robinson ». C’est là qu’est mon île et c’est devenu mon pays, vous comprenez Maurice, même si un Bateau-Ville accostait devant la terrasse pour me proposer le voyage de retour ou si avion d’Orly prenait cette rue pour atterrissage momentané, je ne monterais pas à bord. Et si un hélico se posait là à deux mètres avec un évadé tout frais, je ne prendrais pas sa place pour trouver l’aventure dans un ailleurs ou un autrefois. Et si ailleurs, autrefois, plus loin, plus tard, il y a un soleil qui brille plus fort et que la misère y semble plus supportable, c’est ici, Maurice, que j’ai mes rendez-vous de jours après jours avec la vie. Et ton bus, Maurice, oublie pas de le rentrer au dépôt. Autrement, ils pourraient venir te coffrer. Allez, je t’offre le café, le chocolat ou la menthe à l’eau de tes rêves et retour au passage de l’Impasse de l’avenir…

 

     Texte y496 écrit par Laurent Desvoux-D’Yrek en Île-de-France « Place de la Gare », au Bord du RER B, le 2 janvier 2019. Peaufiné le 3 dans le Val-de-Marne.

 

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         5) Les Jours rencontrés

 

      Et je rêve… oui je rêve sur les noms des stations, je suis le robin… robinson. Je quitte la place et je quitte le bagne. Et je vais plus loin même que Châtelet-les-Pagnes… Plus loin que les plaines mornes ou viornes…, plus loin que les sous-bois…, que les expositions de claies de myrte ou de myrtilles... Et je rêve que si je fais rencontre, ce ne soit seulement de Vendredi après naufrage…, échouage…, sur quelque plage ... Je rencontre aussi Monsieur Lundi à la station Arcueil qui demande si ça va comme… si ça va commun… sur le seuil. Je rencontre Madame Mardi sur le quai de Gentilly, seuls nous savons pourquoi elle m’a souri. Je rencontre les frère et sœur Mercredi à un tourniquet de Port-Royal qui rêvent de faire partie de nouvelles finales du handball international.

     Je rencontre, assise au milieu de la semaine et de mon RER, Mademoiselle Jeudi Garland à qui je dis ou je dirai des vers galants, des vers gentils et Que faites-vous ce samedimanche ? Ça vous dirait, à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, au chemin de Jean Racine ou de Michel Tournier, des acrobaties verbales, verticales, dans les branches ? À regarder comme penche le ciel jusqu’à la venue des étoiles. Et à rêver… ensemble… sur les noms des étoiles… au galop tendre et étincelant des Cavales !

 

     Texte y503 écrit par Laurent Desvoux-D’Yrek notamment dans les transports, notamment dans le RER B le 7 janvier 2019. Peaufiné à Paris le 8.

 

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        6) Cette photographie et que je ne fis pas

 

     J’avais repéré dans l’un des vastes couloirs du RER B :  Luxembourg ? Saint-Michel - Notre Dame ? Châtelet-les-Halles ? Gare du Nord ? cette affiche bleue avec le mot RENCONTRE en grand pour un concours de nouvelles. Il s’agissait de continuer un paragraphe concernant mon copain Maurice, conducteur de bus dans ma banlieue sud, et que je taquine chaque jour au sujet des noms improbables de ses stations La plage, La montagne, Le volcan, La face cachée, Le rêve en lui demandant à chaque fois la nécessité de ces noms en fonction des lieux urbains traversés à mille lieues et lieux d’une plage, d’une montagne, d’un volcan, d’une face cachée et d’un rêve… car tout avait changé à la RATP lorsqu’il m’avait enfin embauché, après plus de vingt ans de demandes réitérées, dans leur service de communication en tant que poète et fournisseur privilégié de noms de stations poétiques et d’alexandrins métropolitains à entrain, mais je n’en avais soufflé mot à Maurice…

     Et juste sous l’affiche, alors que de part et d’autre les gens pressés se croisent en marches et courses efficaces, il y avait cette Dame, depuis des années déjà je la voyais dans son fauteuil roulant, en train de faire la manche, avec parfois, près des roues, des détritus de canettes ou de sachets. Une dame âgée avec un grand regard fatigué qui venait de loin et avait l’air de retomber inexorablement. Il y a deux ans à peu près, elle avait un panneau où elle avait écrit ce message « J’enterre ma sœur » qui m’avait fendu le cœur et me paraissait allier misère et mystère, comme peut-être toute vie humaine, en quelques fenêtres entrouvertes. L’affiche « RENCONTRE » avait alors un côté ironique et semblait en raccourci un poème en prose de Charles Baudelaire en une image sociale et appel à la fraternité, par-delà les barreaux des relations et conditions d’êtres se pensant foncièrement différents (en me relisant j’essaie de me représenter « l’autre côté » de l’affiche, comme on s’aventure outre miroir…). Je repasserais, me disais-je, pour la prochaine fois, avec mon smartphone dernier cri et le nombre impressionnant de ses pixels, accomplir cette photographie, cette image unique, qui peut dire bien plus que des mots, des phrases, des vers, des discours ou des volumes. Oui mais…

    Pour ce, me ferais-je voleur de cette photo ? Appuierais-je pour déclic sans demander l’autorisation ? De quel droit ferais-je entrer dans la vie des expositions mondiales des réseaux sociaux et des toiles numériques cette personne peut-être Sans Domicile Fixe ? Lui achèterais-je pour quelques pièces, quelques canettes, quelques sachets mon sésame photographique ? Devrais-je choisir un angle où l’on ne verrait pas le visage, mais seulement la silhouette et le contexte ? Ne serait-ce pas là l’occasion vraiment de rencontrer cette personne, d’entrer dans un échange véritable où nous nous conterions, en prenant le temps, nos parcours, nos obstacles, nos chutes, nos secours, nos destins ? Permettrais-je à cette personne de devenir l’icône de notre monde qui balance entre solitude et solidarité ? Cette rencontre ne serait-elle là que pour alimenter mon récit ou pour donner quitus à ma conscience qui a tendance à s’agiter ? Une discussion pour une photo ?! (Le soir-même, en revenant de Paris, j’ai demandé son prénom à cette dame et aux sons qu’elle s’efforçait vainement de formuler, je crus comprendre qu’elle était muette.)  Je m’étais posé le même cas de conscience il y a plusieurs mois lorsque je fus tenté de prendre un cliché - de voir dormant dans une encoignure de porte entre un bel immeuble et un beau magasin de centre-ville un mendiant alcoolisé, sous les mots durs « NE PAS ENCOMBRER LA SORTIE ».

 

     Texte y507 écrit par Laurent Desvoux-D’Yrek à Paris le 9 janvier 2019.

 

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      7) Maurice ne saura jamais (récit finaliste parmi les 47 textes finalistes, version sous les 6000 signes)

 

    Maurice s’en alla pour le XXIe…, pas le XXIe siècle, il y était déjà et pour un bon bout de temps encore, non il prit la destination du « XXIe arrondissement », le Trouville-Deauville – les planches, les cabines de plages, les maisons balnéaires à belle façade, les mouettes à rire perçant et les livres de sable ainsi que des châteaux – chouette ensemble qu’il n’avait pas revu ou entendu depuis l’enfance. Laissons à sa conduite pour un instant Maurice, son habitué et d’autres passagers encore, qui vont apprendre sous peu le changement d’itinéraire à l’inédit du jour, l’ultime de Maurice sur cette ligne de bus qu’il avait tant aimée, surtout pour ses rencontres quotidiennes et surprenantes.

     Maurice ne saura jamais pourquoi la station s’appelle « La Plage », eh bien nous si, et vous aussi et - à moins que vous ne connaissiez Maurice -, lui ne le saura pas. Sauf si cette histoire se retrouve dans un livre entre ses mains, lui qui, dès demain, tiendra un RER à bout de bras, de Saint-Rémy-lès-Chevreuse jusqu’à l’aéroport au nom du Président-qui-a-fondé-la-Cinquième. Mais sais-je vraiment pourquoi la station de bus s’appelle « La Plage », alors que toute mer est à centaines de kilomètres… loin des vingt arrondissements de Paris et des vingt-neuf communes limitrophes. Ne devrais-je pas annoncer autrement la couleur de sable, d’or ou d’argent comme je vais vous inventer des hypothèses, parmi lesquelles peut-être se nichera la vérité. Et je ne vous demanderai pas de voter pour cette vérité, on vote pour une conviction, pour une action d’ampleur à mener.

     Alors… ma 1ère hypothèse est que le romancier parcourant rapidement et distraitement la liste des quarante-sept stations de la Ligne B quand son œil gauche en divergence de son œil droit vit « La plage » au lieu de « Laplace », le nom d’un célèbre inconnu, un grand savant français de probabilités et de mécanique céleste, cela lui fit esquisser un sourire discret mais tenace : il tenait là l’amorce du paragraphe qui allait jouer le rôle de hameçon des récits et des dialogues. Car il croyait en la commutation des lecteurs et des auteurs, en la réversibilité de ces rôles et qu’un terme, qu’un seul terme de hasard ou de nécessité, de justesse ou de surprise, de lapsus ou de côté, quelques mots bien agencés pouvaient servir de catalyseur pour une histoire, de déclencheur pour mille histoires en réseau de signes et de lignes.

     Ma 2e hypothèse est l’influence de « Paris-Plages » au plein cœur de Paris depuis soixante-quatre saisons, au long des berges récréatives, ludiques et improbables, au sortir d’au moins deux maxi-stations de la Ligne B : « Saint-Michel - Notre Dame » et « Chatelet-les-Halles » où les étés ont invité Parisiens et Banlieusards de tous poils, de tous âges et de toutes conditions sociales à profiter de ces plages, qui avec herbe ou sable fin qui avec des filets de jeux de ballons qui avec des coins lecture sous l’ombre de palmes, lorsque la possibilité de partir au loin, dans le rêve des congés payés de 36, s’absente ou s’éloigne et que la portance d’un Réseau Express apporte comme une compensation, un plan B ou un cadeau. Sur l’auteur féru d’enfance, de lieux en fusion dans son choix de nom de station…

      Ma 3e hypothèse est que cette station existe vraiment sur quelque ligne banlieusarde mais qu’au départ la station s’appelait sobrement, simplement, couramment « La place » - mais que fut adoptée à l’époque une police de caractères où le c et le g étaient fondus quasiment sur la même pièce de typographie et que par la suite avec une autre police « La place » fut changée en « La Plage » (peut-être pourrions-nous à ce sujet solliciter la police des polices de caractères pour identifier si ce fut du Garamond, du Gill, du Papyrus, du Trébuchet…, du Clemens, ou du Mystère et boule de gomme…) et que l’exotisme d’une telle appellation ne fut pas pour déplaire et dans ce quartier tout entier dévolu aux fleurs-artistes, « La Plage » apparaissait comme une algue, une étoile-de-mer ou une invitation au rêve et au voyage.

     Ma 4e hypothèse est que cette station s’appelait « La Page » en relation avec l’œuvre qui ornait la place pendant vingt-quatre ans, une sculpture représentant un écrivain devant sa feuille blanche au moment où les muses se penchent sur son épaule pour contrer son angoisse de ne pouvoir rien faire advenir : ni récit, ni description, ni hymne ni satire, ni lettre ni chanson, ni émotion en vers ou prose. Or l’œuvre de bronze avait été retirée pour des raisons de dégradations et envoyée au « pilon ». On ajouta une lettre au milieu de « La Page », car s’il devait y avoir des questions sur la raison de ce nom bizarre, autant y ajouter la connexion du rêve estival et du festival Roses-Manet.

     Ma 5e hypothèse est que le nom initial de la station « La plage de silence » faisait s’interroger plus encore les passagers - et les conducteurs qui ont précédé Maurice avaient du mal à se concentrer sur la conduite, on était loin du silence évoqué, - alors que la signalétique « Défense de parler au chauffeur » roulait de gros yeux et que la cité Dahlias-Mozart ou Bégonias-Beethoven envoyait déjà du son, son, son à foison…

     Et ne vous ai-je livré ici qu’une main d’hypothèses, vous pouvez en dessiner une autre, une seconde, et deux pieds pour finir mais sans appuyer sur le champignon, fût-il de Paris… Quant à Maurice, son prénom, in fine, me fait penser à l’île éponyme dont les « plages de sable blanc, frangées de cocotiers » figurent parmi les plus belles du monde. À vous de vérifier en prolongeant le voyage du RER B - comme l’authenticité et la véracité de cette assertion du grand Mark Twain ou de son feu jumeau : « L’île Maurice fut créée d’abord, et ensuite, le paradis fut copié sur l’île Maurice.» Aux plages fantastiques aux bords pavés d’oursins et de coraux où vous êtes priés de ne pas vous blesser…

 

      Texte écrit par Laurent Desvoux-D’Yrek, qualifié parmi les 47 récits finalistes du concours de nouvelles du RER B, 2e édition.

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Passages retirés pour passage sous les 6000 signes :

     Et quel accès à la vérité avons-nous ou ai-je ? Moult Etats se battent pour un accès à la mer. Qui veut se battre pour un accès à un bord de vérité ?

    La vérité est un fleuve, une mer, un océan dont l’accès soit si primordial, qu’on ait à y masser des chars ou des barbelés. Mais je m’égare loin des gares et des stations.

    une occasion de constater que le quotidien est lui-même objet de questionnements, un lieu, un temps d’énigme ou de mystère…

     et qu’à l’instant, sur l’aile,  la lucarne du petit écran m’apprend en clignotant qu’un jeune garçon est miraculeusement sorti indemne d’une spectaculaire avalanche à « La Plagne »…

     Je m’appelle Désart, c’est heureux et beau-hasard de porter le nom d’un pont de ma grande ville d’Île-de-France.

 

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UN LIKE DE SOUTIEN SUR RATP.FR

ET GRAND SUCCES DES RÉCITS DE COLLÉGIENS DE SAINTE-E !

 

      Voici le lien internet pour apporter un like en soutien à « Laurent professeur », de Sainte-Elisabeth, parmi les portraits de passagers ayant eu quelque chose à raconter au sujet de la RATP, je leur ai dit que je faisais participer mes élèves aux concours de la RATP en poésie et en prose et qu’il pourrait y avoir encore plus de poésie dans le métro !

     Et cette année 7 des 8 finalistes jeunesse du concours de nouvelles du RER B sur le thème de La Rencontre, avec Daniel Picouly, en romancier  président du jury, sont des élèves du collège Sainte-E ! 

     Alors, si vous le voulez bien, aimez l’histoire de Laurent, voyageur du RER B, lien à copier-coller dans la barre de votre moteur de recherche :

https://70ans.ratp.fr/portraits/laurent-4/

 

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70 ans de la RATP Making of des rencontres de voyageurs

https://70ans.ratp.fr/70-ans-et-toujours-plus/

 

     « À l’occasion de son anniversaire, la RATP met à l’honneur ses salariés et ses voyageurs à travers leurs histoires avec l’entreprise et dans les transports !

    L’objectif ? Représenter tous ceux qui ont un lien et une histoire avec la RATP !

      A l’occasion de séances photos organisées sur le réseau, vous avez été nombreux à venir nous raconter votre lien avec la RATP ! Merci pour les souvenirs, les rencontres et toutes les anecdotes que vous avez pu partager avec nous. Vous pourrez bientôt retrouver tous les portraits de voyageurs réalisés par le photographe Patrick Messina dans la galerie des 70 ans sur le site.

     Une sélection de photos fait déjà l’objet d’une exposition «Histoires de salariés» en ce moment à la Maison de la RATP et une cinquantaine de portraits de voyageurs fera partie d’une fresque photographique «70 ans de la RATP, 70 ans d’histoires» qui sera affichée dans le métro à partir de mars 2019. Les portraits des salariés et des personnalités publiques sont aussi en ligne ! »

 

   Vous pouvez aussi suivre l’actualité des concours de poésie RATP :

https://www.ratp.fr/tag/poesie

 

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https://www.rerb-leblog.fr/concours-de-nouvelles-voici-les-gagnants/

 

      « Hier soir, s’est déroulée la remise des prix de la deuxième édition du Concours de nouvelles au Centre National du Livre à Paris en présence du parrain et président du concours, le romancier Daniel Picouly. L’identité des sept lauréats a été dévoilée. La présence du parrain a été très appréciée par tous les participants : échanges sur les nouvelles, sur leur projets littéraires, dédicaces et séances photos.

     Cette édition du concours de nouvelles fut un beau succès puisque plus de 360 amateurs se sont prêtés au jeu. L’équipe du RER B ainsi que les jury du concours et son président se sont réjouis de la qualité des nouvelles reçues. 

     Ainsi, le jury a sélectionné 47 textes, nombre qui fait référence aux 47 gares desservies par le RER B, publiés dans un recueil de plus de 136 pages. … »

     Le Blog du RER B, ici la page du 25 avril 2019.

 

 

18 avril 2019

Notre-Dame de Paris De la splendeur à la tragédie et de la réflexion à la réfection

Pour une réfection… pour une réflexion

 

     Et si… on refaisait à l’identique tout ou partie l’extraordinaire « forêt » en chênes formant la charpente Notre-Dame… en même temps qu’on la remplaçait par une structure ignifuge, métallique par exemple, passerelle entre terre et ciel, et son fléchage ? Comment tenir l’estrange et neuf « en même temps » ? Et que ce tic ou ce toc d’époque, l’en même temps, devienne, une chance pour notre bien commun.

     En réservant la « forêt » refaite avec le savoir-faire des artisans compagnons pour un musée comme le Musée des Monuments français ou un lieu dédié à l’art des cathédrales d’Europe. Et faire sortir de son invisibilité et de sa méconnaissance ce joyau gothique du vaisseau parisien. En la faisant renaître, la déplier, la déployer pour notre regard et notre conscience. Combien en ont appris seulement l’existence au moment même où elle disparaissait (cette Forêt que j’avais dû entendre évoquer s’était enfouie dans les replis de ma mémoire, recouverte par des forêts de contes, des forêts de mâts, des forêts qui disparaissent à la surface de la planète et d’autres que créent ou qu’incitent à recréer des Elzéar Bouffier, tel qui planta dix-mille chênes entre Sisteron et Mirabeau.)?

     La charpente métallique permettrait non seulement le gain de temps cher à notre époque effrénée mais un surcroît de sécurité, pour les dizaines d’années à venir, vis-à-vis des œuvres d’importance à regagner à terme leur lieu sacré : au-dessous le Trésor, la sainte Couronne…, au-dessus les statues, la flèche et son coq, comme retrouvé vif d’entre les décombres (signe cocasse et tendre parmi les signes des temps que l’on veut décoder parmi tout ce qui nous tombe dessus de pierres, de cendres, d’eau ou de lumières).

Splendeur et tragédie

      Notre-Dame de Paris entrerait ainsi dans le XXIe siècle, tenant compte des messages envoyés par l’Histoire : le grand incendie d’un Londres tout en bois, le Pont-Neuf qui fut le premier pont de Paris, le plus ancien, passé de bois à pierre…, tant d’incendies depuis la bibliothèque d’Alexandrie (d’Alexcendrie !) au musée de Rio en passant par la Fenice opératique de Venise et le début d’incendie récent que connut l’église Saint-Sulpice (Et le dessin animé des Trois petits cochons, célèbre film de Walt Disney devant le souffle du loup face aux cabanes de carton, de bois et de pierre, Disney qui contribuera au succès planétaire de la cathédrale et du Hugo de Notre-Dame de Paris pour le film éponyme avec ce cœur battant des petits et des grands. (Je cite à plaisir et en même un Disney et un Hugo, mais je m’aperçois que c’est Giono, celui de Chant du monde comme des romans expérimentaux de ses dernières années qui m’inspire ces parenthèses labyrinthes, ces digressions feuillues.))…

     Imaginez-vous en notre siècle une compagnie assurer des chefs-d’œuvre, fragiles, précieux, magnifiques placés dans un écrin de bois inflammable à la moindre occasion (comme il ne serait pas raisonnable de quadriller un territoire au patrimoine en tous endroits exceptionnel par des centrales nucléaires avec le feu latent, par une vague, un dérèglement, un tremblement…, à l’ère où les ogives ne sont plus gothiques) ? Leur préservation inespérée obtenue au prix des risques qu’assumèrent de fabuleux pompiers de Paris doivent être la chance à saisir pour assurer la protection future de ces trésors de notre humanité…

     (L’en même temps soit aussi ce rappel que nous devons bien sûr être au chevet de notre cathédrale multiséculaire et qu’il nous faut aussi restaurer le cœur des Misérables, rappel titulaire d’un autre chef-d’œuvre de Victor Hugo, les cœurs de bois et les cœurs de pierre et panser les cœurs de chair, les cœurs à vif. Les cœurs qui ne se sentent pas écoutés, entendus, éperdus qu’on leur ménage aussi une place, un parvis dans la société fût-il un rond-point, un carrefour, une rue en marche…)

 

      Texte y753 écrit par Laurent DESVOUX-D’YREK dans la banlieue de Paris le mercredi 17 avril 2019 le matin, peaufiné le 18. Titre venu dès le 15 au soir.